TP1re année14 livrables
Partager des ressources sur le réseau
Tes machines se parlent (séance réseau). Maintenant, on les fait travailler ensemble : un dossier sur une machine, accessible depuis les autres — comme un casier commun.
Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Publié le , mis à jour le .
- Objectif
- créer un dossier partagé, gérer les droits d'accès, y accéder depuis une autre machine (Windows et Linux)
- On manipule
- deux machines sur le même réseau (deux VM, ou ton poste + une VM)
- Pré-requis
- la séance « Découvrir le réseau » (IP, ping) et savoir relier deux VM
- Pour qui
- SLAM et SISR, 1re année
- Durée
- environ 4 h
Compétences : C1.5 Mettre à disposition des utilisateurs un service informatique
On partage dans un réseau privé/labo. En entreprise, ces droits se gèrent finement — c'est ce qu'on apprend.
Avant de commencer
Pourquoi partager des ressources
Dans une entreprise, on ne s'envoie pas les fichiers par clé USB : on les pose dans un dossier partagé sur le réseau, où chacun (selon ses droits) peut les lire ou les modifier. Le service comptable a son dossier, la direction le sien, les documents communs un autre. Savoir créer un partage et donner les bons droits aux bonnes personnes, c'est un geste de base du métier.
Ce que tu sauras faire à la fin
| Geste | Tu sauras… |
|---|---|
| Partager un dossier | rendre un dossier accessible depuis le réseau (Windows) |
| Gérer les droits | décider qui peut lire, qui peut écrire |
| Accéder à un partage | depuis une autre machine (Windows et Linux), mapper un lecteur |
| Diagnostiquer | comprendre pourquoi un partage « ne marche pas » |
0. C'est quoi un partage réseau ?
Un partage réseau, c'est un dossier situé sur une machine, mais rendu accessible aux autres machines du réseau. Le dossier reste à un seul endroit (sur la machine qui le partage) ; les autres y accèdent « à distance », comme s'il était chez elles.
Le vocabulaire
| Mot | Définition |
|---|---|
| Partage | un dossier rendu accessible depuis le réseau |
| SMB | le « langage » qu'utilisent les machines pour partager des fichiers (Windows, et Linux via Samba) |
| Serveur (du partage) | la machine qui héberge et propose le dossier |
| Client | la machine qui accède au dossier partagé |
| Droits d'accès | qui a le droit de lire, et qui a le droit d'écrire |
| Chemin UNC | l'adresse réseau d'un partage, écrite \\machine\partage (deux antislashs) |
Le dossier vit sur le serveur. Les clients y accèdent par le réseau, chacun selon ses droits (lecture seule ou lecture/écriture).
Les versions de SMB — pourquoi c'est important en 2024
SMB a évolué sur 40 ans. La version active sur une machine change radicalement la sécurité et les performances du partage. Un pro qui « ne sait pas quelle version tourne » est un pro qui ne sait pas si son réseau est exposé.
| Version | Intro | Windows | Perf. max par requête | Sécurité |
|---|---|---|---|---|
| SMB 1.0 | 1984 | XP, Server 2003 | 64 Ko | DÉSACTIVÉ par défaut (Win 10 v1709, oct. 2017) — faille EternalBlue = WannaCry |
| SMB 2.0 | 2006 | Vista, Server 2008 | 1 Mo | Pas de chiffrement natif — correct pour réseau interne |
| SMB 2.1 | 2010 | 7, Server 2008 R2 | 1 Mo + Large MTU | Idem 2.0 — nettement plus rapide pour les gros fichiers |
| SMB 3.0 | 2012 | 8/10/11, Server 2012+ | Multicanal (plusieurs cartes réseau) | Chiffrement AES-128 de bout en bout — recommandé |
| SMB 3.1.1 | 2015 | 10/11, Server 2016+ | Idem + négociation intégrité | AES-128 ou AES-256, vérification de session — cible 2025 |
Port 139 vs port 445
lequel ouvrir dans le pare-feu ?
| Port | Protocole | Utilisé par | À ouvrir ? |
|---|---|---|---|
| 445 | SMB direct (TCP) | SMB 2.0, 2.1, 3.x — tout Windows modern | Oui — c'est lui que tu as déjà configuré |
| 139 | SMB via NetBIOS (UDP/TCP) | SMB 1.0 (XP, Server 2003 uniquement) | Inutile sur un réseau moderne — ne l'ouvre pas |
La règle de pare-feu « Partage de fichiers et d'imprimantes » ouvre les deux. En pratique, seul le port 445 compte. Si tu vois du trafic sur le 139 lors d'un audit réseau : c'est le signe d'un vieux système à investiguer ou isoler.
Flag A1
Checkpoint
Avec tes mots : quelle est la différence entre la machine « serveur » et la machine « client » dans un partage ? Donne un exemple de la vie d'entreprise. Rends : ta réponse.
1. Préparer le terrain
Avant de partager, on s'assure que les deux machines se voient et que le partage est autorisé.
Étape 1 — Vérifier la liaison
Depuis le futur client, pingue le futur serveur (tu sais faire) :
ping 192.168.50.10
Réponse de 192.168.50.10 : octets=32 temps<1 ms TTL=128
Réponse de 192.168.50.10 : octets=32 temps<1 ms TTL=128
Statistiques Ping pour 192.168.50.10:
Paquets : envoyés = 4, reçus = 4, perdus = 0 (perte 0%)
expl.
ping — envoie un petit message « tu es là ? » et attend la réponse. 192.168.50.10 — l'IP de la machine visée (ton futur serveur).
Si tu obtiens des réponses (« perdus = 0 (perte 0%) »), les machines se parlent : le partage est possible. Sinon, règle d'abord le réseau (séance précédente).
Étape 2 — Activer la découverte réseau (Windows, sur le serveur)
- Paramètres → Réseau et Internet → Paramètres réseau avancés → Paramètres de partage avancés.
- Pour le profil « Réseaux privés » : active « Découverte du réseau » et « Partage de fichiers et d'imprimantes ».
expl.
Sans ça, Windows cache la machine et refuse les partages. C'est l'oubli n°1 quand « le partage ne marche pas ».
Réseau « privé », pas « public »
Windows traite un réseau « public » comme un lieu non sûr et y bloque les partages.
Vérifie que ta connexion est en réseau privé : Paramètres → Réseau et Internet → ta connexion → « Type de profil réseau : Privé ».
Tant que le profil est « Public », la découverte reste bloquée même si tu as tout activé.
Erreur courante
le pare-feu Windows bloque SMB
Symptôme : le ping passe, mais depuis le client \\IP\Commun renvoie « Windows ne peut pas accéder à... » ou tourne longtemps puis échoue.
Cause : le pare-feu du serveur n'autorise pas le trafic « Partage de fichiers et d'imprimantes » (port 445) sur le profil privé.
Solution : sur le serveur, Panneau de configuration → Système et sécurité → Pare-feu Windows Defender → « Autoriser une application... » → coche « Partage de fichiers et d'imprimantes » pour le profil Privé. Activer le partage de fichiers (Étape 2) ouvre normalement cette règle automatiquement — mais vérifie-la si ça coince.
Diagnostic avancé — quand le ping passe mais pas SMB
Il arrive que le ping fonctionne mais que le partage reste inaccessible. La cause est presque toujours un pare-feu ou un service arrêté. Voici comment diagnostiquer proprement, à la place de « ça ne marche pas ».
Tester spécifiquement le port 445 (depuis le client, PowerShell) :
Test-NetConnection -ComputerName 192.168.50.10 -Port 445
ComputerName : 192.168.50.10
RemoteAddress : 192.168.50.10
RemotePort : 445
InterfaceAlias : Ethernet
SourceAddress : 192.168.50.20
TcpTestSucceeded : True
expl.
Test-NetConnection — cmdlet PowerShell qui teste une connexion TCP (pas un simple ping ICMP). -ComputerName — l'IP ou le nom cible. -Port 445 — le port SMB à tester.
TcpTestSucceeded : True → le port 445 répond : le pare-feu laisse passer SMB. Si False → le pare-feu du serveur bloque le port 445, même si le ping ICMP passe (ICMP et TCP sont deux choses différentes).
Vérifier que le service SMB est bien actif (sur le serveur) :
Get-Service LanmanServer
Status Name DisplayName
------ ---- -----------
Running LanmanServer Serveur
expl.
Get-Service LanmanServer — interroge le service Windows « Serveur », qui est le moteur SMB côté serveur (il écoute les demandes entrantes). Status : Running → il tourne. Stopped → il est arrêté : Start-Service LanmanServer pour le démarrer. Ce service s'arrête parfois lors d'une mise à jour ou d'une conf maladroite.
| Symptôme | Cause probable | Diagnostic |
|---|---|---|
Ping OK, port 445 False | Pare-feu serveur bloque SMB | Test-NetConnection … -Port 445 |
| Port 445 OK, « accès refusé » | Droits manquants (partage ou NTFS) | Vérifier les deux onglets (ch. 3) |
| Nom de machine introuvable | DNS / NetBIOS en échec | Remplacer le nom par l'IP |
| Port 445 OK mais tout tourne puis timeout | Service LanmanServer arrêté | Get-Service LanmanServer |
| Identifiants refusés en boucle | Cache identifiants corrompus | cmdkey /list puis cmdkey /delete:IP |
Flag B1
Production
Vérifie que tes deux machines se pinguent, et active la découverte réseau + le partage de fichiers sur le serveur. Rends : la preuve du ping (0% perte) et confirme que la découverte réseau est activée pour le profil privé.
2. Partager un dossier (Windows)
On crée le casier commun.
Étape 1 — Créer le dossier
Sur le serveur, crée un dossier, par ex. C:\Commun (avec quelques fichiers de test dedans).
Étape 2 — Le partager
- Clic droit sur le dossier → Propriétés → onglet Partage.
- Clique « Partager… ».
- Dans la liste, ajoute les utilisateurs autorisés. Pour un test simple, choisis « Tout le monde » (Everyone).
- Choisis le niveau d'autorisation : Lecture ou Lecture/écriture.
- Clique Partager, puis Terminé.
Windows affiche alors le chemin réseau du partage :
\\NOM-DU-PC\Commun
expl.
Ce chemin commence par \\ (deux antislashs) suivi du nom (ou de l'IP) de la machine, puis du nom du partage. C'est l'« adresse » du casier, qu'on donnera aux clients.
Comment ça marche
chemin local vs chemin réseau
C:\Commun = le chemin local (sur le serveur lui-même). \\192.168.50.10\Commun = le chemin réseau (vu depuis les autres machines). C'est le même dossier, vu de deux endroits.
Flag B2
Production
Partage un dossier Commun sur ton serveur, en lecture/écriture pour « Tout le monde ». Rends : le chemin réseau affiché par Windows (\\...\Commun).
3. Les droits : deux couches de serrures
Point important et souvent mal compris : un partage Windows a deux niveaux de droits qui s'additionnent. Il faut que les deux autorisent pour que ça marche.
Droits de partage (réseau) ET droits NTFS (dossier) : le résultat effectif est le plus restrictif des deux.
| Niveau | Où | Rôle |
|---|---|---|
| Partage | onglet « Partage » → Autorisations | qui peut accéder via le réseau |
| NTFS | onglet « Sécurité » | qui peut accéder au dossier tout court (même en local) |
La règle « la serrure la plus fermée gagne »
Pour CHAQUE personne, Windows regarde les deux serrures et garde la plus restrictive.
Partage = Lecture/écriture, NTFS = Lecture seule → résultat : Lecture seule.
Partage = Lecture seule, NTFS = Lecture/écriture → résultat : Lecture seule.
Pour pouvoir écrire, il faut « Lecture/écriture » des deux côtés.
Les 5 droits NTFS en détail — pas seulement « Lecture » ou « Modification »
L'onglet Sécurité ne propose pas 2 niveaux comme l'onglet Partage, mais 5 droits cumulables, du moins restrictif au plus large. Un pro sait lequel donner — et surtout lequel ne pas donner.
| Droit NTFS | Ce qu'il autorise concrètement | Inclut les droits ci-dessus ? | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| Lecture | Voir les fichiers, les ouvrir en lecture, voir les attributs et les droits | — | Utilisateurs qui consultent seulement (catalogue, doc archive) |
| Lire et exécuter | Tout « Lecture » + lancer les programmes (.exe, scripts) | Lecture | Dossier contenant des outils ou des scripts à exécuter |
| Lister le contenu du dossier | Voir les noms des fichiers mais pas forcément les ouvrir | — | Rarement seul ; couplé aux autres pour les sous-dossiers |
| Écriture | Créer de nouveaux fichiers, créer de nouveaux sous-dossiers | — | Boîte de dépôt (on dépose, on ne voit pas les autres fichiers) |
| Modification | Tout « Lire et exécuter » + Écriture + Supprimer des fichiers | Lecture + Lire et exécuter + Écriture | Collaboration normale (lire, modifier, supprimer ses propres fichiers) |
| Contrôle total | Tout « Modification » + changer les droits du dossier lui-même + prendre possession | Tous les autres | Propriétaire ou admin uniquement — jamais aux utilisateurs ordinaires |
Piège classique : « Écriture » sans « Lecture »
Tu peux donner Écriture sans Lecture : l'utilisateur dépose un fichier mais ne peut pas voir ce qui est déjà dans le dossier. C'est le modèle « boîte aux lettres » (collecte de devoirs, boîte de ticket…). À l'inverse, Modification sans Contrôle total = l'utilisateur peut modifier les fichiers mais pas changer qui y accède. C'est la règle d'or : jamais Contrôle total à un utilisateur non-admin.
Pourquoi Contrôle total est dangereux
Avec le Contrôle total, un utilisateur peut retirer n'importe qui de la liste des droits, y compris l'administrateur. C'est le seul droit qui permet à un compte ordinaire de se verrouiller en propriétaire exclusif — ce qui oblige ensuite un admin à « prendre possession » du dossier (Take Ownership) pour récupérer l'accès. En production, cela déclenche une alerte de sécurité.
Étape 1 — Vérifier la serrure « réseau » (Partage)
- Clic droit sur le dossier → Propriétés → onglet Partage → bouton « Partage avancé… ».
- Clique « Autorisations ». Tu vois la liste (ex. « Tout le monde ») avec les cases Lecture / Modifier / Contrôle total.
- Coche « Modifier » (= écrire) ou laisse seulement « Lecture » selon ce que tu veux autoriser via le réseau. OK.
expl.
Cette serrure ne s'applique que quand on arrive par le réseau. En local (assis devant le serveur), elle est ignorée.
Étape 2 — Vérifier la serrure « dossier » (NTFS / Sécurité)
- Même fenêtre Propriétés → onglet Sécurité → bouton « Modifier… ».
- Si l'utilisateur (ou « Utilisateurs ») n'est pas listé : « Ajouter… » → tape son nom → « Vérifier les noms » → OK.
- Sélectionne-le, puis dans le bas coche les droits : « Lecture » seule, ou « Modification » pour autoriser l'écriture. Appliquer → OK.
expl.
Le mot « Modification » côté NTFS = le droit de créer / changer / supprimer des fichiers. Sans lui, même un partage « Lecture/écriture » reste en lecture seule.
Erreur courante
« Accès refusé » alors que j'ai partagé
Symptôme : tu vois le partage mais « accès refusé » à l'ouverture. Cause : le partage autorise, mais les droits NTFS (onglet Sécurité) refusent. Solution : vérifie l'onglet Sécurité du dossier et ajoute l'utilisateur (ou « Utilisateurs ») avec les droits voulus. Les deux couches doivent autoriser.
Flag A2
Checkpoint
Le partage est en « Lecture/écriture » mais les droits NTFS du dossier sont en « Lecture seule ». Que pourra faire l'utilisateur, et pourquoi ? Rends : ta réponse.
4. Un utilisateur dédié plutôt que « Tout le monde »
« Tout le monde » (Everyone) est pratique pour un test, mais en entreprise c'est une mauvaise pratique : n'importe qui sur le réseau accède au dossier, sans qu'on sache qui a fait quoi. Le réflexe pro : créer un compte utilisateur dédié au partage, et ne donner les droits qu'à lui.
Pourquoi un compte dédié ?
Traçabilité — on sait quel compte s'est connecté.
Moindre privilège — seul ce compte entre, pas tout le réseau.
Révocation simple — on désactive le compte, l'accès tombe, sans toucher au reste.
Étape 1 — Créer le compte sur le serveur
Ouvre une Invite de commandes en administrateur sur le serveur (clic droit sur « Invite de commandes » → « Exécuter en tant qu'administrateur »), puis :
net user gsbpartage MotDePasse123! /add
La commande s'est terminée correctement.
expl.
net user — gère les comptes locaux. gsbpartage — le nom du compte qu'on crée. MotDePasse123! — son mot de passe. /add — « crée-le ». Ce compte n'existe que sur le serveur ; c'est lui que les clients utiliseront pour s'authentifier.
Étape 2 — Donner les droits à ce compte (et à lui seul)
- Onglet Partage avancé → Autorisations : retire « Tout le monde », clique « Ajouter », tape
gsbpartage, coche les droits voulus. - Onglet Sécurité → Modifier → Ajouter : ajoute
gsbpartageavec les mêmes droits (les deux couches, comme au chapitre 3).
expl.
Désormais, seul le compte gsbpartage (avec son mot de passe) ouvre le partage. C'est ce nom + ce mot de passe que le client saisira quand on lui demandera de s'authentifier.
Erreur courante
« le compte n'est pas autorisé à se connecter »
Symptôme : le client tape le bon nom/mot de passe mais reste refusé.
Cause fréquente : le compte a été créé mais n'a de droits sur aucune des deux couches (partage OU NTFS), ou le mot de passe est vide (Windows refuse souvent l'accès réseau aux comptes sans mot de passe).
Solution : donne-lui un vrai mot de passe et ajoute-le dans les deux onglets (Partage + Sécurité).
Politique de mot de passe — et pourquoi un mot de passe vide est refusé
Quand tu as créé gsbpartage avec net user … /add, tu as mis un mot de passe. Pas par hasard : Windows refuse d'authentifier par le réseau un compte local sans mot de passe (politique de sécurité « Accès réseau : ne pas autoriser les connexions vides »). Voici la politique par défaut de Windows 10/11 :
net accounts
Durée maximale du mot de passe (jours) : 42
Durée minimale du mot de passe (jours) : 0
Longueur minimale du mot de passe : 0
Historique du mot de passe maintenu : Aucun
Seuil de verrouillage : Jamais
Durée de verrouillage (minutes) : 30
Contrôleur de domaine de l'observateur : \\*
expl.
net accounts — affiche la politique de comptes locale. Sur un PC isolé (pas dans un domaine), les règles sont souples par défaut (longueur minimum = 0). En entreprise avec un domaine Active Directory, la GPO impose souvent : longueur ≥ 8 caractères, complexité obligatoire (majuscule + chiffre + caractère spécial), expiration 30-90 jours, verrouillage après 5 tentatives. La commande net accounts /minpwlen:8 /maxpwage:60 impose ces règles en local.
RGPD et traçabilité
pourquoi le compte dédié est obligatoire en vrai
Si 20 personnes accèdent au partage avec le compte « Tout le monde », on ne sait pas qui a modifié ou supprimé un fichier. En cas d'incident (suppression accidentelle, fuite de données), l'entreprise ne peut pas identifier la personne — ce qui viole l'article 5 du RGPD (exigence d'intégrité et de traçabilité des données).
Avec un compte dédié par utilisateur, les logs d'accès (Observateur d'événements → Sécurité → Évènements 4656/4663) montrent quel compte, à quelle heure, a touché quel fichier. En pratique, les entreprises complètent ça avec un SIEM (Splunk, ELK) qui corrèle ces événements. Tu poses ici les bases de ce que tu découvriras au Bloc 3.
Ajouter le compte dans un groupe plutôt qu'en individuel
Dans une vraie infrastructure, on ne donne pas les droits à gsbpartage directement, mais on crée un groupe local (ex. GRP-PARTAGE-COMMUN) et on met les comptes dedans. Ensuite on donne les droits au groupe :
net localgroup GRP-PARTAGE-COMMUN /add
net localgroup GRP-PARTAGE-COMMUN gsbpartage /add
expl.
net localgroup — gère les groupes locaux. Premier appel : crée le groupe. Second : ajoute gsbpartage dedans. Ensuite dans l'onglet Sécurité du dossier, tu ajoutes GRP-PARTAGE-COMMUN une seule fois. Quand un nouvel employé arrive, on l'ajoute dans le groupe → il a les droits instantanément, sans retoucher le dossier.
En labo, travailler directement sur les comptes est plus simple. Mais retiens la logique groupes → droits : c'est ce que tu verras en entreprise.
Flag B2bis
Production
Crée un compte gsbpartage sur ton serveur et donne-lui (et à lui seul) les droits sur le partage Commun, des deux côtés. Rends : la commande net user utilisée, et confirme que « Tout le monde » a été retiré des autorisations de partage.
5. Accéder au partage depuis un client
Sur l'autre machine (le client), on va ouvrir le casier.
Méthode 1 — Par l'Explorateur
- Ouvre l'Explorateur de fichiers.
- Dans la barre d'adresse en haut, tape le chemin réseau et
Entrée:
\\192.168.50.10\Commun
expl.
Deux antislashs \\, puis l'IP du serveur, puis le nom du partage. Le contenu du dossier partagé s'affiche, comme un dossier normal.
Nom de machine ou IP ?
Tu peux écrire \\NOM-DU-PC\Commun (nom) ou \\192.168.50.10\Commun (IP). Les deux désignent la même machine, mais ils ne se valent pas.
| Tu écris… | Avantage | Risque |
|---|---|---|
le nom (\\SRV-GSB) | lisible, mémorisable | dépend de la « résolution de noms » : si elle déraille, ça échoue alors que le réseau marche |
l'IP (\\192.168.50.10) | direct, fiable, ce que tu viens de pinguer | moins lisible ; change si l'IP n'est pas fixe |
En labo : prends l'IP
Le nom de machine doit d'abord être traduit en IP par le réseau ; en petit labo (sans serveur DNS dédié) cette traduction échoue souvent. L'IP, elle, marche directement — c'est pile celle que ton ping a validée. En cas de doute, écris l'IP.
Méthode 2 — En ligne de commande
net view \\192.168.50.10
Partages partagés sur 192.168.50.10:
Nom du partage Type Utilisé comme Commentaire
-------------------------------------------------------
Commun Disque
La commande s'est terminée correctement.
expl.
net view + \\ + l'IP : liste les partages visibles proposés par cette machine. Pratique pour vérifier ce qui est partagé avant d'essayer d'y entrer.
On te demande un identifiant ?
Si le serveur demande un nom d'utilisateur / mot de passe, donne ceux d'un compte qui existe sur le serveur (pas sur le client) — par exemple le compte gsbpartage du chapitre 4.
C'est normal : le serveur vérifie qui tu es avant d'ouvrir.
Comment ça marche
qui vérifie le mot de passe ?
Quand tu te connectes, le client envoie un nom + mot de passe au serveur. C'est le serveur qui les compare à ses propres comptes locaux (ceux créés au chapitre 4).
Si les deux machines ont déjà un compte au même nom et même mot de passe, Windows tente la connexion sans rien te demander (c'est l'astuce des petits réseaux « workgroup »).
Sinon, il ouvre la fenêtre d'identifiants : tu y mets un compte du serveur.
Erreur courante
identifiants gardés en cache
Symptôme : Windows ne te redemande jamais le mot de passe, et tu restes connecté avec un mauvais compte (ou l'accès est refusé sans qu'on te laisse ressaisir).
Cause : Windows a mémorisé un identifiant pour ce serveur (dans le Gestionnaire d'identification).
Solution : liste et purge le cache —
cmdkey /list
cmdkey /delete:192.168.50.10
(ou : Panneau de configuration → Gestionnaire d'identification → Informations Windows → supprime l'entrée du serveur). Reconnecte-toi : Windows redemandera les identifiants.
Flag B3
Production
Depuis le client, accède au partage \\IP-serveur\Commun et ouvre un fichier de test. Rends : le chemin exact que tu as tapé, et confirme que tu vois le contenu du dossier.
6. Mapper un lecteur réseau
Taper \\IP\Commun à chaque fois, c'est long. On peut « mapper » le partage : lui donner une lettre de lecteur (comme Z:) qui apparaît dans l'Explorateur, à côté de C:.
Méthode graphique
- Dans l'Explorateur : clic droit sur « Ce PC » → « Connecter un lecteur réseau ».
- Choisis une lettre (ex.
Z:), entre le chemin\\192.168.50.10\Commun. - Coche « Se reconnecter à la connexion » si tu veux le retrouver à chaque démarrage. Terminer.
Méthode commande
net use Z: \\192.168.50.10\Commun
expl.
net use — gère les lecteurs réseau. Z: — la lettre choisie. Puis le chemin du partage. Désormais Z: = le dossier partagé.
La commande s'est terminée correctement.
Voir les lecteurs déjà mappés
net use
Statut Local Distant Réseau
-------------------------------------------------------------------
OK Z: \\192.168.50.10\Commun Microsoft Windows Network
La commande s'est terminée correctement.
expl.
net use sans rien d'autre = la liste de tes connexions réseau actuelles, avec leur lettre et leur état (« OK », ou « Indisponible » si le serveur est éteint).
Pour déconnecter
net use Z: /delete retire le lecteur mappé.
Utile quand on a fini, pour repartir propre, ou pour libérer une lettre déjà prise.
Erreur courante
« Le nom de l'unité locale est déjà utilisé »
Symptôme : net use Z: ... répond « Le nom de l'unité locale est déjà utilisé » (en anglais : local device name is already in use).
Cause : la lettre Z: est déjà attribuée (à un autre partage, ou un ancien mappage fantôme).
Solution : libère-la d'abord (net use Z: /delete) puis recommence, ou choisis une autre lettre libre (net use Y: ...). net use seul te montre les lettres déjà prises.
Flag B4
Production
Mappe le partage sur la lettre Z: (par commande ou par l'Explorateur). Rends : la commande utilisée (ou les étapes), et confirme que Z: apparaît bien dans « Ce PC ».
7. Lecture seule ou écriture ? On teste
Les droits, ça ne se devine pas : ça se vérifie. On va prouver la différence.
Test de lecture
Depuis le client, ouvre un fichier du partage. S'il s'ouvre : la lecture fonctionne.
Test d'écriture
Toujours depuis le client, essaie de créer un fichier dans Z: (clic droit → Nouveau → Document texte).
| Résultat | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| Le fichier se crée | tu as les droits d'écriture |
| « Accès refusé » / « Vous avez besoin d'une autorisation » | tu es en lecture seule (ou un des deux niveaux de droits bloque) |
Comment ça marche
pourquoi tester depuis le client
Sur le serveur, tu es propriétaire : tu peux tout faire, ça ne prouve rien. Les droits réseau ne se vérifient que depuis une autre machine, en conditions réelles. C'est le réflexe d'un technicien : tester comme l'utilisateur final.
Flag B5
Production (test des droits)
Depuis le client, teste lecture ET écriture sur le partage. Rends : le résultat des deux tests. Puis, sur le serveur, repasse le partage en lecture seule et refais le test d'écriture : qu'obtiens-tu maintenant ?
8. Partages cachés et partages administratifs
Tous les partages ne sont pas visibles. Windows en crée même tout seul, sans que tu les voies. Comprendre ça évite deux surprises : « pourquoi je ne vois pas mon partage ? » et « c'est quoi ce C$ ? ».
Le partage caché : un nom qui finit par $
Si tu nommes un partage avec un $ à la fin (ex. Direction$), il devient invisible : il n'apparaît plus quand on parcourt la machine ni dans net view. Mais il reste accessible si on connaît son nom exact.
net view \\192.168.50.10
Nom du partage Type Utilisé comme Commentaire
-------------------------------------------------------
Commun Disque
La commande s'est terminée correctement.
expl.
Direction$ n'apparaît pas dans la liste : c'est voulu. Pourtant \\192.168.50.10\Direction$ dans l'Explorateur l'ouvre quand même (si tu as les droits).
Caché ≠ protégé
Un partage caché est plus discret, pas plus sûr : qui connaît le nom y accède. La vraie protection reste les droits (chapitres 3 et 4), pas le $.
Les partages administratifs (créés par Windows)
Windows partage automatiquement certaines ressources, avec un nom en $, réservées aux administrateurs :
| Partage | C'est quoi |
|---|---|
C$, D$… | chaque disque entier, accessible à distance par un admin (\\IP\C$ = tout le C:) |
ADMIN$ | le dossier Windows du système (maintenance à distance) |
IPC$ | « tuyau » technique de communication entre machines (pas un dossier) |
expl.
Tu ne les crées pas, tu ne les vois pas dans net view, mais ils existent. Pour ouvrir \\IP\C$, il faut un compte administrateur du serveur — un simple compte n'y accède pas.
Pourquoi le métier s'en sert
Un technicien peut récupérer un fichier sur un poste à distance via \\IP\C$\Users\... sans rien partager manuellement.
C'est puissant — donc surveillé : ces partages sont une cible classique des attaques, d'où l'importance de mots de passe admin solides.
Voir TOUS les partages de SA machine (côté serveur)
net view liste seulement les partages visibles. Pour voir tout ce que ta machine partage, cachés et administratifs compris, lance sur le serveur :
net share
Nom de partage Ressource Remarque
-------------------------------------------------------------------
C$ C:\ Partage par défaut
ADMIN$ C:\Windows Administration à distance
IPC$ IPC distant
Commun C:\Commun
Direction$ C:\Direction
La commande s'est terminée correctement.
expl.
net share — la liste complète des partages de la machine où tu la tapes. C'est ici, et seulement ici, que tu revois tes partages cachés (Direction$) et les partages administratifs en $. Pratique pour faire l'inventaire de ce que ton serveur expose.
Flag B6
Production (partage caché)
Sur le serveur, crée un partage nommé Direction$. Depuis le client, vérifie avec net view \\IP qu'il n'apparaît pas, puis ouvre-le directement par son chemin \\IP\Direction$. Rends : la sortie de net view (où il est absent) et confirme que l'accès direct, lui, fonctionne.
9. Qui est connecté ? Voir et fermer les sessions
Quand un client ouvre ton partage, le serveur garde une session ouverte. Côté serveur, on peut voir qui est là et, au besoin, le déconnecter. C'est un geste d'administration courant (« qui bloque ce fichier ? »).
Voir les sessions (sur le serveur)
Ouvre une Invite de commandes en administrateur sur le serveur :
net session
Ordinateur Nom d'utilisateur Type client Ouvre Inactif
-------------------------------------------------------------------------------
\\192.168.50.20 gsbpartage Windows ... 1 00:00:12
La commande s'est terminée correctement.
expl.
net session — liste les machines actuellement connectées à ce serveur par le réseau : leur IP, le compte utilisé, et depuis combien de temps. C'est la preuve vivante que ton client est bien entré.
Voir les fichiers ouverts à distance
net file
expl.
net file — liste les fichiers du partage actuellement ouverts par des clients (avec un numéro d'ID). Pratique quand un fichier « est utilisé par quelqu'un d'autre » et qu'on cherche qui.
Fermer une session
net session \\192.168.50.20 /delete
La commande s'est terminée correctement.
expl.
On vise la session d'une machine précise (par son IP) et /delete la coupe. Le client est déconnecté du partage (utile pour une maintenance, ou pour libérer un fichier coincé).
À manier avec tact
Fermer une session déconnecte l'utilisateur sans prévenir : s'il était en train d'écrire, il peut perdre son travail.
En vrai, on prévient d'abord. En labo, c'est sans risque.
Flag B7
Production (les deux côtés)
Pendant que ton client a le partage ouvert (lecteur Z: connecté), va sur le serveur et lance net session. Rends : la ligne qui prouve que ton client (son IP + le compte) est bien connecté.
10. Partager une imprimante
SMB ne sert pas qu'aux dossiers : c'est aussi lui qui partage les imprimantes (souviens-toi du nom complet de l'option : « Partage de fichiers et d'imprimantes »). Le principe est le même : une machine héberge l'imprimante, les autres l'utilisent par le réseau.
Côté serveur — partager l'imprimante
- Paramètres → Bluetooth et appareils → Imprimantes et scanners → choisis l'imprimante.
- Propriétés de l'imprimante → onglet Partage → coche « Partager cette imprimante » → donne-lui un nom de partage (ex.
ImpGSB).
Côté client — l'ajouter
Dans l'Explorateur, ouvre \\192.168.50.10 : l'imprimante partagée apparaît à côté des dossiers. Double-clic → Windows l'installe. On peut aussi taper directement son chemin :
\\192.168.50.10\ImpGSB
expl.
Même grammaire qu'un dossier : \\ + machine + nom du partage. Le client peut alors imprimer comme si l'imprimante était branchée chez lui.
À retenir
Dossier ou imprimante, c'est le même mécanisme SMB et les mêmes droits.
C'est pour ça que l'option Windows s'appelle « fichiers ET imprimantes » : une seule case ouvre les deux.
11. Accéder à un partage depuis Linux
Linux sait aussi parler le « langage » SMB. Depuis ta VM Linux, tu peux atteindre un partage Windows.
Voir les partages d'une machine
smbclient -L //192.168.50.10 -U gsbpartage
Password for [WORKGROUP\gsbpartage]:
Sharename Type Comment
--------- ---- -------
Commun Disk
IPC$ IPC IPC Service
expl.
smbclient — le client SMB en ligne de commande sous Linux. -L — « liste » les partages. //192.168.50.10 — le serveur (avec deux slashs normaux, pas des antislashs comme sous Windows). -U gsbpartage — le compte du serveur pour s'authentifier ; il te demande ensuite son mot de passe.
Entrer dans le partage et déposer un fichier
smbclient //192.168.50.10/Commun -U gsbpartage
expl.
Sans -L, tu entres dans le partage : tu obtiens une invite smb: \>. Là, des commandes simples : ls (lister), get fichier (télécharger), put fichier (envoyer), quit (sortir).
smb: \> put rapport.txt
putting file rapport.txt as \rapport.txt (1.2 kb/s)
smb: \> quit
expl.
put rapport.txt — envoie le fichier local rapport.txt dans le partage Windows. Un échange Linux → Windows, sans clé USB.
Et si… smbclient n'est pas installé ?
Installe-le : sudo apt install smbclient.
Pour monter un partage dans l'arborescence Linux (l'utiliser comme un dossier normal), il existe cifs-utils et la commande mount — on l'approfondira en spé SISR. Ici, l'objectif est de comprendre que Linux aussi accède aux partages.
Le pont graphique (plus simple)
Dans l'appli Fichiers d'Ubuntu : menu « + Autres emplacements » → en bas, champ « Se connecter à un serveur » → tape smb://192.168.50.10/Commun → Se connecter (il demandera le compte et le mot de passe).
Erreur courante
NT_STATUS_ACCESS_DENIED
Symptôme : smbclient répond NT_STATUS_ACCESS_DENIED ou NT_STATUS_LOGON_FAILURE.
Cause : le compte/mot de passe ne correspond pas à un compte du serveur, ou ce compte n'a pas les droits sur le partage.
Solution : utilise un compte qui existe côté serveur (ex. gsbpartage) avec ses droits sur les deux couches (ch. 3-4).
Flag D1
Investigation
Depuis ta VM Linux, liste les partages du serveur avec smbclient -L //IP -U … (installe-le si besoin). Rends : la commande utilisée et le nom du partage Commun dans la liste obtenue.
Flag B8
Production (Linux → Windows)
Toujours depuis Linux, entre dans //IP/Commun avec smbclient et put un petit fichier dedans. Va le vérifier côté serveur Windows. Rends : les commandes utilisées et la confirmation que le fichier est arrivé sur le serveur.
12. Et dans l'autre sens : partager DEPUIS Linux
Un serveur Linux peut lui aussi proposer des partages, grâce à Samba (l'implémentation Linux de SMB). C'est très courant : beaucoup de « serveurs de fichiers » d'entreprise sont des Linux + Samba.
Installation et première configuration — pas à pas
Étape 1 — Installer Samba (sur la VM Linux, en superutilisateur) :
sudo apt update && sudo apt install samba -y
Lecture des listes de paquets... Fait
...
Les paquets supplémentaires suivants seront installés :
samba-common samba-libs
0 mis à jour, 12 nouvellement installés, 0 à enlever.
Setting up samba (2:4.17.12) ...
expl.
sudo — exécute en superutilisateur (droits root). apt update — rafraîchit la liste des paquets disponibles. && — n'exécute la suite que si la commande précédente a réussi. apt install samba — installe Samba (le démon smbd qui répond aux requêtes SMB). -y — répond « oui » automatiquement aux confirmations. Version actuelle sur Ubuntu 22.04 : Samba 4.15.x.
Étape 2 — Créer le dossier à partager :
sudo mkdir -p /srv/commun
sudo chmod 0775 /srv/commun
sudo chown nobody:nogroup /srv/commun
expl.
mkdir -p /srv/commun — crée le dossier (et les parents si nécessaire). chmod 0775 — droits Linux sur le dossier : propriétaire = lecture/écriture/exécution (7), groupe = idem (7), autres = lecture/exécution (5). chown nobody:nogroup — attribue le dossier à nobody (utilisateur générique Linux), ce qui permet à Samba d'y écrire via l'option guest ok qu'on va configurer. En production, on utiliserait un utilisateur Samba dédié.
Étape 3 — Déclarer le partage dans smb.conf
Le fichier de configuration Samba est /etc/samba/smb.conf. Sauvegarde-le d'abord, puis ajoute le bloc du partage à la fin :
sudo cp /etc/samba/smb.conf /etc/samba/smb.conf.bak
sudo nano /etc/samba/smb.conf
expl.
cp … .bak — copie de sauvegarde avant de toucher un fichier de config système : réflexe indispensable. nano — éditeur de texte en terminal (plus simple que vim pour débuter). Fermer avec Ctrl+X → Y → Entrée pour sauvegarder.
Ajoute à la fin du fichier :
[Commun]
comment = Dossier commun GSB
path = /srv/commun
browsable = yes
writable = yes
guest ok = yes
read only = no
create mask = 0664
directory mask = 0775
expl.
[Commun] — nom du partage : ce sera \\IP-Linux\Commun vu depuis Windows. Les crochets définissent une section.
comment — description affichée dans net view.
path — chemin Linux du dossier physique.
browsable = yes — le partage apparaît quand on liste les partages de la machine (smbclient -L ou Explorateur Windows). no = partage caché (équivalent du $ Windows).
writable = yes + read only = no — les deux disent la même chose ; les deux sont mis pour être explicite (Samba peut parfois hériter d'une valeur globale).
guest ok = yes — aucun mot de passe requis. Pratique en labo, interdit en production.
create mask = 0664 — droits Linux des fichiers créés par Samba : propriétaire+groupe = lecture/écriture, autres = lecture.
directory mask = 0775 — même logique pour les sous-dossiers créés.
Vérifier la configuration avant de redémarrer :
testparm
Load smb config files from /etc/samba/smb.conf
Loaded services file OK.
Server role: ROLE_STANDALONE
Press enter to see a dump of your service definitions
[Commun]
comment = Dossier commun GSB
path = /srv/commun
create mask = 0664
directory mask = 0775
guest ok = Yes
read only = No
expl.
testparm — vérifie la syntaxe de smb.conf SANS relancer Samba. C'est le filet de sécurité avant le redémarrage : s'il affiche « Loaded services file OK » et montre ton partage, le fichier est correct. En cas d'erreur (ex. typo), il affiche la ligne fautive.
Étape 4 — Redémarrer Samba :
sudo systemctl restart smbd
sudo systemctl status smbd
● smbd.service - Samba SMB Daemon
Loaded: loaded (/lib/systemd/system/smbd.service)
Active: active (running) since Mon 2026-04-07 09:12:33 CEST
Main PID: 1234 (smbd)
expl.
systemctl restart smbd — arrête puis redémarre le démon Samba (smbd). status smbd — vérifie qu'il tourne bien (Active: active (running)). Si c'est failed : regarde les logs avec journalctl -u smbd --no-pager | tail -30.
Étape 5 — Ouvrir le pare-feu Linux pour SMB :
sudo ufw allow samba
Rules updated
Rules updated (v6)
expl.
ufw — le pare-feu simplifié d'Ubuntu (Uncomplicated Firewall). allow samba — ouvre les ports nécessaires (139/UDP, 139/TCP et 445/TCP) d'un seul coup. Sans ça, les clients Windows n'atteignent pas ton serveur Linux même si Samba tourne.
Test depuis Windows : dans l'Explorateur, tape \\IP-de-la-VM-Linux\Commun. Sans mot de passe requis (guest ok), tu entres directement.
Erreur courante
Failed to lookup SID ou le partage n'apparaît pas
Symptôme : smbclient -L liste le partage mais Windows l'affiche sans nom, ou répond NT_STATUS_BAD_NETWORK_NAME.
Cause fréquente : le nom du partage dans smb.conf contient une espace, un accent, ou un caractère non-ASCII — SMB les supporte mal. Utilise uniquement des lettres, chiffres, tirets.
Deuxième cause : oubli de testparm avant le restart → erreur de syntaxe dans smb.conf → Samba redémarre mais ne charge pas le fichier. testparm d'abord, toujours.
Pour un partage sécurisé avec authentification (en production)
Remplace guest ok = yes par guest ok = no et crée un utilisateur Samba :
sudo smbpasswd -a gsbpartage
Il te demande un mot de passe (indépendant du mot de passe Linux du même utilisateur). Ajoute ensuite valid users = gsbpartage dans le bloc du partage. Seul ce compte Samba pourra se connecter — exactement comme le compte dédié Windows du chapitre 4.
Flag A3
Checkpoint
Qu'est-ce que Samba, et pourquoi permet-il à une machine Linux et une machine Windows de partager des fichiers entre elles ? Rends : ta réponse.
13. Mini-projet : le casier d'équipe
On met tout en œuvre : deux VM, un dossier partagé, un échange de fichier prouvé.
Le client dépose un fichier dans le partage du serveur : la preuve que l'échange a transité par le réseau.
La mission
- Sur la VM-Serveur (Windows) : crée et partage un dossier
Equipeen lecture/écriture, vérifie ses droits NTFS. - Sur la VM-Client : accède à
\\IP-serveur\Equipeet mappe-le surZ:. - Depuis le client, dépose un fichier
message-de-<ton-nom>.txtdansZ:. - Sur le serveur, ouvre
C:\Equipe: le fichier déposé par le client doit y être.
Flag B9
Mini-projet (production)
Réalise l'échange complet. Rends : le chemin réseau du partage, la lettre mappée, le nom du fichier déposé, et la preuve (vu côté serveur) qu'il est bien arrivé — l'échange a transité par le réseau, pas par une clé USB.
Défis bonus
Bonus A : repasse le partage en lecture seule et montre que le client ne peut plus déposer de fichier (capture le message d'erreur).
Bonus B : depuis ta VM Linux, accède au même partage (smb://IP/Equipe ou smbclient) — un échange Windows → Linux.
Chapitre 13bis — Sécurité SMB : la signature et les attaques à connaître
Tu sais créer un partage et gérer les droits. Un pro sait aussi pourquoi SMB peut être attaqué et comment s'en protéger. C'est ce que tu retrouveras dans le Bloc 3 (cybersécurité), mais les bases se posent dès maintenant.
L'attaque NTLM Relay — le piège classique des réseaux Windows
Quand un client Windows se connecte à un partage, il envoie ses identifiants chiffrés via NTLM (le protocole d'authentification réseau). Un attaquant positionné sur le même réseau peut intercepter ces identifiants et les « relayer » vers un autre serveur pour y ouvrir une session à la place du vrai utilisateur — sans avoir besoin du mot de passe en clair. C'est l'attaque NTLM Relay (ou Pass-the-Hash).
NTLM Relay : l'attaquant intercepte le hash d'authentification et l'utilise pour s'authentifier sur un autre serveur sans connaître le mot de passe.
La défense : SMB Signing (signature des messages)
La signature SMB ajoute une signature cryptographique à chaque message échangé. Si l'attaquant intercepte et modifie un message, la signature ne correspond plus — le serveur rejette le paquet. Le relais devient impossible.
| Scénario | Client : Signing | Serveur : Signing | Résultat |
|---|---|---|---|
| Deux postes lambda (Win 10/11) | Negocié (proposé) | Négocié (proposé) | Pas de signature — NTLM Relay possible |
| Contrôleur de domaine (DC) | Requis | Requis | Signature obligatoire — relais bloqué |
| Bonne pratique recommandée | Requis | Requis | Protection maximale même sans domaine |
Vérifier l'état du Signing sur le serveur (PowerShell admin) :
Get-SmbServerConfiguration | Select EnableSecuritySignature, RequireSecuritySignature
EnableSecuritySignature RequireSecuritySignature
----------------------- ------------------------
True False
expl.
Get-SmbServerConfiguration — lit la configuration SMB du serveur local. Select filtre les deux colonnes qui comptent :
EnableSecuritySignature : True → le serveur accepte de signer si le client le demande (mode négocié).
RequireSecuritySignature : False → le serveur ne force pas la signature (vulnérable sur un réseau non maîtrisé).
Pour forcer : Set-SmbServerConfiguration -RequireSecuritySignature $true -Force. À faire avec prudence : un vieux client (Windows 7, imprimante réseau ancienne) peut ne plus fonctionner.
Coût de la signature SMB
overhead à connaître
SMB Signing ajoute une vérification cryptographique sur chaque paquet. Sur du matériel moderne (CPU avec AES-NI), l'overhead est négligeable (< 5%). Sur de vieux serveurs (pré-2012) sans accélération matérielle, on mesure jusqu'à 15-20 % de perte de débit. C'est la raison historique pour laquelle beaucoup d'entreprises l'ont laissé désactivé — une erreur qui a coûté cher (WannaCry, NotPetya). Aujourd'hui il n'y a plus d'excuse : le matériel est largement assez rapide.
Comparaison des mécanismes d'authentification SMB
| Mécanisme | Utilisé quand | Niveau de sécurité | Vulnérable à |
|---|---|---|---|
| Guest / anonyme | guest ok = yes (Samba) ou partage « Tout le monde » sans auth | Aucun | Tout le réseau entre sans log |
| NTLM v1 | XP, Server 2003 (désactivé par défaut depuis 2012) | Faible | Crack offline en quelques heures (GPU moderne) |
| NTLM v2 | Windows Vista+ sans domaine, workgroup | Moyen | NTLM Relay si pas de Signing |
| Kerberos | Domaine Active Directory | Élevé | Pass-the-Ticket (plus complexe) |
Ce que tu peux déjà faire en labo
Tu n'as pas besoin d'outil avancé pour voir que SMB Signing est absent ou présent. Nmap (que tu verras en Bloc 3) peut le détecter :
nmap --script smb2-security-mode -p445 192.168.50.10
PORT STATE SERVICE
445/tcp open microsoft-ds
| smb2-security-mode:
| 3:1:1:
|_ Message signing enabled but not required
« enabled but not required » = le serveur accepte la signature mais ne la force pas → vulnérable au NTLM Relay. « required » = protégé. C'est le genre d'info qu'un auditeur de sécurité note dans son rapport d'audit.
Pour finir
Ton antisèche
| Je veux… | Commande / chemin |
|---|---|
| accéder à un partage | \\IP-serveur\NomDuPartage |
| voir les partages d'une machine | net view \\IP (Win) · smbclient -L //IP -U … (Linux) |
| voir TOUS mes partages (serveur) | net share (cachés + admin compris) |
| mapper un lecteur | net use Z: \\IP\Partage |
| voir mes lecteurs mappés | net use (sans rien) |
| déconnecter un lecteur | net use Z: /delete |
| créer un compte de partage | net user gsbpartage MotDePasse! /add |
| voir qui est connecté (serveur) | net session |
| purger un identifiant en cache | cmdkey /delete:IP |
| partage caché | nom finissant par $ (ex. Direction$) |
| mapper avec identifiants | net use Z: \\IP\Partage /user:gsbpartage MotDePasse123! |
| mapper en persistant (reboot) | net use Z: \\IP\Partage /persistent:yes |
| tester port 445 | Test-NetConnection -ComputerName IP -Port 445 (PowerShell) |
| vérifier service SMB | Get-Service LanmanServer |
| vérifier SMB Signing | Get-SmbServerConfiguration | Select …SecuritySignature |
| partager (Linux) | Samba : sudo apt install samba → /etc/samba/smb.conf → testparm → sudo systemctl restart smbd |
Vérifie tes acquis
- Qu'est-ce qu'un partage réseau ? Qui est « serveur », qui est « client » ?
- Quel protocole permet le partage de fichiers entre Windows (et Linux via Samba) ?
- Quels sont les deux niveaux de droits d'un partage Windows, et lequel l'emporte ?
- Comment écris-tu le chemin pour accéder à un dossier
Docspartagé sur192.168.1.5? - À quoi sert « mapper » un lecteur réseau ?
- Pourquoi faut-il tester les droits depuis le client, pas depuis le serveur ?
- Pourquoi vaut-il mieux un compte dédié que « Tout le monde » ?
- Qu'est-ce qu'un partage caché, et caché veut-il dire protégé ?
- À quoi servent les partages
C$/ADMIN$, et qui peut y accéder ? - Quelle commande, sur le serveur, montre quels clients sont connectés ?
Corrigé auto — vérifie tes réponses
| Q | Réponse attendue |
|---|---|
| 1 | Un partage réseau = un dossier stocké sur une machine (le serveur du partage) et accessible depuis d'autres machines (les clients). Le dossier reste physiquement sur le serveur ; le client y accède à distance par le réseau SMB. |
| 2 | SMB (Server Message Block), port 445. Linux l'implémente via Samba. |
| 3 | Les droits de partage (onglet Partage — filtre l'accès réseau) et les droits NTFS (onglet Sécurité — droits du dossier lui-même). Le droit effectif = le plus restrictif des deux. Si l'un dit Lecture seule et l'autre Lecture/écriture → résultat : Lecture seule. |
| 4 | \\192.168.1.5\Docs — deux antislashs, puis l'IP (ou le nom) du serveur, puis le nom du partage (sensible à la casse exacte donnée lors du partage). |
| 5 | Donner une lettre de lecteur (ex. Z:) à un partage réseau, pour y accéder comme à un disque local. Pratique + peut être reconfigurée automatiquement à chaque démarrage. |
| 6 | Parce que depuis le serveur, le propriétaire a toujours accès complet (les droits réseau ne s'appliquent qu'à l'accès distant). Seul un test depuis une autre machine reproduit les conditions réelles de l'utilisateur final. |
| 7 | Traçabilité (on sait qui s'est connecté), moindre privilège (seul ce compte entre), révocation simple (on désactive le compte). « Tout le monde » = aucun log utile, aucune maîtrise. |
| 8 | Un partage dont le nom finit par $ : il n'apparaît pas dans net view ni dans l'Explorateur lors de la navigation. Mais il reste accessible si on connaît son nom exact. Caché ≠ protégé : les droits (partage + NTFS) protègent vraiment. |
| 9 | C$ = tout le disque C:, ADMIN$ = dossier Windows, IPC$ = canal de communication technique. Créés automatiquement par Windows, invisibles dans net view, accessibles uniquement aux administrateurs locaux du serveur. |
| 10 | net session (depuis une invite admin sur le serveur) — affiche l'IP, le compte et la durée des connexions actives. |
Tu es bloqué ?
Le client ne voit pas le serveur ? → le ping passe-t-il ? Découverte réseau activée ? Profil réseau « Privé » ? Pare-feu (port 445) ? (ch. 1)
« Accès refusé » à l'ouverture ? → vérifie les droits NTFS (onglet Sécurité), pas seulement le partage (ch. 3).
On me demande un mot de passe ? → utilise un compte qui existe sur le serveur (ex. gsbpartage, ch. 4).
Mauvais compte mémorisé / jamais redemandé ? → purge le cache : cmdkey /delete:IP (ch. 5).
« Le nom de l'unité locale est déjà utilisé » ? → la lettre est prise : net use Z: /delete ou choisis-en une autre (ch. 6).
smbclient introuvable / ACCESS_DENIED (Linux) ? → sudo apt install smbclient et bon compte serveur (ch. 11).
Un mot incompris ? → glossaire ci-dessous.
Glossaire
| Mot | Définition |
|---|---|
| Partage | un dossier rendu accessible depuis le réseau |
| SMB | le protocole de partage de fichiers (Windows ; Linux via Samba) |
| Samba | l'implémentation de SMB côté Linux (pour partager depuis Linux) |
| Serveur / Client | la machine qui héberge le partage / celle qui y accède |
| Droits de partage | qui accède via le réseau (onglet Partage) |
| Droits NTFS | droits du dossier lui-même (onglet Sécurité) ; le plus restrictif l'emporte |
| Mapper | donner une lettre de lecteur (Z:) à un partage |
| Chemin UNC | l'écriture \\machine\partage |
| Port 445 | le « canal » réseau sur lequel circule SMB (à laisser passer dans le pare-feu) |
| Partage caché | partage dont le nom finit par $ : invisible mais accessible si on connaît son nom |
| Partage administratif | partage créé par Windows (C$, ADMIN$, IPC$), réservé aux administrateurs |
| Session | connexion ouverte d'un client vers le serveur (visible par net session) |
| Compte dédié | compte créé uniquement pour le partage (bonne pratique vs « Tout le monde ») |
La prochaine fois
Tu sais partager des données entre machines. On va apprendre à les protéger : sauvegarder et restaurer, pour ne jamais rien perdre.
Compétences mobilisées
référentiel BTS SIO SLAM
Bloc 1 · Support et mise à disposition de services informatiques
C1.5 — Mettre à disposition des utilisateurs un service informatique
→ Installer et configurer des services
→ Vérifier la disponibilité et la performance
→ Assurer un support de premier niveau