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Documentaire cyber + débrief

On a posé les bases : menaces, mots de passe, hameçonnage, RGPD. Aujourd'hui, on prend du recul en regardant une vraie cyberattaque racontée — puis on la décortique ensemble, avec les yeux du pro que tu deviens.

Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Publié le , mis à jour le .

Objectif
analyser une cyberattaque réelle (documentaire), la relier aux notions du bloc, et argumenter
On manipule
une grille de visionnage actif + une analyse de débrief
Durée
~3 h 30 (visionnage + débrief + synthèse)
Pré-requis
les séances cyber précédentes (intro, mots de passe, hameçonnage, RGPD)
Pour qui
SLAM et SISR, 1re année

Compétences : C3.4 Garantir la disponibilité, l'intégrité et la confidentialité

Regarder un documentaire en pro, ce n'est pas se divertir : c'est observer, analyser, relier.

Avant de commencer

Pourquoi un documentaire

Les concepts, c'est bien ; le réel, c'est mieux pour comprendre. Une cyberattaque racontée — entreprise paralysée, hôpital bloqué, données volées — rend concret tout ce qu'on a vu : le DICP, l'hameçonnage, les motivations des attaquants, les conséquences humaines. Mais on ne regarde pas passivement : on observe avec une grille, on prend des notes, et on débriefe comme une équipe sécurité analyse un incident.

Ce que tu sauras faire à la fin

CompétenceTu sauras…
Visionnage actifobserver une attaque avec une grille structurée
Comprendre les étapesreconnaître les phases d'une attaque (de la reconnaissance à l'impact)
Relier au coursrattacher ce que tu vois aux notions du bloc (DICP, menaces, RGPD)
Chiffrer l'impactestimer les conséquences (coûts directs, indirects, humains)
Analyser un incidentreconstituer la chaîne d'attaque et les failles
Argumenterproduire une synthèse étayée sur l'attaque et les parades

0. Quel documentaire ?

Ton prof choisit (ou te laisse choisir) parmi des reportages accessibles sur de vraies cyberattaques. Le travail s'adapte à n'importe lequel : la grille reste la même. Voici des pistes réelles — vérifie la disponibilité (plateformes et catalogues changent).

Piste (titre / sujet)En une phrase
Zero Days (A. Gibney, 2016) — Stuxnetune cyberarme d'État sabote en douce les centrifugeuses nucléaires iraniennes : le premier malware qui détruit du matériel physique.
WannaCry (2017) — reportagesun rançongiciel se propage en un week-end dans 150 pays et paralyse des hôpitaux du NHS britannique via la faille EternalBlue.
NotPetya (2017) — reportages / livre Sandwormun « rançongiciel » qui ne rend jamais les fichiers (un wiper) ravage Maersk, Saint-Gobain et d'autres : la cyberattaque la plus coûteuse de l'histoire.
The Great Hack (Netflix, 2019) — Cambridge Analyticales données de millions de comptes Facebook détournées pour cibler des électeurs : le scandale qui a rendu le RGPD concret.
Rançongiciel d'hôpital (FR, 2021-2022)des hôpitaux français (Corbeil-Essonnes, Dax…) à l'arrêt : retour au papier, soins repoussés, données patients volées.
Sony Pictures (2014) — reportagesun studio entier piraté et humilié (films, mails, salaires fuités) sur fond de tensions géopolitiques.

Citer ta source (réflexe de pro)

Un analyste cite toujours d'où vient son info. Tu feras pareil dans ta synthèse. Note ces 5 éléments :

ÉlémentExemple
TitreZero Days
Auteur / producteurréalisé par Alex Gibney
Année2016
Support / plateformedocumentaire, vu sur [plateforme]
Date de consultationconsulté le [date du jour]

Flag A1

Checkpoint (la source)

Note la source de ta ressource au format ci-dessus, puis résume en une phrase de quelle attaque elle parle.
Rends : ta citation + ta phrase.

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1. Les étapes d'une cyberattaque

Une attaque n'est presque jamais un seul clic magique : c'est une suite d'étapes. Les pros appellent ça la chaîne d'attaque (en anglais kill chain). La connaître avant de regarder t'aide à repérer chaque phase dans le documentaire.

Les 5 phases d'une attaque type. Vert = préparation, violet = pénétration, orange = expansion, rouge = dégâts.

Les 5 phases d'une attaque type. Vert = préparation, violet = pénétration, orange = expansion, rouge = dégâts.

PhaseCe que fait l'attaquantExemple concret
1. Reconnaissanceil se renseigne sur la cible (employés, mails, technos)repérer les adresses mail du personnel sur LinkedIn
2. Intrusionil entre (le point d'entrée)un employé clique sur une pièce jointe piégée (hameçonnage)
3. Installationil pose son outil et s'assure de resterun programme malveillant s'installe et se cache
4. Latéralisationil se propage de machine en machineil rebondit sur le réseau interne, vole des mots de passe admin
5. Impactil agit : chiffre, vole, sabotechiffrement de tous les fichiers + demande de rançon

Les chiffres qui changent la perspective

DonnéeValeur (estimations secteur)Implication défensive
Dwell time moyen (temps avant détection)~200 jours en moyenne mondiale (Mandiant M-Trends 2023) ; < 10 jours pour les ransomwares modernes car ils agissent viteplus l'attaquant reste inaperçu, plus les dégâts sont profonds → logs et surveillance en temps réel sont indispensables
Vecteur d'intrusion n°1hameçonnage ≈ 36 % des violations mondiales (Verizon DBIR 2023)la phase 2 (intrusion) passe presque toujours par l'humain avant le technique — la formation prime sur l'outil
Délai correctif → exploitation active~14 jours en moyenne entre publication du patch et première exploitation active dans la nature (Microsoft SIR)une mise à jour en retard de 2 semaines = une fenêtre d'attaque réelle ; WannaCry a frappé 59 jours après le patch MS17-010
Coût moyen d'une violation de données4,45 M$ (IBM Cost of a Data Breach 2023, moyenne mondiale) ; 3,9 M€ en Europechaque semaine de latéralisation non détectée multiplie ce coût — le dwell time est directement corrélé au coût final

Flag D1

Investigation (le vocabulaire)

Cherche la définition d'un de ces termes que tu croiseras peut-être dans le doc : « porte dérobée » (backdoor), « exfiltration » ou « mouvement latéral ». Reformule-la avec tes mots.
Rends : le terme + ta définition + ta source.

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2. La grille de visionnage

Voici ta grille d'analyste. Imprègne-toi des 7 lignes avant de lancer le doc, puis remplis la colonne de droite pendant le visionnage. C'est ton brouillon de travail pour tout le débrief.

À repérerIndice à chercherTon observation (à remplir)
1. La victimequi est attaqué ? (entreprise, hôpital, État, particulier…)
2. L'attaquantqui ? quelle motivation (argent, espionnage, idéologie) ?
3. Le point d'entréepar où ça commence ? (mail piégé, faille, mot de passe volé…)
4. La techniquequelle(s) menace(s) ? (rançongiciel, vol de données, sabotage…)
5. Les conséquencesquels dégâts ? (financiers, humains, données, image…)
6. La réponsecomment la victime a réagi ? (a payé ? restauré ? prévenu ?)
7. La paradequ'est-ce qui aurait pu l'éviter ou en limiter l'ampleur ?

Flag B1

Production (la grille remplie)

Pendant le visionnage, remplis les 7 lignes de la grille pour l'attaque du documentaire.
Rends : ta grille complète.

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3. Exemple travaillé : une grille remplie

Pour que tu voies à quoi ressemble un bon travail, voici la grille telle qu'un analyste la remplirait sur une attaque connue : WannaCry (2017). Ce n'est pas la réponse à ton flag (ton doc est différent) : c'est un modèle de niveau attendu. Observe la précision et la concision.

À repérerExemple rempli — WannaCry (modèle)
1. La victimedes milliers d'organisations dans 150 pays, dont les hôpitaux du NHS (UK)
2. L'attaquantgroupe attribué à un État (Lazarus, Corée du Nord) — motivation : argent + désordre
3. Le point d'entréela faille EternalBlue de Windows (SMB), sur des machines non mises à jour
4. La techniquerançongiciel auto-propagateur (un ver) : il chiffre les fichiers ET se répand seul
5. Les conséquencesopérations annulées, hôpitaux à l'arrêt ; coût estimé ~92 M£ pour le seul NHS
6. La réponseun chercheur a déclenché un « kill switch » qui a stoppé la propagation ; restauration des systèmes
7. La paradeappliquer le correctif Windows (sorti 2 mois avant !), sauvegardes hors-ligne, segmentation réseau

Zoom technique sur WannaCry — les chiffres qui comptent

Pour aller plus loin sur le modèle, voici les détails techniques qu'un analyste note dans son rapport. Repère le niveau de précision attendu : c'est ça, une analyse pro.

Détail techniqueValeur
CVE de la faille exploitéeCVE-2017-0144 — score CVSS 9,3 (critique). Faille dans le protocole SMBv1 de Windows, permettant l'exécution de code à distance sans authentification.
Correctif disponible depuisMS17-010, publié le 14 mars 2017 (soit 59 jours avant l'attaque — dans la fenêtre CVSS « critique »)
Date de l'attaque12 mai 2017 — propagation mondiale en moins de 24 heures, 200 000 machines dans 150 pays
Impact NHS80 des 236 NHS Trusts britanniques touchés ; ~19 000 rendez-vous annulés ; coût estimé 92 M£ (rapport NAO, octobre 2018)
Rançon demandée300 $ en Bitcoin par machine (délibérément bas pour maximiser les paiements rapides)
Le kill switchLe chercheur Marcus Hutchins remarque que le malware vérifie si un domaine précis est joignable avant de chiffrer. Il enregistre ce domaine (iuqerfsodp9ifjaposdfjhgosurijfaewrwergwea.com) pour ~11 $ → WannaCry s'arrête de se propager en quelques heures.
AttributionGroupe Lazarus (Corée du Nord) selon les gouvernements US, UK, Canada, Australie (2018) — attribution contestée techniquement mais largement acceptée

4. Relier au cours

Le débrief commence. Première étape : raccrocher ce que tu as vu au vocabulaire du bloc. C'est ce qui transforme un reportage en apprentissage.

Notion du coursComment elle apparaît dans le doc
Menace / vulnérabilitéquel danger (menace) a exploité quelle faiblesse (vulnérabilité) ?
DICPquelles propriétés ont été cassées (D, I, C, P) ?
Ingénierie socialey a-t-il eu manipulation humaine (mail, téléphone, confiance abusée) ?
Hameçonnagel'entrée s'est-elle faite par un mail/lien piégé ?
Données personnelles (RGPD)des DCP ont-elles fuité ? la victime devait-elle prévenir la CNIL ?
Motivation de l'attaquantargent, espionnage, idéologie, déstabilisation… ?

Exemple de mapping (modèle — WannaCry)

Voici comment un analyste relierait WannaCry au cours. C'est un modèle, pas la réponse à ton flag (ton doc est différent).

NotionMoment dans l'attaqueDICP touché
Vulnérabilitémachines Windows non mises à jour (faille EternalBlue)—
Menacerançongiciel auto-propagateurD, I
Disponibilitéhôpitaux à l'arrêt, opérations annuléesD
Intégrité d'usagefichiers chiffrés, inutilisablesI

Focus RGPD — obligations légales déclenchées par une violation de données

Quand un documentaire montre une fuite de données personnelles, le volet réglementaire RGPD entre en jeu. En France et dans toute l'UE, des obligations précises s'appliquent — avec des délais et des sanctions chiffrés.

Article RGPDObligationDélaiSanction maximale
Art. 33Notifier la CNIL de toute violation de données à caractère personnel (DCP)72 heures après avoir eu connaissance de la violation10 M€ ou 2 % du CA mondial annuel (le plus élevé)
Art. 34Informer les personnes concernées si la violation présente un risque élevé pour leurs droits et libertés« Dans les meilleurs délais » — pas de délai chiffré, mais immédiat en pratiqueMême sanction + perte de confiance des clients/usagers
Art. 83 §5Violations graves (absence de consentement, transferts illicites hors UE…)—20 M€ ou 4 % du CA mondial annuel (le plus élevé des deux)

Flag B2

Production (le mapping)

Pour l'attaque du doc, remplis ce tableau : associe au moins 4 notions du cours à un moment précis du documentaire. Précise à chaque fois quelle(s) propriété(s) DICP sont touchées.
Rends : ton tableau notion → moment → DICP.

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5. Reconstituer la chaîne d'attaque

Tu connais les 5 phases (chapitre 1). Maintenant, applique-les à ton documentaire : reconstitue, dans l'ordre, ce que l'attaquant a fait — et repère où chaque maillon aurait pu céder côté défense.

La même chaîne, avec sous chaque maillon une parade qui aurait pu le casser. Défense en couches : casser un maillon suffit à limiter l'attaque.

La même chaîne, avec sous chaque maillon une parade qui aurait pu le casser. Défense en couches : casser un maillon suffit à limiter l'attaque.

Flag B3

Production (la chaîne)

Reconstitue la chaîne d'attaque du documentaire en suivant les 5 phases (saute celles qui n'apparaissent pas). Pour 2 maillons, indique une parade qui aurait pu l'arrêter.
Rends : ta chaîne annotée.

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6. Compter les dégâts

« C'était grave » ne suffit pas à un analyste : il chiffre. Une attaque coûte sur trois plans, et le coût visible (la rançon) est souvent le plus petit.

Type de coûtCe que ça recouvreExemple
Directrançon payée, remise en état, heures d'intervention, rachat de matérielreconstruire 4 000 serveurs et 45 000 PC (Maersk, NotPetya)
Indirectproduction à l'arrêt, ventes perdues, clients partis, image abîmée, amende RGPDjours de port bloqués, commandes annulées
Humainsoins repoussés, stress, emplois menacés, vie privée exposéeopérations déprogrammées dans un hôpital

Flag B4

Production (l'impact chiffré)

Pour l'attaque du doc, estime l'impact sur les 3 plans (direct, indirect, humain). Donne au moins un chiffre ou un ordre de grandeur, et dis s'il vient du doc ou de ton raisonnement.
Rends : ton bilan d'impact.

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7. Débrief : erreurs & parades

L'analyse de fond : qu'est-ce qui a permis l'attaque, et qu'est-ce qui l'aurait évitée ? On raisonne comme une équipe sécurité après un incident — c'est le retour d'expérience (REX).

Question de débriefCe qu'on cherche
Quelle erreur humaine ou technique a ouvert la porte ?la cause racine
La victime était-elle préparée ?sauvegardes, formation, mises à jour, plan de crise
Qu'est-ce qui a aggravé les dégâts ?absence de segmentation, lenteur de réaction, pas de plan
Quelles parades concrètes auraient changé l'issue ?2FA, sauvegardes hors-ligne, sensibilisation, correctifs

Exemple de REX (modèle — WannaCry)

À quoi ressemble un retour d'expérience réussi. Court, factuel, tourné vers l'action (encore une fois : un modèle, pas la réponse à ton flag).

VoletAnalyse (modèle)
Cause racineun correctif de sécurité disponible depuis 2 mois n'avait pas été appliqué
Ce qui a aggravéréseaux à plat (pas de segmentation) → le ver s'est propagé sans frein
Parade 1 (phase 2-3)politique de mises à jour automatiques des postes
Parade 2 (phase 4)segmentation réseau pour cloisonner la propagation
Parade 3 (phase 5)sauvegardes hors-ligne testées, pour restaurer sans payer

Défenses concrètes — les valeurs qui comptent

Un professionnel ne dit pas « on a mis en place une politique de mots de passe » — il dit quelles valeurs ont été choisies et pourquoi. Voici les chiffres-repères qui distinguent une défense sérieuse d'un affichage. Mémorise ces seuils : ils reviennent dans tous les audits, rapports d'incident et référentiels (ANSSI, NIST, OWASP).

MesureValeur cible (standard actuel)Pourquoi ce seuil
Longueur mot de passe≥ 16 caractères (recommandation ANSSI 2021) ; ≥ 12 pour les comptes standards12 caractères aléatoires (maj+min+chiffres+symboles) ≈ 72 bits d'entropie → des siècles en brute-force à 10^9 tests/s ; en dessous de 8 caractères, cassable en quelques heures sur GPU
Hashage des mots de passebcrypt (coût 10-12) ou Argon2id (mémoire ≥ 64 Mo)bcrypt à coût 12 ≈ 250 ms par vérification côté serveur → un attaquant avec 1 GPU ne teste que ~4 000 mots de passe/s (vs 10^9/s en stockage en clair). Ne jamais utiliser MD5 ou SHA-1 pour des mots de passe.
Chiffrement des communicationsTLS 1.3 minimum ; TLS 1.0 et 1.1 dépréciés (RFC 8996, mars 2021)TLS 1.3 élimine les handshakes inutiles, impose le forward secrecy (une clé compromise ne déchiffre pas les sessions passées), et interdit les suites de chiffrement faibles responsables de POODLE, BEAST, SWEET32
Sauvegarde 3-2-13 copies, sur 2 supports différents, dont 1 hors-site ou hors-lignela copie hors-ligne résiste au ransomware : un malware ne peut chiffrer que ce qu'il voit sur le réseau — un disque déconnecté est hors portée. La copie hors-site protège contre incendie/inondation.
Authentification à deux facteurs (2FA)TOTP (Google Authenticator, FreeOTP) ou clé FIDO2/U2F (YubiKey) ; éviter le SMS seulle 2FA bloque ~99,9 % des attaques par credential stuffing (Microsoft, rapport 2019) ; le SMS est vulnérable au SIM swapping (portabilité abusive du numéro) — préférer une appli TOTP ou une clé matérielle
Délai d'application des correctifsCVSS ≥ 9.0 (critique) : ≤ 48 h ; 7-9 (élevé) : ≤ 7 jours ; 4-7 (moyen) : ≤ 30 joursgrille ANSSI / NIST SP 800-40 — WannaCry a exploité CVE-2017-0144 (CVSS 9,3 = critique) 59 jours après le patch : largement hors délai même pour la catégorie « élevé »
Segmentation réseauVLAN dédiés par zone fonctionnelle : postes utilisateurs, serveurs, DMZ, IoT, administration ; règles de pare-feu strictes entre VLANsans segmentation, WannaCry a traversé des réseaux hospitaliers entiers en quelques minutes via SMB (port 445). Avec des VLAN, le mouvement latéral est contenu à la zone compromise.
Conservation des journaux (logs)1 an minimum (ANSSI PSSI-E, RGPD) ; 90 jours en ligne, reste archivé hors-ligneavec un dwell time moyen de ~200 jours, des logs conservés moins de 6 mois ne permettent pas de reconstituer l'attaque ni d'en identifier l'origine pour porter plainte

Flag B5

Production (le retour d'expérience)

Rédige le REX de l'attaque : cause racine, ce qui a aggravé, et 3 parades concrètes qui auraient changé l'issue (rattache chaque parade à une phase de la chaîne).
Rends : ton analyse.

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8. Mini-projet : ta synthèse argumentée

La mission

Tu produis une synthèse de l'attaque étudiée, comme une fiche d'analyse qu'un professionnel partagerait. Elle réunit tout ton travail des chapitres précédents.

  1. La source citée (chapitre 0) + un résumé de l'attaque (victime, technique, conséquences) en 5 lignes.
  2. Le mapping aux notions du cours (DICP, menaces, hameçonnage, RGPD…).
  3. La chaîne d'attaque (5 phases) et où elle aurait pu être stoppée.
  4. L'impact chiffré (direct / indirect / humain).
  5. Ton avis argumenté : la victime aurait-elle pu l'éviter ? que retiens-tu pour ton futur métier ?

Flag B6

Mini-projet (production)

Produis ta synthèse argumentée complète (les 5 parties ci-dessus), 1 à 2 pages.
Rends : ta fiche d'analyse.

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Pour finir

Ce que ce débrief t'a appris

Compétence d'analysteTu l'as exercée en…
Observer un incidentremplissant la grille de visionnage
Reconnaître les phasesrepérant la chaîne d'attaque (reconnaissance → impact)
Relier théorie et réelmappant le doc aux notions (DICP, menaces, RGPD)
Mesurer les conséquenceschiffrant l'impact sur 3 plans
Tirer des leçonsrédigeant le retour d'expérience et la synthèse

Mini-quiz d'auto-vérification

Exercice Réussi À revoir

Vérifie que les notions-clés sont en place (ces questions portent sur les concepts, pas sur ton documentaire). Réponds, puis compare au corrigé juste en dessous.

  1. Dans quel ordre se déroulent ces phases : impact, intrusion, reconnaissance, latéralisation ?
  2. Que veulent dire les 4 lettres de DICP ?
  3. Quelle est la différence entre une menace et une vulnérabilité ?
  4. Un rançongiciel chiffre tous les fichiers d'un hôpital. Quelle(s) propriété(s) DICP tombe(nt) en premier ?
  5. Pourquoi dit-on qu'il « suffit de casser un seul maillon » pour stopper une attaque ?
Voir le corrigéMasquer le corrigé de l'exercice

1. reconnaissance → intrusion → latéralisation → impact.
2. Disponibilité, Intégrité, Confidentialité, Preuve.
3. la menace est le danger (le pirate, le malware) ; la vulnérabilité est la faiblesse qui lui ouvre la porte (logiciel pas à jour, mot de passe faible).
4. la Disponibilité (service à l'arrêt) et l'Intégrité d'usage (fichiers inutilisables).
5. parce qu'une attaque est une chaîne d'étapes : bloquer une seule étape (défense en couches) interrompt ou limite toute la suite.

Tu avais trouvé ?

Glossaire

MotDéfinition
Visionnage actifregarder en observant et en prenant des notes ciblées
Chaîne d'attaque (kill chain)la suite des phases d'une cyberattaque, de la reconnaissance à l'impact
Latéralisation (mouvement latéral)la propagation de l'attaquant de machine en machine dans le réseau
Exfiltrationle vol et la sortie de données hors de l'organisation
Rançongiciellogiciel qui chiffre les fichiers et exige une rançon pour les rendre
Wiperlogiciel qui détruit les données (déguisé parfois en rançongiciel)
DICPDisponibilité, Intégrité, Confidentialité, Preuve — les 4 propriétés à protéger
Cause racinel'origine profonde d'un incident
Retour d'expérience (REX)analyse d'un incident pour en tirer des leçons
Posture sans blâmeanalyser les causes, pas chercher un coupable
CVE (Common Vulnerabilities and Exposures)identifiant standardisé d'une vulnérabilité connue — format CVE-ANNÉE-NUMÉRO. Ex. CVE-2017-0144 = faille SMBv1 de Windows exploitée par WannaCry. Score CVSS associé de 0 à 10.
CVSS (Common Vulnerability Scoring System)score de gravité d'une vulnérabilité : 0-3,9 = faible, 4-6,9 = moyen, 7-8,9 = élevé, 9-10 = critique. Détermine l'urgence du correctif à appliquer.
MITRE ATT&CKréférentiel mondial (attck.mitre.org) des techniques et tactiques utilisées par des groupes d'attaquants réels. Organisé en matrices par phase de la kill chain. Utilisé par les équipes SOC pour classifier les alertes.
ANSSIAgence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information (agence gouvernementale française). Publie des guides, recommandations et alertes. Équivalent national du CISA américain.
CSIRT / SOCCSIRT = Computer Security Incident Response Team (équipe de réponse aux incidents) ; SOC = Security Operations Center (centre de surveillance 24/7 des systèmes). Le CSIRT intervient ; le SOC surveille en continu.
IOC (Indicator of Compromise)signe qu'un système a été compromis : hash d'un fichier malveillant, adresse IP d'attaquant connue, nom de domaine suspect, clé de registre anormale. Les CSIRT partagent les IOC pour que d'autres organisations puissent se protéger.
Dwell timedurée de présence de l'attaquant dans le réseau avant détection. Moyenne mondiale : ~200 jours (Mandiant, 2023). Plus le dwell time est long, plus les dégâts potentiels sont élevés.
Kill switchmécanisme qui désactive un malware si une condition précise est remplie. Dans WannaCry, il suffisait qu'un nom de domaine précis soit joignable — enregistrer ce domaine pour ~11 $ a stoppé la propagation mondiale.
Patch managementprocessus formalisé d'identification, de test et d'application des correctifs de sécurité dans les délais définis par la criticité (CVSS). Sans processus, les machines restent vulnérables longtemps après publication du patch.
Règle 3-2-1 (sauvegardes)3 copies des données, sur 2 supports différents (ex. disque local + NAS), dont 1 hors-site ou hors-ligne. Standard industriel pour résister aux ransomwares et sinistres physiques.

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