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Chapitre 921 minIntermédiaire

TLS 1.3 et HTTPS : comment fonctionne la poignée de main

Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Mis à jour le .

À la fin de ce chapitre, tu sauras

  • dire ce que TLS protège et ce qu'il ne protège pas ;
  • dérouler la poignée de main TLS 1.3 ;
  • expliquer la confidentialité persistante ;
  • tester un serveur avec openssl s_client et configurer HTTPS avec HSTS ;
  • choisir où terminer TLS derrière un répartiteur de charge.

5 exercices corrigés1 schéma

TLS (Transport Layer Security) est le protocole qui chiffre et authentifie une connexion entre un client et un serveur ; HTTPS, c'est simplement HTTP transporté dans une connexion TLS, sur le port 443. Au début de chaque connexion, une poignée de main (handshake) permet au client de vérifier l'identité du serveur grâce à son certificat et aux deux parties de convenir d'une clé de session, qui chiffre ensuite tous les échanges en AES-GCM ou ChaCha20. Ce chapitre explique ce que TLS protège et ne protège pas, déroule la poignée de main TLS 1.3, montre comment tester un serveur et configurer HTTPS correctement.

Ce que TLS protège, et ce qu'il ne protège pas

TLS assemble toutes les briques des chapitres précédents : l'échange de clés Diffie-Hellman sur courbe elliptique (chapitre 4), le certificat et la signature (chapitres 7 et 8), le chiffrement authentifié (chapitre 3). Il apporte trois garanties :

  • la confidentialité des données échangées : un espion ne voit que des octets chiffrés ;
  • l'intégrité : toute modification d'un paquet en transit est détectée et la connexion est coupée ;
  • l'authenticité du serveur : le certificat prouve que le client parle au bon serveur (et, si on le configure, l'authenticité du client avec un certificat client, en TLS mutuel).

Il ne fait pas tout :

TLS ne protège pas…Pourquoi
Ce qui se passe sur le serveur ou sur le posteLes données sont déchiffrées aux deux extrémités : une injection SQL, un poste infecté ou une base mal protégée restent possibles
Les métadonnéesL'espion voit les adresses IP, l'heure, le volume des échanges, et en général le nom du site demandé (champ SNI du premier message et requête DNS, sauf si l'extension ECH, en cours de déploiement, et le DNS chiffré sont utilisés)
Contre un faux site au nom ressemblantUn site d'hameçonnage peut obtenir un certificat DV valide pour portail-helianthe-resultats.example : le cadenas prouve que la connexion est chiffrée, pas que le site est honnête
L'adresse complète dans les journaux et l'historiqueLe chemin et les paramètres de l'URL sont chiffrés en transit, mais enregistrés dans l'historique du navigateur et les journaux du serveur

Les versions : de SSL à TLS 1.3

VersionAnnéeStatut en 2026
SSL 2.0, SSL 3.01995, 1996Interdits ; SSL 3.0 a été cassé par l'attaque POODLE en 2014
TLS 1.0, TLS 1.11999, 2006Officiellement obsolètes depuis la RFC 8996 (2021), désactivés dans tous les navigateurs
TLS 1.22008Acceptable, avec des suites ECDHE et AES-GCM ou ChaCha20 uniquement
TLS 1.32018 (RFC 8446)Recommandé : plus rapide, plus simple, sans option faible

On dit encore « certificat SSL » par habitude, mais SSL n'existe plus : un serveur correctement configuré n'accepte que TLS 1.2 et TLS 1.3. TLS 1.3 a fait le ménage : plus d'échange de clés RSA statique (qui ne garantissait pas la confidentialité persistante), plus de mode CBC, plus de MD5 ni de SHA-1, plus de compression ; il ne reste que des mécanismes sûrs.

La poignée de main TLS 1.3 étape par étape

En TLS 1.3, la poignée de main ne prend qu'un aller-retour entre le client et le serveur avant l'envoi des données (contre deux en TLS 1.2).

NavigateurServeurClientHello : versions, suites, part de clé, SNIServerHello : suite choisie, part de cléCertificate : certificat et chaîneCertificateVerify : signature (clé privée)Finished (serveur)Finished (client)Chacun calcule le secret ECDHEet en dérive les clés de sessionDonnées HTTP chiffrées (AES-GCM ou ChaCha20)en clairchiffré
La poignée de main TLS 1.3 : un aller-retour, puis tout est chiffré, y compris le certificat
  1. ClientHello (en clair). Le navigateur annonce les versions et les suites de chiffrement qu'il accepte, le nom du site demandé (extension SNI, pour qu'un serveur qui héberge plusieurs sites choisisse le bon certificat) et, déjà, sa part de clé Diffie-Hellman éphémère (key share), le plus souvent sur la courbe X25519, ou en mode hybride post-quantique X25519MLKEM768 (chapitre 11).
  2. ServerHello (en clair). Le serveur choisit la suite et renvoie sa propre part de clé. Les deux parties calculent alors le même secret partagé (ECDHE), dont elles dérivent les clés de session avec la fonction HKDF.
  3. Tout ce qui suit est chiffré. Le serveur envoie son certificat et la chaîne, puis CertificateVerify : une signature, avec la clé privée du certificat, de tous les messages échangés jusque-là. C'est elle qui prouve que le serveur possède la clé privée et que personne n'a modifié la négociation. Puis Finished, un HMAC de la poignée de main.
  4. Le client vérifie la chaîne de certificats, le nom, la signature CertificateVerify, puis envoie son Finished.
  5. Les données applicatives (la requête HTTP, la réponse) circulent chiffrées et authentifiées avec la clé de session.

Pour une reconnexion rapide, TLS 1.3 propose la reprise de session et même le mode 0-RTT, où le client envoie des données dès son premier message. Ces données peuvent être rejouées par un attaquant : on ne l'autorise que pour des requêtes sans effet (lecture d'une page), jamais pour un paiement ou une modification.

La confidentialité persistante

En TLS 1.2 avec l'ancien échange de clés RSA, le client choisissait la clé de session et l'envoyait chiffrée avec la clé publique du serveur. Un attaquant qui enregistrait le trafic pendant des années, puis volait un jour la clé privée du serveur, pouvait tout déchiffrer rétroactivement.

Avec l'échange éphémère (ECDHE), obligatoire en TLS 1.3, les secrets Diffie-Hellman sont tirés pour chaque connexion puis effacés. La clé privée du certificat ne sert qu'à signer, jamais à chiffrer la clé de session. Voler la clé privée du serveur permet d'usurper son identité à l'avenir (d'où la révocation), mais pas de déchiffrer les conversations passées. C'est la confidentialité persistante (forward secrecy).

Les suites de chiffrement de TLS 1.3

Une suite de chiffrement nomme les algorithmes utilisés. En TLS 1.2, le nom les décrivait tous : ECDHE-RSA-AES256-GCM-SHA384 signifie échange ECDHE, authentification par certificat RSA, chiffrement AES-256 en mode GCM, et SHA-384 pour la dérivation. En TLS 1.3, l'échange est toujours (EC)DHE et l'authentification dépend du certificat : la suite ne nomme plus que le chiffrement authentifié et la fonction de hachage. La RFC 8446 en définit cinq :

Suite TLS 1.3Remarque
TLS_AES_128_GCM_SHA256Obligatoire pour toute implémentation
TLS_AES_256_GCM_SHA384Très courante, recommandée pour la marge de sécurité
TLS_CHACHA20_POLY1305_SHA256Rapide sur les processeurs sans instructions AES
TLS_AES_128_CCM_SHA256, TLS_AES_128_CCM_8_SHA256Pour les objets connectés ; la variante CCM_8, à étiquette courte, est déconseillée

Tester une connexion TLS

openssl s_client ouvre une connexion TLS et affiche ce qui a été négocié :

bash
echo | openssl s_client -connect portail.helianthe.example:443 -servername portail.helianthe.example -brief
# CONNECTION ESTABLISHED
# Protocol version: TLSv1.3
# Ciphersuite: TLS_AES_256_GCM_SHA384
# Peer certificate: CN=portail.helianthe.example
# Hash used: SHA256
# Signature type: ecdsa_secp256r1_sha256
# Verification: OK
# Negotiated TLS1.3 group: X25519MLKEM768

Tu y lis la version (TLS 1.3), la suite (AES-256-GCM), le certificat présenté, la signature utilisée (ECDSA sur P-256), le résultat de la vérification de la chaîne et le groupe d'échange de clés (ici l'hybride post-quantique). D'autres outils :

OutilUsage
openssl s_client -connect site:443 -tls1_1 -cipher 'DEFAULT:@SECLEVEL=0'Vérifier qu'une ancienne version est bien refusée par le serveur (la connexion doit échouer). Sans @SECLEVEL=0, OpenSSL 3 refuse lui-même TLS 1.1 et le test ne prouve rien : préfère nmap --script ssl-enum-ciphers ou testssl.sh
openssl s_client -connect site:443 -showcertsAfficher la chaîne de certificats envoyée par le serveur
curl -vI https://siteVoir la version, la suite et la vérification du certificat pendant une requête
nmap --script ssl-enum-ciphers -p 443 siteLister les versions et suites acceptées, avec une note
testssl.sh, SSL Labs (Qualys)Audit complet d'un serveur public ou interne

Configurer HTTPS sur un serveur web

Une configuration nginx propre pour le portail : redirection permanente de HTTP vers HTTPS, TLS 1.2 et 1.3 seulement, en-tête HSTS. certbot remplit les chemins des certificats (chapitre 8).

nginx
server {
    listen 80;
    server_name portail.helianthe.example;
    return 301 https://$host$request_uri;          # tout le trafic HTTP part vers HTTPS
}

server {
    listen 443 ssl;
    http2 on;
    server_name portail.helianthe.example;

    ssl_certificate     /etc/letsencrypt/live/portail.helianthe.example/fullchain.pem;
    ssl_certificate_key /etc/letsencrypt/live/portail.helianthe.example/privkey.pem;
    ssl_protocols TLSv1.2 TLSv1.3;                  # ni SSL, ni TLS 1.0, ni TLS 1.1

    add_header Strict-Transport-Security "max-age=63072000; includeSubDomains" always;
}

Le fichier fullchain.pem contient le certificat du serveur et l'intermédiaire : sans l'intermédiaire, certains clients ne peuvent pas remonter la chaîne. Pour Apache, les directives équivalentes sont SSLEngine on, SSLCertificateFile, SSLCertificateKeyFile et SSLProtocol -all +TLSv1.2 +TLSv1.3. Pour choisir les suites, pars des profils du générateur de configuration de Mozilla (profil « intermédiaire » pour un site public) et des recommandations de l'ANSSI sur TLS.

HSTS (HTTP Strict Transport Security, RFC 6797) indique au navigateur de n'utiliser que HTTPS pour ce domaine pendant la durée max-age (ici deux ans), même si l'utilisateur tape http://. Sans HSTS, la toute première requête part en HTTP, et un attaquant sur le réseau peut l'intercepter et maintenir la victime en HTTP (attaque de rétrogradation, dite SSL stripping). Deux autres réglages vont avec : les cookies de session marqués Secure (jamais envoyés en HTTP) et HttpOnly, et l'absence de contenu mixte (une page HTTPS qui charge un script en HTTP perd sa protection ; les navigateurs bloquent ces ressources).

TLS partout : courriel, annuaires, bases de données

TLS ne sert pas qu'au web. Tous les protocoles qui transportent des identifiants ou des données personnelles doivent passer dans TLS, ou être remplacés par une version chiffrée :

Protocole en clairVersion protégéePort usuel
HTTP (80)HTTPS443
SMTP de soumissionSMTP avec STARTTLS, ou TLS implicite587, 465
IMAP (143), POP3 (110)IMAPS, POP3S993, 995
LDAP (389)LDAPS, ou LDAP avec StartTLS636
FTP (21)FTPS (TLS) ou, plus simple, SFTP (SSH)990, 22
Telnet (23)SSH (protocole différent de TLS, mêmes principes)22
MySQL, PostgreSQLMême port, connexion TLS exigée par le serveur3306, 5432

STARTTLS démarre une connexion en clair puis la fait passer en TLS ; un attaquant peut supprimer l'annonce de STARTTLS et laisser la connexion en clair. Le TLS implicite (port 465 pour la soumission de courriel, 993 pour IMAPS) chiffre dès le début et doit être préféré. Pour MySQL, le cours SQL montre comment exiger TLS (require_secure_transport = ON).

HTTPS derrière un répartiteur de charge : terminaison TLS ou pass-through

Quand plusieurs serveurs web se partagent le trafic derrière un répartiteur de charge (HAProxy, nginx, l'équilibreur d'un fournisseur cloud), il faut décider où se termine la connexion TLS, c'est-à-dire quelle machine détient le certificat et sa clé privée, et déchiffre les requêtes.

StratégieOù sont les certificatsJusqu'où le trafic est chiffréIntérêtLimite
Terminaison TLS (TLS offloading)Sur le répartiteurDu client jusqu'au répartiteur ; en clair ensuite vers les serveursUn seul certificat à gérer ; le répartiteur lit le HTTP, donc peut répartir selon l'URL ou un cookie et filtrer (pare-feu applicatif) ; les serveurs n'ont plus à chiffrerTrafic en clair entre le répartiteur et les serveurs ; la clé privée est concentrée sur le répartiteur
Ré-chiffrement (TLS bridging)Sur le répartiteur et sur chaque serveurPartout, en deux connexions TLS successivesLe répartiteur lit le HTTP sans laisser de clair sur le réseauDeux fois plus de certificats et de calcul
Passage direct (TLS pass-through)Sur chaque serveurDu client jusqu'au serveur, de bout en boutLa clé privée ne quitte pas les serveursLe répartiteur ne voit que des connexions TCP : il ne peut pas lire l'URL ni les cookies, seulement le nom demandé dans le SNI

Dans HAProxy, la terminaison se configure dans un frontend en mode http avec bind *:443 ssl crt /etc/haproxy/certs/site.pem ; le ré-chiffrement ajoute ssl verify required ca-file /etc/haproxy/ca-interne.pem sur chaque ligne server ; le pass-through utilise un frontend en mode tcp, sans le mot-clé ssl.

Pour un site ouvert au public, le certificat présenté aux visiteurs doit venir d'une autorité reconnue par les navigateurs : un certificat d'autorité interne ou autosigné provoque une alerte chez chaque visiteur, et des utilisateurs habitués à cliquer sur « Continuer » ne verront plus la différence avec une vraie attaque de l'homme du milieu. Entre le répartiteur et les serveurs, dans le réseau de l'organisation, un certificat d'autorité interne suffit.

L'inspection TLS en entreprise

Le chiffrement empêche aussi le pare-feu, l'antivirus de passerelle et le détecteur d'intrusion de voir ce qui entre et sort : un logiciel malveillant téléchargé ou une exfiltration de données passent dans le tunnel. Certaines organisations installent donc un proxy qui déchiffre le trafic HTTPS : il établit la connexion TLS avec le site à la place du poste, puis présente au poste un certificat généré à la volée, signé par une autorité interne déployée sur tous les postes gérés.

C'est techniquement une attaque de l'homme du milieu, autorisée et maîtrisée. Elle impose des précautions, que détaillent les recommandations de l'ANSSI sur l'analyse des flux HTTPS : informer les salariés (charte informatique, consultation du CSE), exclure les sites de santé, de banque et les services publics personnels, protéger les journaux du proxy, et sécuriser la clé de l'autorité qui signe les faux certificats, car elle peut usurper n'importe quel site auprès des postes de l'organisation.

À l'E7 : comment la notion est demandée

  • Justifier HTTPS. Un sujet SLAM de la session 2025 (cas Kirassur) : une API reçoit une clé d'accès dans l'adresse ; il faut expliquer l'événement redouté en HTTP (l'interception de la clé par un tiers sur le réseau, puis son utilisation frauduleuse) et comment HTTPS en protège (chiffrement des échanges, y compris l'URL, après authentification du serveur par son certificat). Puis expliquer pourquoi, malgré HTTPS, on ne renvoie pas cette clé à l'assuré : HTTPS protège le transport, pas ce que le destinataire fait de la clé ni les endroits où elle reste écrite (historique, journaux, poste partagé). Le moindre privilège impose de donner à chacun un jeton personnel et limité dans le temps.
  • Le portail captif. Le sujet SISR 2025 (cas Blanca) fait écrire les règles qui redirigent le trafic HTTP et HTTPS des invités vers la page d'authentification du portail captif, présentée en HTTPS avec un certificat d'autorité interne. Intercepter une connexion HTTPS pour la rediriger provoque un avertissement de certificat : c'est le comportement normal d'un navigateur face à une interception.
  • Repérer un protocole non chiffré. Le même sujet signale dans une capture de trames un partage de fichiers en SMB version 2, « non chiffré » : la réponse attendue propose de passer à SMB 3 avec chiffrement, comme on remplace Telnet par SSH ou FTP par SFTP.
  • Déchiffrer HTTPS sur le pare-feu. Le sujet SISR 2024 (cas Clinique Martin) consacre une mission entière à l'inspection TLS décrite plus haut : expliquer pourquoi HTTPS complique la lutte contre les rançongiciels (le pare-feu, l'antivirus et la détection d'intrusion ne voient ni les téléchargements malveillants ni les exfiltrations qui passent dans le tunnel) ; schématiser le proxy SSL d'un pare-feu Stormshield en montrant les zones chiffrées (deux connexions TLS) et la zone en clair (dans le pare-feu) ; expliquer pourquoi une inspection sur le flux HTTPS exige une règle de déchiffrement préalable ; peser avantages et inconvénients à l'aide des recommandations de l'ANSSI ; diagnostiquer l'erreur de certificat d'un poste qui ne connaît pas l'autorité du proxy (remède : déployer son certificat racine sur les postes, par stratégie de groupe) ; citer les obligations envers les salariés et la CNIL. Le corrigé du sujet SISR 2024 Clinique Martin détaille chaque réponse.
  • Terminaison TLS sur un répartiteur. Le sujet SISR 2023 (cas ville du Parc) demande pourquoi une mairie doit utiliser, avec ses administrés, un certificat TLS issu d'une autorité publique, puis, pour chacune des deux stratégies décrites (terminaison TLS et pass-through sur des répartiteurs HAProxy), sur quelles machines installer les certificats et jusqu'où les communications sont chiffrées : c'est le tableau de la section précédente.
  • Syslog sur TLS. Le sujet SISR 2025 de Nouvelle-Calédonie (cas Everest) fait expliquer en quoi les certificats assurent l'authentification, la confidentialité et l'intégrité des journaux envoyés au serveur central. Le certificat du serveur de journaux (et celui de chaque émetteur, si on l'exige) authentifie les extrémités ; la clé de session convenue pendant la poignée de main chiffre les messages ; chaque enregistrement TLS est protégé par un chiffrement authentifié (AES-GCM ou ChaCha20-Poly1305), qui détecte toute modification.

Pour aller plus loin. Le proxy qui déchiffre le trafic HTTPS des salariés, ses règles d'exclusion et son cadre légal sont expliqués dans le chapitre Proxy, filtrage web et inspection TLS du cours Cybersécurité des infrastructures.

Exercices

Exercice 1 sur 5 Remettre la poignée de main dans l'ordre Réussi À revoir

Remets dans l'ordre les messages d'une poignée de main TLS 1.3 et indique ceux qui circulent en clair : Finished (client), Certificate, ServerHello, données HTTP, ClientHello, CertificateVerify, Finished (serveur).

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 1
  1. ClientHello (en clair) ; 2. ServerHello (en clair) ; 3. Certificate ; 4. CertificateVerify ; 5. Finished (serveur) ; 6. Finished (client) ; 7. données HTTP.

Seuls ClientHello et ServerHello circulent en clair : dès que les parts de clé ECDHE ont été échangées, tout est chiffré, y compris le certificat du serveur (ce qui n'était pas le cas en TLS 1.2).

Tu avais trouvé ?

Exercice 2 sur 5 Lire un test de connexion Réussi À revoir

Un technicien obtient ceci en testant le serveur de messagerie interne :

text
Protocol version: TLSv1.2
Ciphersuite: ECDHE-RSA-AES256-GCM-SHA384
Peer certificate: CN=mail.helianthe.lan
Verification error: unable to get local issuer certificate
  1. Explique chaque partie du nom de la suite.
  2. La connexion offre-t-elle la confidentialité persistante ?
  3. Que signifie l'erreur de vérification, et quelles sont ses deux causes possibles ?
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 2
  1. ECDHE : échange de clés Diffie-Hellman éphémère sur courbe elliptique ; RSA : le serveur s'authentifie avec un certificat à clé RSA ; AES256-GCM : chiffrement authentifié AES-256 en mode GCM ; SHA384 : fonction de hachage utilisée pour dériver les clés.
  2. Oui, grâce à l'échange éphémère (ECDHE) : la clé privée RSA ne sert qu'à signer.
  3. Le client n'a pas pu remonter la chaîne jusqu'à une racine de confiance. Soit le serveur n'envoie pas le certificat de l'intermédiaire (il faut configurer la chaîne complète), soit la racine interne n'est pas installée sur la machine du technicien (il faut l'ajouter au magasin de confiance, ou l'indiquer à OpenSSL avec -CAfile).

Tu avais trouvé ?

Exercice 3 sur 5 Que voit l'espion ? Réussi À revoir

Un patient consulte ses résultats sur https://portail.helianthe.example/resultats?dossier=1042 depuis le Wi-Fi public d'une gare. Un attaquant capture tout le trafic du réseau. Qu'apprend-il ?

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 3

Il voit l'adresse IP du patient et celle du serveur, l'heure et le volume des échanges, et le nom du site (portail.helianthe.example, dans le champ SNI du ClientHello et dans la requête DNS, s'ils ne sont pas chiffrés).

Il ne voit pas le chemin /resultats, le paramètre dossier=1042, les cookies, ni le contenu des pages : tout cela circule dans le tunnel chiffré. Il ne peut pas non plus modifier les échanges sans que la connexion soit coupée.

Tu avais trouvé ?

Exercice 4 sur 5 Corriger une configuration Réussi À revoir

Voici la configuration d'un site :

nginx
server {
    listen 80;
    listen 443 ssl;
    server_name portail.helianthe.example;
    ssl_certificate     /etc/ssl/portail.crt;
    ssl_certificate_key /etc/ssl/portail.key;
    ssl_protocols TLSv1 TLSv1.1 TLSv1.2;
}

Relève trois défauts et corrige.

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 4
  • Le site répond aussi en HTTP (port 80) sans rediriger : les utilisateurs peuvent rester en clair. Il faut un bloc server sur le port 80 qui fait return 301 https://$host$request_uri;.
  • TLS 1.0 et 1.1 sont acceptés, alors qu'ils sont obsolètes ; TLS 1.3 est absent. Écrire ssl_protocols TLSv1.2 TLSv1.3;.
  • Pas d'en-tête HSTS : ajouter add_header Strict-Transport-Security "max-age=63072000; includeSubDomains" always;.
  • (Bonus) Vérifier que portail.crt contient la chaîne complète (certificat et intermédiaire), et que portail.key n'est lisible que par root et le service web.

Tu avais trouvé ?

Exercice 5 sur 5 La clé dans l'adresse Réussi À revoir

Une API partenaire s'appelle ainsi : https://api.helianthe.example/commandes?cleAPI=ABCD-1234-EFGH.

  1. HTTPS protège-t-il la clé pendant le transport ?
  2. Où la clé risque-t-elle malgré tout d'apparaître en clair ?
  3. Que proposes-tu ?
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 5
  1. Oui : le chemin et les paramètres de l'URL font partie de la requête HTTP, chiffrée dans le tunnel TLS. Un espion sur le réseau ne la voit pas.
  2. Dans les journaux d'accès du serveur web, de l'équilibreur de charge ou du proxy (qui enregistrent l'URL complète), dans l'historique et les marque-pages du navigateur, dans l'en-tête Referer envoyé à d'autres sites, dans les outils de supervision.
  3. Transmettre la clé dans un en-tête HTTP (Authorization ou X-API-Key), qui n'est pas journalisé par défaut ; ou mieux, remplacer la clé permanente par une signature HMAC de chaque requête ou par un jeton à durée de vie courte. Et changer la clé actuelle, puisqu'elle a probablement été journalisée.

Tu avais trouvé ?

Chapitre terminé !

Fais les 5 exercices avant de passer à la suite : c'est en t'entraînant que tout se fixe.

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