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Chapitre 825 minIntermédiaire

OSPF : configurer le routage dynamique

Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Mis à jour le .

À la fin de ce chapitre, tu sauras

  • expliquer le fonctionnement d'OSPF et ce qui le distingue de RIP ;
  • calculer le coût d'un chemin et régler la bande passante de référence ;
  • configurer OSPF en aire unique avec des interfaces passives ;
  • vérifier les voisins et les routes, et dépanner une adjacence.

6 exercices corrigés1 schéma

OSPF (Open Shortest Path First) est un protocole de routage dynamique : les routeurs d'un même réseau se découvrent, s'échangent la description de leurs liens et calculent chacun, avec l'algorithme de Dijkstra, le chemin le moins coûteux vers chaque réseau. Quand un lien tombe, ils le détectent et recalculent en quelques secondes. Ce chapitre situe OSPF parmi les protocoles de routage (RIP n'y apparaît que comme repère historique), explique ses mécanismes (voisins, base de données, coût, aires, DR), puis le configure en aire unique entre les trois sites de Sorbier.

Pourquoi un protocole de routage

Le chapitre 7 a montré les limites des routes statiques : chaque réseau ajouté se déclare à la main sur chaque équipement, et une panne chez l'opérateur ne fait pas basculer les routes de secours. Un protocole de routage dynamique automatise les deux :

  • chaque routeur annonce les réseaux qu'il connaît ; les autres les apprennent ;
  • les routeurs voisins s'envoient régulièrement des messages ; quand un voisin se tait, ses routes sont retirées et un autre chemin est calculé.

On distingue les protocoles intérieurs (IGP), utilisés à l'intérieur d'une organisation (OSPF, IS-IS, EIGRP, RIP), et le protocole extérieur d'Internet, BGP, qui relie les réseaux des opérateurs et des grandes entreprises entre eux.

RIP, le repère historique

RIP (Routing Information Protocol, version 2 depuis 1998) est le premier protocole qu'on apprenait, et il apparaît encore dans les vieux sujets. C'est un protocole à vecteur de distance : chaque routeur envoie toute sa table à ses voisins toutes les 30 secondes, et chacun retient, pour chaque réseau, le voisin qui l'annonce au plus petit nombre de sauts. Ses défauts l'ont rendu obsolète :

  • la métrique ignore le débit : un chemin de deux sauts à 100 Mbit/s bat un chemin de trois sauts à 10 Gbit/s ;
  • 15 sauts au maximum (16 signifie « injoignable ») ;
  • une convergence lente : une panne met plusieurs minutes à se propager, avec des risques de boucles temporaires ;
  • chaque routeur ne connaît que ce que lui disent ses voisins (« routage par la rumeur »), sans vue d'ensemble.

Sa configuration tenait en quatre lignes (router rip, version 2, no auto-summary, puis une ligne network par réseau connecté) ; sa distance administrative est 120. Retiens qu'il existe et pourquoi on ne le déploie plus : en entreprise, on utilise OSPF.

Le principe d'OSPF : chaque routeur a la carte

OSPF est un protocole à état de liens (link state). Au lieu de se transmettre des tables de routage toutes faites, les routeurs se transmettent la description de leurs liens : « je suis R-LYON, j'ai un lien de coût 10 vers R-STPRIEST, un lien de coût 100 vers R-MARSEILLE, et ces réseaux-là ». Chaque description s'appelle une LSA (Link State Advertisement). Toutes les LSA sont recopiées sur tous les routeurs de la zone, qui disposent ainsi de la même base de données (LSDB) : la carte complète du réseau.

Chaque routeur lance ensuite, depuis lui-même, l'algorithme du plus court chemin de Dijkstra (Shortest Path First, d'où le nom) sur cette carte, et en déduit, pour chaque réseau, le premier saut à emprunter : c'est sa table de routage. Le fonctionnement de l'algorithme est détaillé dans le chapitre Algorithme de Dijkstra du cours de mathématiques.

Quand un lien change d'état, les routeurs qui le touchent émettent une nouvelle LSA, aussitôt propagée ; chacun recalcule. La convergence se compte en secondes.

Les voisins et les messages hello

Les routeurs OSPF se découvrent en envoyant des messages hello sur leurs interfaces, à l'adresse multicast 224.0.0.5 (tous les routeurs OSPF), directement dans IP (protocole numéro 89). Par défaut, un hello part toutes les 10 secondes, et un voisin est déclaré mort après 40 secondes de silence (dead interval).

Deux routeurs deviennent voisins puis adjacents (ils synchronisent leurs bases) seulement s'ils sont d'accord sur plusieurs paramètres, inscrits dans le hello :

ParamètreDoit être identique des deux côtés
Le réseau IP et le masque de l'interfaceOui (même sous-réseau)
Le numéro d'aireOui
Les minuteries hello et deadOui
L'authentification (type et clé)Oui
Le MTU de l'interfaceOui, sinon l'échange de la base bloque
L'identifiant de routeur (router ID)Non : il doit au contraire être unique

Une adjacence passe par plusieurs états : Down, Init (j'ai reçu ton hello), 2-Way (tu m'as vu aussi), ExStart et Exchange (on compare nos bases), Loading (je te demande ce qui me manque), enfin Full (bases synchronisées). Un voisin bloqué ailleurs qu'en Full (ou en 2-Way entre deux routeurs qui ne sont pas DR, voir plus bas) signale un problème.

L'identifiant de routeur

Chaque routeur OSPF a un router ID, un nombre de 32 bits écrit comme une adresse IPv4. Il est choisi, dans l'ordre :

  1. par la commande router-id ;
  2. sinon, la plus haute adresse IP d'une interface loopback ;
  3. sinon, la plus haute adresse IP d'une interface active.

Fixe-le toujours à la main : un identifiant qui change au gré des interfaces rend la lecture des tables pénible, et deux routeurs avec le même identifiant ne fonctionnent pas. Chez Sorbier : SW-COEUR 1.1.1.1, R-LYON 2.2.2.2, R-MARSEILLE 3.3.3.3, R-STPRIEST 4.4.4.4.

Le coût

La métrique d'OSPF est le coût. Chaque interface a un coût, calculé par défaut à partir de son débit :

text
coût = bande passante de référence / bande passante de l'interface

La bande passante de référence vaut 100 Mbit/s par défaut, une valeur fixée à l'époque où 100 Mbit/s était un lien rapide. Résultat : un port à 100 Mbit/s, à 1 Gbit/s ou à 10 Gbit/s coûtent tous 1 (le coût ne descend pas sous 1), et OSPF ne fait plus la différence. On relève donc la référence, sur tous les routeurs :

text
R-LYON(config-router)# auto-cost reference-bandwidth 10000
Débit de l'interfaceCoût (référence 100 Mbit/s)Coût (référence 10 000 Mbit/s)
10 Mbit/s101 000
100 Mbit/s1100
1 Gbit/s110
10 Gbit/s11

Le coût d'un chemin est la somme des coûts des interfaces de sortie traversées, jusqu'au réseau de destination compris. On peut aussi fixer le coût d'une interface à la main, avec ip ospf cost. C'est indispensable chez Sorbier : les trois liens loués arrivent tous sur des ports à 1 Gbit/s, mais le contrat de l'opérateur limite le lien Lyon – Marseille à 100 Mbit/s. OSPF ne voit que le port physique : il faut lui dire que ce lien vaut 100, sur les deux routeurs qui le touchent.

Les aires et le DR

Les aires. Dans un grand réseau, recopier toutes les LSA sur tous les routeurs coûterait trop. OSPF découpe alors le réseau en aires (areas), reliées à une aire centrale obligatoire, l'aire 0 (backbone). Les routeurs à la frontière de deux aires (ABR) résument les routes d'une aire pour les autres. Pour un réseau de la taille de Sorbier, et pour le BTS, une aire unique, l'aire 0, suffit : c'est l'OSPF « mono-aire ».

Le DR et le BDR. Sur un réseau où plusieurs routeurs partagent un même segment Ethernet (quatre routeurs sur un même switch, par exemple), chacun devrait former une adjacence avec tous les autres. OSPF élit un routeur désigné (DR) et un routeur désigné de secours (BDR) : les autres ne synchronisent leur base qu'avec eux, à l'adresse 224.0.0.6. Le DR est le routeur de plus haute priorité OSPF sur cette interface (1 par défaut, 0 = jamais DR), puis, à égalité, de plus haut router ID. L'élection n'est pas préemptive : un routeur plus prioritaire qui arrive après ne prend pas la place.

Sur un lien qui ne relie que deux routeurs, un DR ne sert à rien et retarde l'adjacence. On déclare ces liens en point à point :

text
R-LYON(config-if)# ip ospf network point-to-point

Tous les liens entre les équipements de Sorbier sont des liens à deux : on les passe tous en point à point.

Configurer OSPF chez Sorbier

SW-COEUR annonce les réseaux du siège. Il ne doit parler OSPF qu'avec R-LYON : ses autres interfaces sont passives (leurs réseaux sont annoncés, mais aucun hello n'y est envoyé, ce qui évite qu'un appareil d'un VLAN de postes se fasse passer pour un routeur). Il a la route par défaut vers le pare-feu et l'annonce aux autres :

text
SW-COEUR(config)# router ospf 1
SW-COEUR(config-router)# router-id 1.1.1.1
SW-COEUR(config-router)# auto-cost reference-bandwidth 10000
SW-COEUR(config-router)# network 192.168.10.0 0.0.0.255 area 0
SW-COEUR(config-router)# passive-interface default
SW-COEUR(config-router)# no passive-interface GigabitEthernet1/0/48
SW-COEUR(config-router)# default-information originate
SW-COEUR(config-router)# exit
SW-COEUR(config)# interface GigabitEthernet1/0/48
SW-COEUR(config-if)# ip ospf network point-to-point

R-LYON :

text
R-LYON(config)# router ospf 1
R-LYON(config-router)# router-id 2.2.2.2
R-LYON(config-router)# auto-cost reference-bandwidth 10000
R-LYON(config-router)# network 192.168.10.196 0.0.0.3 area 0
R-LYON(config-router)# network 172.16.0.0 0.0.0.3 area 0
R-LYON(config-router)# network 172.16.0.4 0.0.0.3 area 0
R-LYON(config-router)# exit
R-LYON(config)# interface GigabitEthernet0/0/0
R-LYON(config-if)# ip ospf network point-to-point
R-LYON(config-if)# interface GigabitEthernet0/0/1
R-LYON(config-if)# ip ospf network point-to-point
R-LYON(config-if)# ip ospf cost 100
R-LYON(config-if)# interface GigabitEthernet0/0/2
R-LYON(config-if)# ip ospf network point-to-point

R-MARSEILLE annonce les quatre réseaux de l'agence (un seul network les couvre tous), mais pas son accès Internet, et n'envoie de hello que vers Lyon et Saint-Priest :

text
R-MARSEILLE(config)# router ospf 1
R-MARSEILLE(config-router)# router-id 3.3.3.3
R-MARSEILLE(config-router)# auto-cost reference-bandwidth 10000
R-MARSEILLE(config-router)# network 172.16.0.0 0.0.0.3 area 0
R-MARSEILLE(config-router)# network 172.16.0.8 0.0.0.3 area 0
R-MARSEILLE(config-router)# network 10.30.0.0 0.0.1.255 area 0
R-MARSEILLE(config-router)# passive-interface default
R-MARSEILLE(config-router)# no passive-interface GigabitEthernet0/0/0
R-MARSEILLE(config-router)# no passive-interface GigabitEthernet0/0/2
R-MARSEILLE(config-router)# exit
R-MARSEILLE(config)# interface GigabitEthernet0/0/0
R-MARSEILLE(config-if)# ip ospf network point-to-point
R-MARSEILLE(config-if)# ip ospf cost 100
R-MARSEILLE(config-if)# interface GigabitEthernet0/0/2
R-MARSEILLE(config-if)# ip ospf network point-to-point

R-STPRIEST :

text
R-STPRIEST(config)# router ospf 1
R-STPRIEST(config-router)# router-id 4.4.4.4
R-STPRIEST(config-router)# auto-cost reference-bandwidth 10000
R-STPRIEST(config-router)# network 172.16.0.4 0.0.0.3 area 0
R-STPRIEST(config-router)# network 172.16.0.8 0.0.0.3 area 0
R-STPRIEST(config-router)# network 10.40.0.0 0.0.0.255 area 0
R-STPRIEST(config-router)# passive-interface default
R-STPRIEST(config-router)# no passive-interface GigabitEthernet0/0/0
R-STPRIEST(config-router)# no passive-interface GigabitEthernet0/0/1
R-STPRIEST(config-router)# exit
R-STPRIEST(config)# interface GigabitEthernet0/0/0
R-STPRIEST(config-if)# ip ospf network point-to-point
R-STPRIEST(config-if)# interface GigabitEthernet0/0/1
R-STPRIEST(config-if)# ip ospf network point-to-point

Quelques explications :

  • router ospf 1 : le 1 est un numéro de processus, local au routeur ; il n'a pas à être identique sur les voisins (le numéro d'aire, lui, doit l'être).
  • network <adresse> <masque générique> area 0 : toute interface dont l'adresse tombe dans cette plage participe à OSPF dans l'aire 0, et son réseau est annoncé. Le masque générique (wildcard) est l'inverse du masque : 0.0.0.3 pour un /30, 0.0.1.255 pour un /23 (le masque inversé). La commande ne dit pas « annonce ce réseau », elle dit « active OSPF sur les interfaces qui sont dans cette plage ».
  • passive-interface default puis no passive-interface : toutes les interfaces sont passives, sauf celles qui mènent à un autre routeur OSPF.
  • default-information originate : SW-COEUR, qui a une route par défaut statique vers le pare-feu, l'annonce dans OSPF. Les autres la reçoivent sous la forme O*E2 0.0.0.0/0.

Retirer les routes statiques. Une fois OSPF en place, les routes statiques internes deviennent inutiles, et gênantes : avec leur distance administrative de 1, elles l'emporteraient sur les routes OSPF (110) et figeraient le chemin. On les supprime avec no ip route …. Restent seulement :

  • sur SW-COEUR, la route par défaut vers le pare-feu (que default-information originate annonce), la route vers la DMZ par le pare-feu et la route 192.168.10.0/24 vers Null0 ;
  • sur R-MARSEILLE, la route par défaut vers son accès Internet local. Elle a une distance administrative de 1 et l'emporte sur la route par défaut apprise par OSPF : Marseille continue de sortir par chez lui, et seul son trafic interne passe par les liens loués.

Vérifier OSPF

Les voisins. C'est la première commande à taper :

text
R-LYON# show ip ospf neighbor

Neighbor ID     Pri   State           Dead Time   Address         Interface
1.1.1.1           0   FULL/  -        00:00:36    192.168.10.197  GigabitEthernet0/0/0
3.3.3.3           0   FULL/  -        00:00:33    172.16.0.2      GigabitEthernet0/0/1
4.4.4.4           0   FULL/  -        00:00:38    172.16.0.6      GigabitEthernet0/0/2

Trois voisins, tous en FULL. Le tiret à la place de DR ou BDR confirme les liens en point à point. Le Dead Time décompte : il repart de 40 secondes à chaque hello reçu.

Les routes apprises. Le résultat du calcul de R-LYON :

text
R-LYON# show ip route ospf

Gateway of last resort is 192.168.10.197 to network 0.0.0.0

O*E2  0.0.0.0/0 [110/1] via 192.168.10.197, 00:12:41, GigabitEthernet0/0/0
      10.0.0.0/8 is variably subnetted, 5 subnets, 4 masks
O        10.30.0.0/24 [110/30] via 172.16.0.6, 00:05:02, GigabitEthernet0/0/2
O        10.30.1.0/25 [110/30] via 172.16.0.6, 00:05:02, GigabitEthernet0/0/2
O        10.30.1.128/27 [110/30] via 172.16.0.6, 00:05:02, GigabitEthernet0/0/2
O        10.30.1.160/28 [110/30] via 172.16.0.6, 00:05:02, GigabitEthernet0/0/2
O        10.40.0.0/24 [110/20] via 172.16.0.6, 00:05:02, GigabitEthernet0/0/2
      172.16.0.0/16 is variably subnetted, 5 subnets, 2 masks
O        172.16.0.8/30 [110/20] via 172.16.0.6, 00:05:02, GigabitEthernet0/0/2
      192.168.10.0/24 is variably subnetted, 9 subnets, 5 masks
O        192.168.10.0/26 [110/20] via 192.168.10.197, 00:12:41, GigabitEthernet0/0/0
O        192.168.10.64/26 [110/20] via 192.168.10.197, 00:12:41, GigabitEthernet0/0/0
O        192.168.10.128/27 [110/20] via 192.168.10.197, 00:12:41, GigabitEthernet0/0/0
O        192.168.10.160/28 [110/20] via 192.168.10.197, 00:12:41, GigabitEthernet0/0/0
O        192.168.10.176/28 [110/20] via 192.168.10.197, 00:12:41, GigabitEthernet0/0/0
O        192.168.10.192/30 [110/20] via 192.168.10.197, 00:12:41, GigabitEthernet0/0/0
O        192.168.10.208/28 [110/20] via 192.168.10.197, 00:12:41, GigabitEthernet0/0/0

Lis les chiffres entre crochets : [110/30] = distance administrative d'OSPF, coût total 30. Pour aller au réseau des postes de Marseille, R-LYON passe par Saint-Priest (172.16.0.6) : coût 10 (vers Saint-Priest) + 10 (de Saint-Priest vers Marseille) + 10 (la sous-interface des postes) = 30, contre 100 + 10 = 110 par le lien direct à 100 Mbit/s. C'est exactement ce qu'on voulait : le lien lent ne sert plus que de secours. Les réseaux du siège coûtent 10 (vers SW-COEUR) + 10 (la SVI) = 20.

SW-COEURR-LYONR-MARSEILLER-STPRIESTPostes10.30.1.0/2510coût 100 (100 Mbit/s)101010R-LYON vers les postes de Marseille : 10 + 10 + 10 = 30, par Saint-Priestpar le lien direct : 100 + 10 = 110
Le lien direct coûte 100 : R-LYON passe par Saint-Priest pour un coût total de 30

Le calcul après une panne. Le lien Lyon – Saint-Priest tombe. R-LYON et R-STPRIEST perdent leur adjacence (immédiatement si le port tombe, au bout de 40 secondes sinon), émettent de nouvelles LSA, et chacun recalcule. Sur R-LYON, Marseille passe par le lien direct (100 + 10 = 110, via 172.16.0.2) et Saint-Priest par Marseille (100 + 10 + 10 = 120). Aucune intervention humaine.

Les autres commandes utiles :

CommandeCe qu'elle montre
show ip ospf interface briefChaque interface OSPF : aire, coût, état (P2P, DR, BDR…), nombre de voisins
show ip protocolsLe router ID, les plages network, les interfaces passives, la distance administrative
show ip ospf databaseLa base de données : une ligne par LSA
show ip ospf interface Gi0/0/1Le détail d'une interface : minuteries hello et dead, type de réseau, coût

Sécuriser OSPF

Un appareil qui parle OSPF sur un réseau où les hello sont acceptés peut annoncer de fausses routes et détourner le trafic. Trois protections :

  • les interfaces passives sur tous les réseaux d'utilisateurs : aucun hello n'y est envoyé ni accepté ;

  • l'authentification des voisins : chaque message porte une empreinte calculée avec une clé partagée, et un message sans la bonne empreinte est rejeté. La forme la plus répandue, qui fonctionne aussi dans Packet Tracer, utilise MD5 :

    text
    R-LYON(config)# interface GigabitEthernet0/0/1
    R-LYON(config-if)# ip ospf authentication message-digest
    R-LYON(config-if)# ip ospf message-digest-key 1 md5 Cle-OSPF-2026
    

    La même clé est à configurer en face. Les IOS récents proposent aussi une authentification par HMAC-SHA, plus robuste, à travers des trousseaux de clés (key chains) ;

  • le filtrage : les liens loués ne transportent que le trafic de Sorbier, et aucune interface tournée vers Internet n'est dans OSPF (c'est le cas de Gi0/0/3 de R-MARSEILLE, hors de toute plage network).

Dépanner une adjacence

SymptômeCause probableVérification
Aucun voisinInterface passive, interface hors des plages network, filtre bloquant le protocole 89show ip protocols, show ip ospf interface brief
Voisin bloqué en InitLe hello ne revient pas : filtrage dans un sens, problème de multicastACL sur l'interface, capture de trafic
Pas de voisin, messages d'erreur sur les paramètresMinuteries, aire ou masque différentsshow ip ospf interface Gi0/0/1 des deux côtés
Voisin bloqué en ExStart ou ExchangeMTU différent des deux côtésshow interfaces (MTU)
Voisin qui apparaît et disparaîtAuthentification différente, router ID en double, lien instableJournaux (show logging), show ip ospf
Voisins Full mais route absenteRéseau non annoncé (interface hors network), route statique qui l'emporteshow ip route, show ip ospf database

Exercices

Exercice 1 sur 6 Calculer des coûts Réussi À revoir

  1. Avec la bande passante de référence par défaut, quel est le coût d'une interface à 100 Mbit/s ? À 1 Gbit/s ? Quel problème cela pose-t-il ?
  2. Avec auto-cost reference-bandwidth 10000, quel est le coût d'une interface à 10 Mbit/s, à 100 Mbit/s, à 1 Gbit/s ?
  3. Que se passerait-il chez Sorbier si l'on oubliait ip ospf cost 100 sur le lien Lyon – Marseille ?
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 1
  1. 100 / 100 = 1, et 100 / 1 000 = 0,1, arrondi à 1 (le coût ne descend pas sous 1). OSPF ne distingue plus un lien à 100 Mbit/s d'un lien à 1 Gbit/s ou à 10 Gbit/s : il peut préférer un chemin lent avec moins de sauts.
  2. 10 000 / 10 = 1 000 ; 10 000 / 100 = 100 ; 10 000 / 1 000 = 10.
  3. Les trois liens loués sont sur des ports à 1 Gbit/s : ils coûteraient tous 10. Pour aller de Lyon à Marseille, le lien direct (10 + 10 = 20 jusqu'aux postes) battrait le passage par Saint-Priest (10 + 10 + 10 = 30) : tout le trafic passerait par le lien limité à 100 Mbit/s par l'opérateur, au lieu des liens à 1 Gbit/s.

Tu avais trouvé ?

Exercice 2 sur 6 Quelles interfaces dans OSPF ? Réussi À revoir

Un routeur a les interfaces Gi0/0/0 10.1.1.1/30, Gi0/0/1 10.1.1.5/30, Gi0/0/2 10.1.2.254/24 et Gi0/0/3 198.51.100.2/30. Sa configuration OSPF :

text
router ospf 1
 network 10.1.1.0 0.0.0.7 area 0
 network 10.1.2.0 0.0.0.255 area 0
 passive-interface GigabitEthernet0/0/2
  1. Sur quelles interfaces OSPF est-il actif ?
  2. Sur lesquelles envoie-t-il des hello ?
  3. Quels réseaux sont annoncés ? Le réseau de Gi0/0/3 l'est-il ?
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 2
  1. 10.1.1.0 0.0.0.7 couvre 10.1.1.0 à 10.1.1.7 : Gi0/0/0 (.1) et Gi0/0/1 (.5). 10.1.2.0 0.0.0.255 couvre Gi0/0/2. Gi0/0/3 n'est dans aucune plage.
  2. Gi0/0/0 et Gi0/0/1 : Gi0/0/2 est passive.
  3. 10.1.1.0/30, 10.1.1.4/30 et 10.1.2.0/24 (une interface passive voit quand même son réseau annoncé). Le réseau de Gi0/0/3, 198.51.100.0/30, n'est pas annoncé : c'est probablement le lien vers l'opérateur, et c'est voulu.

Tu avais trouvé ?

Exercice 3 sur 6 Le voisin qui n'apparaît pas Réussi À revoir

Après l'installation d'un nouveau routeur à Saint-Priest, show ip ospf neighbor sur R-LYON ne montre que 1.1.1.1 et 3.3.3.3. Sur les deux routeurs, show ip ospf interface donne :

text
R-LYON : GigabitEthernet0/0/2 is up, line protocol is up
  Internet Address 172.16.0.5/30, Area 0
  Network Type POINT_TO_POINT, Cost: 10
  Timer intervals configured, Hello 10, Dead 40

R-STPRIEST : GigabitEthernet0/0/0 is up, line protocol is up
  Internet Address 172.16.0.6/30, Area 1
  Network Type POINT_TO_POINT, Cost: 10
  Timer intervals configured, Hello 10, Dead 40
  1. Quelle est la cause ?
  2. Quelle commande corrige la configuration de R-STPRIEST ?
  3. Que voyaient les postes de l'entrepôt avant la correction ?
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 3
  1. Les deux interfaces ne sont pas dans la même aire : 0 côté Lyon, 1 côté Saint-Priest. Les hello sont rejetés, l'adjacence ne se forme pas.
  2. Sous router ospf 1 : no network 172.16.0.4 0.0.0.3 area 1, puis network 172.16.0.4 0.0.0.3 area 0. Il faut vérifier aussi les autres lignes network de ce routeur.
  3. Sans adjacence avec Lyon, R-STPRIEST n'apprend ni les réseaux du siège ni la route par défaut par ce lien. Si son lien vers Marseille fonctionne et qu'il y forme une adjacence dans l'aire 0, il peut encore tout apprendre par Marseille (coût plus élevé) ; sinon, l'entrepôt est isolé.

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Exercice 4 sur 6 Recalculer après une panne Réussi À revoir

On repart de la configuration OSPF de Sorbier (coûts : SW-COEUR – R-LYON 10, R-LYON – R-MARSEILLE 100, R-LYON – R-STPRIEST 10, R-MARSEILLE – R-STPRIEST 10 ; chaque réseau local coûte 10 de plus). Le lien R-MARSEILLE – R-STPRIEST tombe.

  1. Quel est le nouveau chemin de R-LYON vers le réseau des postes de Marseille, et son coût ?
  2. Même question de SW-COEUR vers le réseau de Saint-Priest 10.40.0.0/24.
  3. Et de R-STPRIEST vers les postes de Marseille ?
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 4
  1. Il ne reste que le lien direct : R-LYON → R-MARSEILLE (100) + sous-interface des postes (10) = 110, via 172.16.0.2.
  2. Inchangé : SW-COEUR → R-LYON (10) + R-LYON → R-STPRIEST (10) + réseau local (10) = 30, via 192.168.10.198.
  3. R-STPRIEST → R-LYON (10) + R-LYON → R-MARSEILLE (100) + sous-interface (10) = 120, via 172.16.0.5.

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Exercice 5 sur 6 Élire le DR Réussi À revoir

Quatre routeurs partagent un même segment Ethernet, tous dans l'aire 0, et démarrent en même temps.

RouteurRouter IDPriorité OSPF de l'interface
RA10.0.0.11
RB10.0.0.21
RC10.0.0.30
RD10.0.0.41
  1. Qui est DR ? Qui est BDR ?
  2. Un routeur RE (router ID 10.0.0.9, priorité 100) est branché une heure plus tard. Devient-il DR ?
  3. Quel est l'état de l'adjacence entre RA et RB ?
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 5
  1. RC (priorité 0) ne peut pas être élu. Entre RA, RB et RD (priorité 1), le plus haut router ID l'emporte : RD est DR, RB est BDR.
  2. Non : l'élection n'est pas préemptive. RE devient DROTHER ; il ne deviendra DR que si RD et RB tombent (ou si on relance OSPF sur le segment).
  3. Ni l'un ni l'autre n'est DR ou BDR : ils restent en 2-Way, ce qui est normal. Chacun est en Full avec RD et RB seulement.

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Exercice 6 sur 6 RIP ou OSPF ? Réussi À revoir

Un collègue propose de configurer RIP entre les trois sites « parce que c'est plus simple ». Donne trois arguments pour OSPF dans le cas de Sorbier.

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 6
  • La métrique de RIP est le nombre de sauts : il choisirait le lien direct Lyon – Marseille (1 saut), limité à 100 Mbit/s, plutôt que le passage par Saint-Priest (2 sauts) à 1 Gbit/s. OSPF tient compte du débit avec son coût.
  • RIP converge lentement (mises à jour toutes les 30 secondes, plusieurs minutes pour une panne) ; OSPF détecte la perte d'un voisin en 40 secondes au plus (immédiatement si le port tombe) et recalcule aussitôt.
  • OSPF est le standard actuel en entreprise, géré par tous les constructeurs, avec une authentification des voisins et une vue complète du réseau (base de données) qui facilite le dépannage. RIP n'est plus déployé que dans de vieilles installations.

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Chapitre terminé !

Fais les 6 exercices avant de passer à la suite : c'est en t'entraînant que tout se fixe.

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