Aller au contenu
Réussir mon BTS SIO

Tape une notion, une commande ou le nom d'une épreuve.

Par exemple

Chapitre 811 minDébutant

Télétravail, nomadisme et BYOD

Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Mis à jour le .

À la fin de ce chapitre, tu sauras

  • identifier les risques propres au nomadisme ;
  • choisir les mesures pour sécuriser un poste nomade ;
  • expliquer le rôle d'une solution de MDM ;
  • encadrer une demande de BYOD sans empiéter sur la vie privée ;
  • traiter la perte d'un portable au regard du RGPD.

3 exercices corrigés

Le nomadisme numérique désigne le fait de travailler avec les outils de l'organisation en dehors de ses locaux : en télétravail, en déplacement, chez un client, dans un train. Le BYOD (Bring Your Own Device, en français AVEC, « apportez votre équipement personnel de communication ») consiste à utiliser son propre ordinateur ou téléphone pour travailler. Dans les deux cas, l'équipement sort du périmètre protégé de l'entreprise. Ce chapitre décrit les risques propres à ces situations et les mesures qui permettent de sécuriser les équipements et les usages, l'une des compétences communes du bloc 3.

Pourquoi le nomadisme change tout

Au bureau, le poste est derrière le pare-feu de l'entreprise, sur un réseau surveillé, dans des locaux fermés. Dehors, presque toutes ces protections disparaissent :

RisqueSituationCritère touché
Perte ou vol de l'appareilOrdinateur oublié dans le train, téléphone volé, sac dérobé dans une voitureC (données lisibles), D (outil de travail perdu)
Réseau non maîtriséWi-Fi public d'un hôtel ou d'une gare, box familiale jamais mise à jourC, I (interception, faux point d'accès)
Regard indiscretÉcran lu par le voisin de siège, conversation téléphonique entendueC
Mélange des usagesEnfants qui utilisent l'ordinateur professionnel, logiciels personnels installés, documents de travail sur une messagerie personnelleC, I
Informatique fantôme (shadow IT)Outils non autorisés : stockage en ligne personnel, application de transfert de fichiers, assistant d'intelligence artificielle grand public dans lequel on colle un document confidentielC
Supports amoviblesClé USB personnelle, clé trouvée, disque dur partagéC, I
Accès distant mal protégéBureau à distance ouvert sur Internet, accès sans MFATous

Un faux point d'accès Wi-Fi (evil twin) porte le même nom que le réseau de l'hôtel. L'attaquant voit passer tout ce qui n'est pas chiffré et peut présenter de fausses pages de connexion.

Les mesures pour les postes nomades

L'ANSSI consacre un guide entier au sujet (« Recommandations sur le nomadisme numérique »). Les mesures essentielles :

MesureCe qu'elle protège
Chiffrement intégral du disque (BitLocker sous Windows, FileVault sous macOS, LUKS sous Linux)Un ordinateur volé ne livre aucune donnée sans la clé
VPN obligatoire pour accéder aux ressources internes, avec MFALes échanges sont chiffrés même sur un Wi-Fi public, et un mot de passe volé ne suffit pas
Verrouillage automatique de la session et filtre de confidentialité sur l'écranLe regard indiscret et l'accès à un poste laissé sans surveillance
Compte utilisateur sans droits d'administrationL'installation de logiciels non autorisés ou malveillants
Mises à jour et antivirus gérés à distance, même hors du réseau de l'entrepriseLes failles connues et les logiciels malveillants
Partage de connexion du téléphone professionnel plutôt que Wi-Fi publicL'interception sur un réseau inconnu
Pare-feu local actif, blocage des supports amovibles non autorisésLa propagation et la fuite de données
Sauvegarde ou synchronisation des documents sur les serveurs de l'entrepriseLa perte des données avec l'appareil
Procédure claire en cas de perte ou de vol : appeler le support immédiatementLe blocage rapide des accès et l'effacement à distance

Gérer les appareils à distance : le MDM

Une solution de gestion des appareils mobiles (MDM, Mobile Device Management, aujourd'hui souvent intégrée dans une solution plus large appelée UEM) permet à l'équipe informatique de piloter à distance les téléphones, tablettes et ordinateurs : imposer un code de verrouillage et le chiffrement, déployer les applications professionnelles, appliquer les mises à jour, localiser l'appareil et l'effacer à distance en cas de vol. Microsoft Intune, Jamf ou les solutions intégrées à Android Enterprise et à Apple Business Manager en sont des exemples.

Sur un appareil personnel, on n'administre pas tout l'appareil : on crée un espace professionnel séparé (profil professionnel Android, inscription utilisateur sur iPhone) que l'entreprise gère et peut effacer, sans voir ni toucher les photos, messages et applications personnelles.

Le BYOD : avantages, risques et encadrement

On distingue plusieurs modèles d'équipement :

ModèlePrincipe
Équipement fourni par l'entrepriseL'organisation achète, configure et gère l'appareil ; l'usage personnel est limité ou interdit
COPE (Corporate Owned, Personally Enabled)Appareil de l'entreprise, avec un usage personnel autorisé
CYOD (Choose Your Own Device)Le salarié choisit son appareil dans une liste proposée et gérée par l'entreprise
BYOD (AVEC)Le salarié utilise son appareil personnel pour travailler
Avantages du BYODRisques et difficultés
Pas d'achat de matériel pour l'entrepriseL'appareil n'est pas maîtrisé : version du système, mises à jour, logiciels installés
Le salarié connaît son appareilDonnées professionnelles et personnelles mélangées
Un seul téléphone à transporterL'entreprise ne peut pas imposer n'importe quelle mesure sur un bien qui ne lui appartient pas
Au départ du salarié, les données professionnelles partent avec l'appareil si rien n'est prévu
Respect de la vie privée : l'employeur ne peut pas accéder aux données personnelles

Le BYOD n'est pas interdit, mais il doit être encadré : la CNIL publie des recommandations sur ce sujet. En pratique :

  • une politique écrite (souvent intégrée à la charte informatique) précise les appareils et les usages autorisés, les mesures exigées et ce que l'entreprise peut ou ne peut pas faire sur l'appareil ;
  • l'accès aux ressources passe par des applications gérées ou par un espace professionnel séparé, avec MFA ;
  • les données professionnelles restent sur les serveurs de l'entreprise (accès par application web, bureau virtuel) plutôt que d'être copiées sur l'appareil ;
  • l'effacement à distance ne porte que sur l'espace professionnel ;
  • le salarié n'est jamais obligé d'utiliser son appareil personnel.

Télétravail : sécuriser la connexion à distance

En télétravail, l'enjeu central est la connexion aux ressources internes. Trois solutions courantes :

SolutionPrincipePoint de vigilance
VPN (IPsec, OpenVPN, WireGuard, VPN SSL)Un tunnel chiffré relie le poste au réseau de l'entrepriseLe portail VPN est exposé sur Internet : correctifs en urgence et MFA obligatoires
Bureau virtuel ou publication d'applicationsLe poste n'affiche qu'une image ; les données restent dans le centre de donnéesNe jamais exposer directement le bureau à distance (RDP) sur Internet
Applications en ligne (SaaS) avec accès conditionnelL'accès dépend de l'identité, de la MFA et de l'état de l'appareil (à jour, chiffré, géré)Bien régler les règles d'accès conditionnel

Le télétravailleur a aussi ses règles : un espace de travail où l'écran n'est pas visible par d'autres, des conversations confidentielles à l'abri des oreilles (y compris des assistants vocaux), pas de documents imprimés laissés à la vue, et une box Internet dont le mot de passe Wi-Fi par défaut a été changé.

Le même raisonnement en SLAM et en SISR

En SLAM, une application utilisée hors des locaux est par définition exposée sur Internet. Elle doit tout contrôler côté serveur (authentification, droits sur chaque requête), ne jamais stocker de secret dans le code d'une application mobile ou d'une page web (une clé d'API dans le JavaScript est lisible par tous), conserver les jetons de session dans le stockage sécurisé du téléphone (trousseau d'iOS, Keystore d'Android), et prévoir la révocation des sessions d'un appareil perdu.

En SISR, le technicien déploie le VPN avec MFA, impose BitLocker (sécuriser un poste de travail) par stratégie de groupe (cours Windows Server) en enregistrant les clés de récupération dans l'annuaire, inscrit les appareils dans le MDM (BYOD et MDM), configure l'accès conditionnel, et surveille les connexions distantes anormales (un même compte connecté depuis deux pays à une heure d'intervalle).

Pour aller plus loin. Le choix et la configuration d'un VPN (IPsec, WireGuard, OpenVPN) sont dans le chapitre VPN du cours Cybersécurité des infrastructures.

Exercices

Exercice 1 sur 3 Équiper un commercial nomade Réussi À revoir

Un commercial de Soléane passe quatre jours par semaine chez les clients. Il travaille sur un portable, consulte l'ERP et l'extranet, et se connecte souvent depuis les Wi-Fi des hôtels.

Propose cinq mesures techniques et deux consignes d'usage pour sécuriser son activité, en précisant pour chacune le risque traité.

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 1

Mesures techniques (exemples) :

  1. Chiffrement du disque (BitLocker) : perte ou vol du portable.
  2. VPN obligatoire avec MFA pour accéder à l'ERP : interception sur le Wi-Fi de l'hôtel et vol d'identifiants.
  3. Compte sans droits d'administration : installation de logiciels malveillants.
  4. Mises à jour et antivirus gérés à distance : failles connues.
  5. Inscription au MDM avec effacement à distance : vol du portable ou du téléphone.

Consignes d'usage :

  1. Utiliser le partage de connexion du téléphone professionnel plutôt que le Wi-Fi public.
  2. Verrouiller la session dès qu'il quitte son poste et utiliser un filtre de confidentialité dans les lieux publics ; signaler immédiatement toute perte au support.

Tu avais trouvé ?

Exercice 2 sur 3 Une demande de BYOD Réussi À revoir

Une responsable de secteur demande à lire sa messagerie professionnelle sur son téléphone personnel. Le responsable informatique hésite.

  1. Quels risques cette demande présente-t-elle ?
  2. Quelles conditions poser pour l'accepter ?
  3. Que peut faire Soléane si la salariée perd son téléphone ? Que ne peut-elle pas faire ?
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 2
  1. Le téléphone n'est pas maîtrisé (mises à jour, applications installées, code de verrouillage) ; les courriels professionnels, qui contiennent des données de clients, se retrouvent sur un appareil personnel ; en cas de perte ou de départ, ils restent sur l'appareil.
  2. Conditions : accès uniquement via l'application de messagerie gérée par l'entreprise ou dans un profil professionnel séparé ; code de verrouillage et chiffrement exigés ; MFA ; système à jour ; acceptation écrite de la politique BYOD (intégrée à la charte). Le refus doit rester possible sans conséquence pour la salariée.
  3. Soléane peut révoquer l'accès et effacer l'espace professionnel à distance. Elle ne peut pas effacer tout le téléphone ni accéder aux données personnelles (photos, messages, contacts privés) : ce serait une atteinte à la vie privée.

Tu avais trouvé ?

Exercice 3 sur 3 Perte d'un portable Réussi À revoir

Un technicien de Soléane perd son ordinateur portable dans le train. Il contient un export du fichier clients (noms, adresses, téléphones des pharmaciens).

  1. Est-ce une violation de données personnelles ?
  2. Que change le fait que le disque soit chiffré avec BitLocker et un code PIN au démarrage ?
  3. Quelles actions immédiates l'équipe informatique doit-elle mener ?
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 3
  1. Oui : la perte d'un support contenant des données personnelles est une violation de données (atteinte à la confidentialité, et à la disponibilité si c'était la seule copie).
  2. Les données sont inintelligibles sans la clé. Le risque pour les personnes est très faible : l'information des personnes n'est pas exigée (article 34 du RGPD) et une notification à la CNIL n'est en général pas nécessaire, mais la violation doit être documentée dans le registre interne. Sans chiffrement, Soléane devrait notifier la CNIL dans les 72 heures.
  3. Révoquer les accès de l'appareil (certificat VPN, sessions ouvertes), changer le mot de passe du technicien, tenter un verrouillage ou un effacement à distance par le MDM, consigner l'incident, informer le délégué à la protection des données, et fournir un poste de remplacement restauré à partir des sauvegardes.

Tu avais trouvé ?

Chapitre terminé !

Fais les 3 exercices avant de passer à la suite : c'est en t'entraînant que tout se fixe.

chapitres
–
de série
–
du cours
–
Chapitre suivant : Identité numérique de l'organisation et preuve électroniqueRevoir le sommaire du cours