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Sauvegarde & restauration

Un disque qui lâche, un ransomware, une fausse manip : les données peuvent disparaître en une seconde. La seule protection qui marche vraiment, c'est la sauvegarde. On apprend à la faire — et surtout à la restaurer.

Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Publié le .

Objectif
comprendre RTO/RPO, les types de sauvegarde, la règle 3-2-1, sauvegarder des données et TESTER la restauration
On manipule
ton poste Windows + ta VM Linux (fichiers, snapshots, scripts, planification)
Pré-requis
connaître le terminal, les scripts et les snapshots de VM
Durée
~3 h 30 en autonomie
Pour qui
SLAM et SISR, 1re année

Compétences : C1.5 Mettre à disposition des utilisateurs un service informatique, C3.4 Garantir la disponibilité, l'intégrité et la confidentialité

Une sauvegarde jamais testée ne vaut rien : on vérifie toujours qu'on sait restaurer.

Avant de commencer

Pourquoi c'est LA compétence qui sauve une entreprise

Une entreprise peut survivre à un vol de matériel, pas à la perte de ses données (devis, factures, fichiers clients). Disque qui meurt, virus qui chiffre tout (ransomware), employé qui supprime un dossier par erreur : ça arrive tout le temps. La sauvegarde est le filet de sécurité. Et la moitié du métier, c'est de s'assurer qu'on peut vraiment restaurer — pas juste « avoir une copie quelque part ».

Ce que tu sauras faire à la fin

NotionTu sauras…
RTO / RPOchiffrer combien de temps et combien de données tu peux perdre
Types de sauvegardedistinguer complète, incrémentale, différentielle
Règle 3-2-1organiser des sauvegardes vraiment sûres
Supports & rotationchoisir disque/NAS/cloud, faire tourner les sauvegardes (GFS)
Ransomwarecomprendre pourquoi une copie déconnectée te sauve
Sauvegardercopier des données proprement (robocopy, tar, rsync, OVA)
Restaurer & vérifierrécupérer (tout ou un fichier), prouver, contrôler l'intégrité
Automatiserplanifier une sauvegarde qui se fait toute seule

0. C'est quoi une sauvegarde ?

Une sauvegarde (backup), c'est une copie de tes données conservée à part, pour pouvoir les récupérer si l'original est perdu ou abîmé. Mot-clé : à part. Une copie sur le même disque que l'original ne protège de rien (si le disque meurt, les deux partent).

MotDéfinition
Sauvegardecopie de données conservée séparément pour les récupérer
Restaurationl'opération qui remet les données sauvegardées en place
Supportl'endroit où vit la sauvegarde (disque externe, NAS, cloud…)
Hors siteune copie dans un autre lieu géographique que l'original

Quoi sauvegarder en priorité ?

On ne sauvegarde pas tout au même niveau. Il faut distinguer trois familles, de la plus précieuse à la plus jetable.

CatégorieExemplesPriorité
Données utilisateurdocuments, factures, photos, base de données métierVITALE — irremplaçable, à sauvegarder en premier
Configurationfichiers de réglages, comptes, scripts maisonimportante — long à refaire à la main
Système / logicielsWindows, applications installablesfaible — réinstallable depuis les sources

Flag A1

Checkpoint

Pourquoi copier un dossier important dans un autre dossier du même disque n'est-il PAS une vraie sauvegarde ?
Donne un scénario concret où ça ne te protège pas.
Puis : entre ton dossier de factures et l'installation de Windows, lequel sauvegardes-tu en priorité, et pourquoi ?
Rends : tes réponses (3-4 phrases).

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1. RTO & RPO : combien de temps, combien de données ?

Avant de choisir une stratégie, on chiffre deux objectifs. Ce sont les deux questions que pose toujours un chef de projet ou un client.

SigleQuestionCe qu'il pilote
RPO
Recovery Point Objective
« Combien de données puis-je accepter de perdre ? »la fréquence des sauvegardes
RTO
Recovery Time Objective
« En combien de temps dois-je être reparti ? »la méthode et le support de restauration

Exemple : si je sauvegarde chaque nuit à 20 h et que le disque meurt le lendemain à 16 h, j'ai perdu tout le travail de la journée (de 20 h à 16 h). Mon RPO réel est donc d'environ 24 h. Si ce n'est pas acceptable, je sauvegarde plus souvent (toutes les heures → RPO 1 h).

RPO = l'écart entre la dernière sauvegarde et l'incident (ce qu'on perd). RTO = le temps qu'il faut pour redémarrer après l'incident.

RPO = l'écart entre la dernière sauvegarde et l'incident (ce qu'on perd). RTO = le temps qu'il faut pour redémarrer après l'incident.

RTO / RPO dans la vraie vie — chiffres-repères par secteur

Ces valeurs ne sont pas des règles absolues : elles reflètent ce que la plupart des organisations de chaque type ciblent. Plus les exigences sont strictes, plus l'infrastructure (et son coût) augmentent.

Type d'organisationRPO typiqueRTO typiqueRaison / conséquence
Banque / paiement en ligne0 (réplication en temps réel)< 5 minune heure de coupure = millions d'€ de perte + amende réglementaire
E-commerce (type boutique)1 h à 4 h1 h à 4 hchaque heure hors-ligne = commandes perdues + pénalité SEO
Cabinet médical / hôpital1 h à 24 h4 h à 8 hdonnées patient sensibles (RGPD) ; obligation légale de conservation 20 ans
PME (comptabilité, devis)24 h (sauvegarde nocturne)4 h à 24 hune journée de travail perdue est acceptable, mais pas une semaine
Particulier / étudiant1 jour à 1 semainequelques heures à quelques joursrestaurer manuellement depuis un disque externe suffit

Flag A2

Checkpoint

Une boutique sauvegarde sa caisse une fois par jour, à 2 h du matin. Le disque meurt à 18 h.\

  1. Combien d'heures de ventes a-t-elle perdues (RPO réel) ?\
  2. Le patron veut perdre au maximum 1 h de données : que doit-on changer ?
    Rends : tes deux réponses.
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2. Les types de sauvegarde

Tout sauvegarder, à fond, tous les jours, ce serait long et lourd. D'où trois stratégies.

TypeCe qu'il copieAvantage / Inconvénient
ComplèteTOUT, à chaque foissimple à restaurer / longue, prend de la place
Incrémentaleseulement ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde (quelle qu'elle soit)rapide, légère / restauration plus complexe (il faut toute la chaîne)
Différentielletout ce qui a changé depuis la dernière complètecompromis : restauration = complète + 1 différentielle

Incrémentale = juste les changements du jour (léger, mais il faut TOUTE la chaîne pour restaurer). Différentielle = tout depuis la dernière complète (plus lourd, mais restauration en 2 temps : complète + la dernière différentielle).

Incrémentale = juste les changements du jour (léger, mais il faut TOUTE la chaîne pour restaurer). Différentielle = tout depuis la dernière complète (plus lourd, mais restauration en 2 temps : complète + la dernière différentielle).

Quand choisir quelle stratégie ? (cas concrets)

SituationStratégie conseilléePourquoi
Poste de travail individuel, données < 50 Go, sauvegarde hebdomadaireComplètesimple, pas d'outils complexes, la durée reste raisonnable
Serveur de fichiers d'équipe, 200 Go à 1 To, sauvegarde quotidienneComplète le week-end + incrémentales les soirsles sauvegardes nocturnes sont rapides (< 10 min) ; la complète limite la chaîne à 6 incrémentales max
Base de données qui change peu (catalogue produit statique)Différentiellerestauration rapide en 2 temps sans risque de chaîne cassée
Système de messagerie, millions de petits fichiers changeant souventSnapshot + réplication (outil dédié type Veeam)tar/robocopy ne passent plus à l'échelle ; un outil dédié gère la déduplication

Volume concret — ce que ça représente

Pour qu'un chiffre soit utile, il faut le visualiser. Exemple : dossier « Documents » d'un poste de travail moyen = 10 Go.

SauvegardeTaille approximativeDurée sur USB 3.0 (400 Mo/s)
Complète (10 Go)~10 Go~25 secondes
Incrémentale (1 % change/jour)~100 Mo< 1 seconde
Différentielle après 5 jours (5 % cumulés)~500 Mo~2 secondes

À l'échelle d'un serveur de 1 To, les proportions restent les mêmes — seuls les temps changent (compter environ 42 minutes pour 1 To en USB 3.0, 110 minutes en réseau 1 Gbit/s). C'est pourquoi les complètes se font souvent le week-end ou la nuit.

Cas déroulé — une semaine type au labo GSB

Scénario : sauvegarde complète chaque lundi (10 Go). Modification quotidienne estimée à ~1 % des données (~100 Mo/jour). Panne le vendredi soir à 18 h.

JourArchive incrémentaleArchive différentielleVolume cumulé (incr.)Volume cumulé (diff.)
LundiComplète 10 GoComplète 10 Go10 Go10 Go
Mardi+100 Mo (lun→mar)+100 Mo (depuis lun)10,1 Go10,1 Go
Mercredi+100 Mo (mar→mer)+200 Mo (depuis lun)10,2 Go10,2 Go
Jeudi+100 Mo (mer→jeu)+300 Mo (depuis lun)10,3 Go10,5 Go
Vendredi — PANNE DISQUETravail du vendredi perdu (RPO = 24 h dans ce plan)

Pour restaurer à l'état du jeudi :

IncrémentaleDifférentielle
Archives nécessairesComplète lundi + sauv. mardi + mercredi + jeudi (4 archives, dans l'ordre)Complète lundi + différentielle de jeudi (2 archives, dans l'ordre)
Risque principalSi la sauvegarde de mercredi est manquante ou corrompue → la chaîne est cassée, jeudi irrécupérableSi la différentielle de jeudi est corrompue → on revient à mercredi (1 jour de travail perdu, pas toute la semaine)
Volume de stockage total (semaine)~10,3 Go~10,5 Go — légèrement plus lourd, mais tolérance aux pannes nettement meilleure

Flag A3

Checkpoint

Tu fais une sauvegarde complète le lundi, puis des sauvegardes mar/mer/jeu. Le vendredi, le disque meurt.\

  1. Si tu as fait des incrémentales : de quelles sauvegardes as-tu besoin pour tout restaurer ?\
  2. Si tu as fait des différentielles : lesquelles te suffisent ?
    Rends : tes deux réponses.
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3. La règle 3-2-1

La règle d'or des pros, simple à retenir et qui sauve dans la quasi-totalité des cas.

3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 ailleurs. La copie « hors site » protège de l'incendie, du vol, du ransomware.

3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 ailleurs. La copie « hors site » protège de l'incendie, du vol, du ransomware.

La variante moderne : 3-2-1-1-0

La règle classique 3-2-1 date des années 2000. Face aux ransomwares modernes, les professionnels de la sauvegarde (notamment Veeam et le NIST) ont ajouté deux critères supplémentaires.

ChiffreSignificationAjout par rapport au 3-2-1 classique
33 copies des donnéesinchangé
22 supports différentsinchangé
11 copie hors siteinchangé
11 copie immuable (air gap / WORM / Object Lock)nouveau — protège contre le ransomware qui chiffre aussi les backups réseau accessibles
00 erreur lors du dernier test de restaurationnouveau — une sauvegarde jamais testée ne compte pas. Si le dernier test a échoué, le plan est cassé.

RGPD — les obligations légales de durée d'archivage

Sauvegarder ne suffit pas : il faut savoir combien de temps garder quoi. Trop court = sanction ; trop long sans justification = violation du RGPD (minimisation des données).

Type de donnéesDurée de conservationBase légale
Dossiers médicaux patients20 ans après le dernier acte médicalCode de la santé publique, Art. R. 1112-7
Documents comptables (factures, devis)10 ansCode de commerce, Art. L. 123-22
Bulletins de salaire5 ansCode du travail
Logs de connexion réseau1 anLCEN (Loi pour la Confiance dans l'Économie Numérique)
Données personnelles « courantes »Durée de la relation + 3 à 5 ans (prescription civile)RGPD art. 5(1)(e)

Flag A4

Checkpoint

Une entreprise garde sa sauvegarde sur un disque externe posé à côté du serveur.
Quelle partie de la règle 3-2-1 n'est pas respectée, et quel risque concret cela crée-t-il ?
Rends : ta réponse.

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4. Sur quoi sauvegarder ? Les supports comparés

Le « 2 » de la règle 3-2-1, ce sont les supports. Chacun a sa place selon le besoin (vitesse, coût, hors-site).

SupportCapacité typiqueCoût indicatifDébit typiqueHors-site ?Pour quoi
Disque externe USB 3.01 To à 8 To40 € à 130 € (achat unique)200 – 400 Mo/s (USB 3.2 Gen1)oui, si on le débranche et le déplacesauvegarde locale simple, à faire tourner (air gap naturel)
NAS 2 baies
(ex. Synology DS223)
2 × 4 To à 2 × 20 To selon disques200 – 350 € (boîtier) + prix des disques (~80 € / 4 To)110 – 900 Mo/s selon réseau (1 Gbit/s filaire = 125 Mo/s pratique)non (même bâtiment) — sauf réplication cloud ou 2e NASsauvegarde partagée d'une équipe, RAID intégré possible
Cloud objet
(Backblaze B2, OVH Object Storage, iDrive…)
illimité (facturé à l'usage)Backblaze B2 : 0,006 $/Go/mois ≈ 6 $/To/mois ; OneDrive 1 To : 7 €/moislimitée par la connexion montante (souvent 20 – 100 Mbit/s chez un particulier)oui par naturecopie hors-site du 3-2-1 ; délai de restauration plus long (plusieurs heures pour > 100 Go)
Bande LTO-918 To natif par cartouche (45 To compressé)lecteur : 3 000 – 6 000 € ; cartouche : ~20 € soit ~1 €/To400 Mo/s natifoui (cartouche rangée déconnectée)archivage long terme en entreprise, coût au To le plus bas de tous les supports

Comparaison vitesse de restauration — ce qui change selon le support

Pour remettre 1 To de données, voici les temps de restauration réalistes (en pratique, on compte 50 à 70 % du débit théorique) :

SupportDébit pratiqueTemps pour restaurer 1 To
Disque externe USB 3.0~150 Mo/s~1 h 50
NAS sur réseau Gbit/s filaire~80 Mo/s~3 h 30
Cloud (connexion 100 Mbit/s descendant)~12 Mo/s~23 h
Cloud (connexion 1 Gbit/s FTTH)~80 Mo/s~3 h 30
Bande LTO-9~250 Mo/s~1 h 10

Flag D1

Investigation

Cherche une offre de cloud de sauvegarde (ex. Backblaze, OneDrive, Google Drive, kDrive…).
Note : combien d'espace pour quel prix, et si la restauration complète est simple.
Rends : le nom du service, l'offre, et une phrase sur sa place dans un plan 3-2-1.

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5. Le ransomware : pourquoi déconnecter sauve

Un ransomware (rançongiciel) est un virus qui chiffre tous tes fichiers (les rend illisibles) puis réclame une rançon pour la clé. C'est aujourd'hui la première cause de catastrophe data en entreprise.

Le piège : le ransomware ne s'attaque pas qu'à ton disque. Il cherche tout ce qui est branché ou accessible — disque externe connecté, NAS partagé, lecteur réseau. Si ta sauvegarde est branchée au moment de l'attaque, elle est chiffrée aussi.

Une sauvegarde n'est sûre face au ransomware que si elle est hors d'atteinte au moment de l'attaque : déconnectée (« air gap ») ou hors-site immuable.

Une sauvegarde n'est sûre face au ransomware que si elle est hors d'atteinte au moment de l'attaque : déconnectée (« air gap ») ou hors-site immuable.

Le ransomware en chiffres — réalité terrain

IndicateurValeur typique (2024-2025)Remarque
Rançon moyenne demandée (PME)50 000 $ à 300 000 $Les grandes entreprises voient des demandes à plusieurs millions. Payer ne garantit pas la récupération des données.
Durée d'arrêt moyenne après attaque21 joursSource : Coveware Q4 2024. Inclut la restauration, la vérification et la réinstallation partielle.
Taux de récupération sans payer (avec backup sain)~70 %Les 30 % restants paient ou perdent définitivement leurs données.
Délai entre infection silencieuse et déclenchement2 à 14 joursLe ransomware se propage en silence, chiffre les sauvegardes accessibles en réseau, puis déclenche tout d'un coup.
Secteurs les plus touchés en FranceHôpitaux, collectivités, PME industriellesPlusieurs centaines d'incidents déclarés à l'ANSSI chaque année (rapport ANSSI Cybermenaces 2024).

Flag A5

Checkpoint

Un technicien laisse en permanence le disque de sauvegarde branché sur le serveur « pour que la sauvegarde de nuit se fasse toute seule ». Un ransomware frappe.
Pourquoi la sauvegarde ne le sauve-t-elle pas, et que faudrait-il changer ?
Rends : ta réponse.

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6. Rotation & versionning : garder plusieurs âges

Écraser sa sauvegarde chaque jour est un piège : si un fichier est corrompu (ou chiffré) lundi et qu'on s'en aperçoit jeudi, la seule sauvegarde qu'on a est… celle de jeudi, déjà pourrie. Il faut garder plusieurs âges de sauvegarde : c'est le versionning.

La méthode classique s'appelle grand-père – père – fils (GFS) : on garde des sauvegardes journalières, hebdomadaires et mensuelles, et on en retire de moins en moins en remontant le temps.

GFS : beaucoup de sauvegardes récentes (fines), de moins en moins en remontant. On peut restaurer hier… ou il y a six mois.

GFS : beaucoup de sauvegardes récentes (fines), de moins en moins en remontant. On peut restaurer hier… ou il y a six mois.

Calcul concret — combien de stockage pour un plan GFS ?

Exemple : serveur GSB avec 200 Go de données actives, modification quotidienne de 2 % en moyenne (≈ 4 Go/jour). Sauvegarde complète chaque vendredi soir.

Catégorie GFSNombre conservéTaille unitaireVolume total
Journalières (fils) — incrémentales7 (lun au dim)~4 Go~28 Go
Hebdomadaires (pères) — complètes4 (4 vendredis)~200 Go~800 Go
Mensuelles (grands-pères) — complètes12 (12 mois)~200 Go~2 400 Go (2,4 To)
Total nécessaire——≈ 3,2 To pour 200 Go de données

Flag A6

Checkpoint

Un fichier est silencieusement corrompu lundi. On le découvre jeudi. L'équipe n'a qu'une seule sauvegarde, écrasée chaque soir.
Pourquoi est-ce un problème, et qu'aurait changé une rotation GFS ?
Rends : ta réponse.

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7. Snapshot ≠ sauvegarde

Tu connais les snapshots de VM (revenir à un état antérieur). Très utile, mais attention au piège : un snapshot n'est pas une vraie sauvegarde.

SnapshotSauvegarde
Oùsur le même disque que la VMsur un autre support
Protège de…une mauvaise manip (revenir en arrière)panne de disque, vol, incendie, ransomware
Si le disque meurt…le snapshot meurt aussila sauvegarde survit

Flag A7

Checkpoint

Donne une situation où le snapshot te sauve, et une où il ne te sauve PAS (mais où une sauvegarde, oui).
Rends : tes deux situations.

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8. Sauvegarder des fichiers (Windows)

Deux façons : l'outil graphique, et le script (plus puissant et automatisable).

Méthode 1 — Avec un script (robocopy)

Windows a un outil de copie robuste, fait pour la sauvegarde : robocopy.

powershell
robocopy C:\Donnees E:\Sauvegarde /MIR
Ce que tu dois voir
-------------------------------------------------
   ROBOCOPY     ::     Copie de fichiers robuste
-------------------------------------------------
               Total   Copiés  Ignorés
   Répert. :       1        0        1
   Fichiers:      42       42        0
   Fin : ... Octets copiés ...

robocopy — les options qui servent vraiment

OptionRôleQuand l'utiliser
/MIRMiroir exact : copie les ajouts ET supprime ce qui n'existe plus à la sourcesauvegarde principale — attention au sens source / destination !
/ECopie tous les sous-dossiers y compris vides, sans supprimerrestauration ou copie simple sans miroir
/XOeXclude Older — ne copie pas si la destination est plus récente que la sourceévite d'écraser un fichier plus récent par erreur
/R:3Retry 3 fois si un fichier est verrouillé par un autre processusserveurs en production où des fichiers sont ouverts
/W:10Wait 10 secondes entre chaque tentative de réessaitoujours associé à /R
/MT:8MultiThread — 8 fils de copie parallèles (défaut : 8, max 128)accélère la copie sur NAS ou réseau rapide ; peut doubler le débit
/LOG+:cheminAjoute au journal existant (le + évite d'écraser)toujours pour une tâche planifiée (garder l'historique)
/NPNo Progress — n'affiche pas le pourcentage d'avancementréduit la taille du log pour les gros transferts

Script pro complet — recette robocopy à réutiliser

robocopy C:\Donnees E:\Sauvegarde /MIR /R:3 /W:10 /MT:8 /LOG+:E:\sav.log /NP
if %ERRORLEVEL% LEQ 3 (
    echo Sauvegarde OK >> E:\sav.log
) else (
    echo ERREUR sauvegarde : code %ERRORLEVEL% >> E:\sav.log
)

Codes de sortie robocopy — comprendre le résultat

CodeSignificationÀ traiter comme…
0Aucun fichier copié (destination déjà à jour)OK
1Fichiers copiés avec succèsOK
2Fichiers supplémentaires détectés dans la destinationOK
3Combinaison de 1 et 2OK
4Fichiers mal appariés (timestamp différent, même taille)À surveiller
8Fichiers qui n'ont pas pu être copiés (erreurs de lecture/écriture)PROBLÈME
16Erreur fatale — aucun fichier copiéPROBLÈME CRITIQUE

Méthode 2 — Historique des fichiers (graphique)

Windows propose un outil automatique : Paramètres → Système → Stockage → Options de sauvegarde (ou « Historique des fichiers »). On choisit un disque externe et les dossiers à protéger ; Windows sauvegarde tout seul, régulièrement, et garde plusieurs versions (versionning intégré).

Flag B1

Production

Crée un dossier Donnees avec quelques fichiers, et sauvegarde-le dans un dossier Sauvegarde (sur un autre disque si tu en as un, sinon un autre dossier pour l'exercice) avec robocopy ... /MIR.
Rends : la commande exacte et le résumé (nombre de fichiers copiés).

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9. Restaurer (et le PROUVER)

Le moment de vérité. Une sauvegarde ne sert à rien si tu ne sais pas restaurer. On va simuler une catastrophe et récupérer.

Étape 1 — Simuler la perte

Supprime un fichier (ou tout le dossier) Donnees. Voilà, « catastrophe » : les données originales ont disparu.

Étape 2 — Restaurer depuis la sauvegarde

powershell
robocopy E:\Sauvegarde C:\Donnees /E
Ce que tu dois voir
   Fichiers:      42       42        0
   Fin : ... Octets copiés ...

Étape 3 — Vérifier

Ouvre C:\Donnees : tes fichiers sont revenus. La restauration est réussie et prouvée.

Étape 4 — Restauration PARTIELLE (un seul fichier)

Le cas le plus fréquent : tu n'as pas tout perdu, juste un fichier écrasé ou supprimé. Inutile de tout restaurer — on ne ramène que lui.

powershell
robocopy E:\Sauvegarde C:\Donnees rapport.txt

Flag B2

Production (le cycle complet)

Réalise le cycle : sauvegarde → supprime l'original → restaure → vérifie.
Rends : les deux commandes (sauvegarde et restauration), et la preuve (un dir / capture) que les fichiers sont bien revenus.

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Flag C1

Restauration partielle

Supprime un seul fichier de C:\Donnees, puis restaure-le sans toucher aux autres.
Rends : la commande utilisée et la preuve que seul ce fichier est revenu.

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10. Vérifier l'intégrité d'une sauvegarde

Une sauvegarde peut être corrompue sans qu'on le voie : secteur de disque défectueux, copie interrompue, archive incomplète. On ne s'en aperçoit qu'au moment de restaurer… trop tard. D'où la vérification d'intégrité.

Méthode A — L'empreinte (checksum)

Une empreinte (hash) est une « signature » calculée à partir du contenu d'un fichier. Même contenu → même empreinte. Si l'empreinte de la sauvegarde diffère de celle de l'original, le fichier a été abîmé.

Sous Windows :

certutil -hashfile E:\Sauvegarde.zip SHA256
Ce que tu dois voir
Hachage SHA256 de E:\Sauvegarde.zip :
9f86d081884c7d659a2feaa0c55ad015a3bf4f1b2b0b822cd15d6c15b0f00a08
CertUtil : -hashfile s'est terminée correctement.

Sous Linux :

sha256sum sauvegarde.tar.gz
Ce que tu dois voir
9f86d081884c7d659a2feaa0c5...  sauvegarde.tar.gz

SHA-256 vs MD5 — lequel choisir et pourquoi

MD5SHA-1SHA-256
Longueur de l'empreinte32 caractères hex (128 bits)40 caractères hex (160 bits)64 caractères hex (256 bits)
Collision connue ?Oui (cassé depuis 2004)Oui (Google SHAttered, 2017)Non (aucune collision connue)
Vitesse sur CPU modernetrès rapide (~800 Mo/s)rapide (~500 Mo/s)rapide (~400 Mo/s, accélération HW Intel/AMD)
Recommandé pour…vérification d'intégrité accidentelle (non sécuritaire)à éviter (déprécié partout)vérification d'intégrité + tout contexte sécurité

Workflow complet — stocker et comparer l'empreinte

La bonne pratique est de calculer et stocker l'empreinte au moment de la sauvegarde, pour la comparer bien plus tard.

# Étape 1 — Au moment de la sauvegarde : calculer ET stocker
sha256sum sauvegarde.tar.gz > sauvegarde.tar.gz.sha256

# Le fichier .sha256 contient :
# 9f86d081884c7d659a2feaa0c55ad015a3bf4f1b...  sauvegarde.tar.gz
# Étape 2 — Des semaines plus tard, pour vérifier :
sha256sum --check sauvegarde.tar.gz.sha256
Ce que tu dois voir
# Si l'archive est intacte :
sauvegarde.tar.gz: OK

# Si l'archive a été modifiée (ne serait-ce qu'un seul bit) :
sauvegarde.tar.gz: FAILED
sha256sum: WARNING: 1 computed checksum did NOT match

Méthode B — Tester l'archive directement

Pour une archive tar.gz, on peut demander à la lire sans l'extraire : si elle se lit jusqu'au bout, elle est saine.

bash
tar -tzf sauvegarde.tar.gz

Flag B3

Production (vérifier l'intégrité)

Calcule l'empreinte d'un fichier original ET de sa copie de sauvegarde (certutil ou sha256sum), puis compare-les.
Rends : les deux empreintes et ta conclusion (intègre ou non).

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11. Sauvegarder une machine entière (VM)

On peut sauvegarder une VM complète (système + données) en l'exportant dans un fichier unique.

  1. VM éteinte, dans VirtualBox : Fichier → Exporter un appareil virtuel.
  2. Choisis la VM, un emplacement, et le format OVA.
  3. Tu obtiens un fichier .ova : c'est ta VM entière, sauvegardée, transportable.

Flag B4

Production

Exporte une de tes VM au format OVA vers un dossier de ton choix.
Rends : le nom et la taille du fichier .ova obtenu, et explique en quoi c'est une meilleure sauvegarde qu'un simple snapshot.

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12. Sauvegarder côté Linux

Sous Linux, deux outils règnent : tar (archiver) et rsync (synchroniser).

Archiver un dossier — tar

bash
tar -czvf sauvegarde.tar.gz /home/marc/donnees
Ce que tu dois voir
donnees/
donnees/rapport.txt
donnees/photo.jpg

Sauvegarde datée (versionning)

bash
tar -czvf sauvegarde-$(date +%F).tar.gz /home/marc/donnees
Ce que tu dois voir
donnees/
donnees/rapport.txt
# fichier produit : sauvegarde-2026-06-29.tar.gz

Extraire (restaurer) — tar

bash
tar -xzvf sauvegarde.tar.gz

Copier intelligemment — rsync

rsync -av /home/marc/donnees/ /media/sauvegarde/
Ce que tu dois voir
sending incremental file list
rapport.txt
photo.jpg
sent 1,204 bytes  received 38 bytes

Sauvegarde vers un serveur distant — rsync par SSH

rsync peut envoyer une sauvegarde vers un serveur distant via SSH — la connexion est chiffrée, aucun outil supplémentaire n'est nécessaire. C'est la méthode standard pour la copie hors-site automatisée vers un serveur ou un NAS distant.

rsync -av --delete /home/marc/donnees/ marc@serveur-gsb.lan:/backups/donnees/
Ce que tu dois voir
sending incremental file list
rapport.txt
photo.jpg
sent 45,231 bytes  received 89 bytes  12,093.33 bytes/sec
total size is 44,800  speedup is 0.99

Limiter la bande passante — option utile en production

rsync -av --bwlimit=5000 /home/marc/donnees/ /media/sauvegarde/

Flag D2

Investigation & production

Sur ta VM Linux, crée un dossier donnees avec 2-3 fichiers, archive-le avec tar -czvf, puis extrais un seul fichier de l'archive dans un dossier de test.
Rends : la commande d'archivage et la commande d'extraction d'un seul fichier.

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13. Automatiser : la sauvegarde qui se fait seule

Une sauvegarde qu'on oublie de lancer ne sert à rien. On la planifie pour qu'elle parte automatiquement.

Côté Windows — le Planificateur de tâches

Tape Planificateur de tâches dans Démarrer → Créer une tâche de base → donne un nom, un déclencheur (ex. tous les jours à 20 h), et l'action : lancer ton script de sauvegarde (le .ps1 de la séance scripting !).

Côté Linux — cron

crontab -e
0 20 * * * tar -czf /media/sav/sauvegarde.tar.gz /home/marc/donnees

Référence rapide — syntaxe cron complète

Les 5 champs d'une ligne cron : minute heure jour-du-mois mois jour-de-semaine. Le * signifie « tous les valeurs possibles ».

Exemple de ligne cronDéclenchement
0 20 * * *tous les jours à 20 h 00
30 2 * * 1tous les lundis à 2 h 30 (1 = lundi, 0 = dimanche)
0 0 1 * *le 1er de chaque mois à minuit
*/15 * * * *toutes les 15 minutes
0 8-18 * * 1-5toutes les heures entre 8 h et 18 h, du lundi au vendredi
@dailyraccourci = 0 0 * * * (minuit chaque jour)
@weeklyraccourci = 0 0 * * 0 (dimanche minuit)
@monthlyraccourci = 0 0 1 * * (le 1er du mois à minuit)
@rebootune seule fois, au démarrage du système

Flag B5

Production

Planifie une sauvegarde automatique : sous Windows (Planificateur de tâches) qui lance ton script .ps1, OU sous Linux (cron).
Rends : le déclencheur choisi (jour/heure) et la commande/script lancé.

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14. Mini-projet : le plan de sauvegarde GSB

On joue le rôle d'un technicien chargé de protéger les données d'un service du laboratoire GSB. Mission complète.

La mission

  1. Crée un dossier gsb-donnees avec 4-5 fichiers (les « données de l'entreprise »).
  2. Écris (ou réutilise) un script de sauvegarde qui copie ce dossier dans gsb-sauvegarde, dans un sous-dossier (ou une archive) daté du jour.
  3. Lance-le. Vérifie l'intégrité (empreinte ou test d'archive) et que la sauvegarde existe.
  4. Simule une catastrophe : supprime gsb-donnees.
  5. Restaure depuis ta sauvegarde et prouve que tout est revenu.
  6. Décris où tu placerais une copie hors site pour respecter le 3-2-1, et quel RPO ton plan garantit.

Flag B6

Mini-projet (production)

Réalise le plan complet (sauvegarde datée → vérif intégrité → perte → restauration prouvée).
Rends : ton script de sauvegarde, la preuve de la restauration, ta vérification d'intégrité, et ta proposition de copie hors site + RPO (3-2-1).

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Pour finir

Ton antisèche

Je veux…WindowsLinux
copier/miroir un dossierrobocopy src dst /MIRrsync -av src/ dst/
archiver (1 fichier)(zip)tar -czvf a.tar.gz dossier
restaurer un seul fichierrobocopy dst src fichiertar -xzvf a.tar.gz dossier/fichier
vérifier l'intégritécertutil -hashfile f SHA256sha256sum f · tar -tzf a.tar.gz
sauvegarder une VMExporter en OVA (VirtualBox)
planifierPlanificateur de tâchescrontab -e

Vérifie tes acquis

  1. Pourquoi une copie sur le même disque n'est-elle pas une vraie sauvegarde ?
  2. Que mesurent le RTO et le RPO ?
  3. Différence entre sauvegarde complète, incrémentale et différentielle ?
  4. Énonce la règle 3-2-1 et explique le rôle de la copie « hors site ».
  5. Pourquoi une sauvegarde branchée en permanence ne protège pas du ransomware ?
  6. À quoi sert le versionning / la rotation grand-père-père-fils ?
  7. Pourquoi un snapshot de VM n'est-il pas une sauvegarde suffisante ?
  8. Comment vérifie-t-on qu'une sauvegarde n'est pas corrompue ?
  9. Quelle est la règle absolue à propos des restaurations ?
  10. Comment fait-on pour qu'une sauvegarde se lance toute seule chaque nuit ?

Glossaire

MotDéfinition
Sauvegarde / Restaurationcopie de secours / remise en place des données
RTO / RPOdélai de restauration acceptable / quantité de données qu'on accepte de perdre
Complète / Incrémentale / Différentielletout / les changements depuis la dernière sauvegarde / depuis la dernière complète
Règle 3-2-13 copies, 2 supports, 1 hors site
NASboîtier de disques partagé sur le réseau local
Hors site / Air gapcopie dans un autre lieu / sauvegarde physiquement déconnectée
Ransomwarevirus qui chiffre les fichiers et réclame une rançon
Versionning / GFSgarder plusieurs âges de sauvegarde / rotation grand-père-père-fils
Intégrité / Empreinte (hash)le fait qu'une sauvegarde soit intacte / signature calculée du contenu
Snapshotétat figé d'une VM (même disque) — pas une vraie sauvegarde
robocopy / rsyncoutils de copie/miroir (Windows / Linux)
taroutil Linux pour archiver/compresser un dossier
cron / Planificateurde quoi lancer une tâche automatiquement (Linux / Windows)

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