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Chapitre 419 minIntermédiaire

EBIOS Risk Manager simplifié : les 5 ateliers

Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Mis à jour le .

À la fin de ce chapitre, tu sauras

  • dire ce que produit chacun des cinq ateliers d'EBIOS RM ;
  • compléter un tableau d'événements redoutés et de sources de risque ;
  • calculer le niveau de menace d'une partie prenante ;
  • décrire un scénario opérationnel en quatre phases.

5 exercices corrigés2 schémas

EBIOS Risk Manager (EBIOS RM) est la méthode d'analyse des risques cyber publiée par l'ANSSI, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information. Elle se déroule en cinq ateliers, du cadrage au traitement du risque, et part de deux questions : qu'est-ce que l'organisation veut protéger, et qu'est-ce que les attaquants veulent obtenir ? Ce chapitre présente chaque atelier avec ses mots-clés et l'applique pas à pas à Rhône Analyses, dans une version simplifiée qui correspond à ce qu'on attend d'un technicien supérieur.

EBIOS RM en bref

EBIOS signifie « Expression des besoins et identification des objectifs de sécurité ». La méthode existe depuis les années 1990 ; sa version actuelle, EBIOS Risk Manager, date de 2018, et l'ANSSI en a publié une version 1.5 en 2024 pour l'aligner sur la norme ISO/IEC 27005:2022. Le guide, les fiches méthodes et des supports de formation sont gratuits sur le site de l'ANSSI, cyber.gouv.fr. Des logiciels labellisés par l'ANSSI permettent de mener une étude, mais un tableur suffit pour une petite organisation.

Trois idées distinguent EBIOS RM :

  • Partir du métier. L'étude commence par les valeurs métier et les événements redoutés, exprimés avec la direction et les responsables d'activité, pas par la liste des serveurs.
  • Penser comme l'attaquant. On identifie qui pourrait attaquer, dans quel but, et par quel chemin, y compris en passant par un prestataire ou un partenaire.
  • Combiner conformité et scénarios. Un socle de sécurité (les règles d'hygiène de base) traite les menaces courantes et les accidents ; les scénarios se concentrent sur les attaques ciblées les plus graves.
1Cadrage et socle de sécuritévaleurs métier, biens supports, événements redoutés, socle2Sources de risquecouples source de risque / objectif visé retenus3Scénarios stratégiquesparties prenantes critiques, chemins d'attaque, gravité4Scénarios opérationnelsmodes opératoires sur les biens supports, vraisemblance5Traitement du risquestratégie, PACS, risques résiduels, cadre de suiviCyclestratégiqueCycleopérationnel
Les cinq ateliers d'EBIOS Risk Manager et ce que chacun produit

Atelier 1 : cadrage et socle de sécurité

Le premier atelier fixe le cadre de l'étude et ce qu'il faut protéger.

1. Le cadre. On définit le périmètre (ici : la production et la transmission des résultats), les participants (la directrice biologiste, un responsable qualité, Claire Fabre, Nathan et Inès) et la durée de validité de l'étude.

2. Les valeurs métier et leurs biens supports. On les recense comme au chapitre 1, en indiquant pour chaque valeur métier le responsable côté métier.

3. Les événements redoutés et leur gravité. Pour chaque valeur métier, on formule ce qu'on redoute, le critère DICP touché, les impacts, puis la gravité sur l'échelle choisie (chapitre 3).

Valeur métierÉvénement redoutéCritèreImpactsGravité
Réaliser les analyses et valider les résultatsER1. La production des résultats est interrompue plus de 24 heuresDPatients hospitalisés sans résultats, urgences réorientées, chiffre d'affaires perdu, reconstruction coûteuseG4
Réaliser les analyses et valider les résultatsER2. Un résultat validé est modifiéIMauvaise décision médicale, mise en cause de la responsabilité du laboratoireG4
Les dossiers des patientsER3. Les résultats et dossiers de patients sont divulguésCAtteinte à la vie privée, violation de données à notifier, sanction, perte de confianceG3
Réaliser les analyses et valider les résultatsER4. On ne peut pas prouver qui a validé un résultatPLitige impossible à trancher, non-conformité aux exigences d'accréditationG2
Transmettre les résultatsER5. Le portail MonRésultat est indisponible une journéeDAppels en masse à l'accueil, retard pour quelques patientsG2

4. Le socle de sécurité. On liste les référentiels qui s'appliquent et on mesure les écarts : le RGPD et le guide de la CNIL sur la sécurité des données personnelles, le guide d'hygiène informatique de l'ANSSI, la certification HDS (hébergeur de données de santé) exigée de l'hébergeur du portail, les règles internes de la PSSI. Chaque écart (« pas de second facteur sur les accès distants », « sauvegardes non testées ») devient une mesure à planifier, indépendamment des scénarios.

Atelier 2 : sources de risque

Le deuxième atelier identifie qui pourrait attaquer et pour quoi faire. On raisonne en couples source de risque / objectif visé (SR/OV) :

  • la source de risque est l'attaquant possible (cybercriminel, salarié malveillant, concurrent, hacktiviste, État) ;
  • l'objectif visé est ce qu'il cherche à obtenir (extorquer de l'argent, revendre des données, se venger, espionner, saboter, faire parler de lui).

On évalue chaque couple selon la motivation de la source pour cet objectif, ses ressources (compétences, moyens, temps) et son activité (attaque-t-elle déjà ce secteur ?). On retient les plus pertinents.

Source de risqueObjectif viséMotivationRessourcesRetenu ?
Groupe cybercriminelExtorquer une rançon en bloquant l'activitéForte : la santé paie souvent vite pour reprendreImportantes : rançongiciels « clés en main »Oui
Groupe cybercriminelRevendre des données de santéForte : ces données se revendent bienImportantesOui
Salarié ou prestataire mécontentSe venger en sabotant ou en divulguantMoyenneFaibles techniquement, mais des accès légitimesOui
ConcurrentRécupérer les tarifs négociés avec les cliniquesFaibleMoyennesNon
HacktivisteDéfigurer le portail pour un message politiqueFaibleFaiblesNon (traité par le socle)

Atelier 3 : scénarios stratégiques

Le troisième atelier regarde l'écosystème : les parties prenantes (prestataires, partenaires, clients) par lesquelles un attaquant pourrait passer, parce qu'elles ont un accès au système ou des données. C'est souvent par là qu'arrivent les attaques les plus graves : l'éditeur qui télémaintient un logiciel, l'infogérant qui administre les serveurs.

Pour chaque partie prenante, le guide propose d'évaluer quatre critères : la dépendance de l'organisation envers elle, sa pénétration (ses accès au système), sa maturité cyber et la confiance qu'on peut lui accorder. Il en déduit un niveau de menace :

Niveau de menace = (dépendance × pénétration) / (maturité cyber × confiance)

Plus une partie prenante est indispensable et dispose d'accès étendus, plus elle est dangereuse ; plus elle est mûre en sécurité et digne de confiance, moins elle l'est. Les parties prenantes au-dessus d'un seuil sont dites critiques.

Partie prenante de Rhône AnalysesDépendancePénétrationMaturitéConfianceNiveau de menace
Éditeur du SIL (télémaintenance)4423(4 × 4) / (2 × 3) = 2,7
Hébergeur du portail, certifié HDS3243(3 × 2) / (4 × 3) = 0,5
Prestataire de maintenance des automates3312(3 × 3) / (1 × 2) = 4,5

Avec un seuil de 2, l'éditeur du SIL et le prestataire de maintenance des automates sont des parties prenantes critiques ; l'hébergeur, certifié et peu intrusif, ne l'est pas.

On construit ensuite les scénarios stratégiques : le chemin qu'une source de risque peut emprunter pour atteindre son objectif, en passant éventuellement par une partie prenante, jusqu'à une valeur métier, ce qui provoque un événement redouté. La gravité du scénario est celle de l'événement redouté.

Source de risqueGroupecybercriminelobjectif : rançonPartie prenante critiqueÉditeur du SILcompromisValeur métierRéaliser les analysesÉvénement redouté ER1Production interrompueplus de 24 heuresgravité G4télémaintenancechemin direct : hameçonnage d'un salarié
Un scénario stratégique : deux chemins d'attaque, dont un par l'éditeur du SIL, vers le même événement redouté

L'atelier se termine par des mesures sur l'écosystème : clauses de sécurité dans les contrats, accès de télémaintenance ouverts uniquement à la demande, audit du prestataire, exigence d'un second facteur pour tout accès distant.

Atelier 4 : scénarios opérationnels

Le quatrième atelier descend dans la technique : pour chaque scénario stratégique retenu, on décrit le mode opératoire sur les biens supports, puis on estime sa vraisemblance. L'ANSSI propose de découper l'attaque en quatre phases :

PhaseCe que fait l'attaquantScénario opérationnel de R1 chez Rhône Analyses
ConnaîtreIl se renseigne sur sa cibleIl repère sur les réseaux professionnels les techniciens de l'éditeur du SIL et le nom du logiciel utilisé par le laboratoire
RentrerIl obtient un premier accèsIl achète des identifiants volés d'un technicien de l'éditeur et se connecte au VPN de télémaintenance, protégé par un simple mot de passe
TrouverIl se déplace et élève ses privilègesDepuis le serveur du SIL, il récupère un compte administrateur du domaine et cartographie le réseau, qui n'est pas segmenté
ExploiterIl atteint son objectifIl copie des données, détruit les sauvegardes accessibles, puis chiffre les serveurs et affiche la demande de rançon

La fiche méthode de l'ANSSI propose trois façons de coter la vraisemblance : la méthode expresse (on cote directement le scénario dans son ensemble), la méthode standard (on cote la probabilité de succès de chaque action élémentaire) et la méthode avancée (on y ajoute la difficulté technique de chaque action). Au BTS, la méthode expresse suffit : on donne un niveau de V1 à V4 et on le justifie par des faits.

Vraisemblance de R1 : V3 (très vraisemblable). Le groupe est motivé et outillé ; des identifiants de prestataires se revendent couramment ; l'accès distant n'exige pas de second facteur ; le réseau plat facilite la propagation. Ce mode opératoire a déjà frappé des établissements de santé.

Atelier 5 : traitement du risque

Le dernier atelier rassemble les scénarios dans une synthèse des risques (la matrice et la liste du chapitre 3), puis décide pour chacun d'une stratégie de traitement : réduire, transférer, éviter ou accepter (chapitre 5).

Les mesures retenues forment le PACS, le plan d'amélioration continue de la sécurité : chaque mesure a un responsable, une échéance, un coût estimé et un indicateur de suivi. On évalue enfin les risques résiduels, que la direction accepte, et on fixe un cadre de suivi : indicateurs, revue des risques, dates de mise à jour de l'étude.

Mesure du PACSRisques traitésResponsableÉchéanceIndicateur
Second facteur obligatoire et ouverture à la demande de la télémaintenanceR1Inès1 mois100 % des accès distants avec second facteur
Sauvegarde déconnectée du SIL, restauration testée chaque trimestreR1Inès2 moisDurée de la dernière restauration testée
Segmentation du réseau : automates, serveurs, postes, administrationR1Inès et un prestataire6 moisFlux entre zones conformes à la matrice de flux
Contrôle d'appartenance du dossier à chaque requête du portailR2Nathan2 semainesTests automatisés d'accès croisé au vert
Clause de sécurité dans le contrat de l'éditeur (second facteur, notification d'incident sous 24 h)R1, R3Claire FabreAu renouvellementClause signée

Les cycles stratégique et opérationnel

Une analyse de risques n'est jamais terminée. EBIOS RM distingue deux rythmes de mise à jour :

  • le cycle stratégique (ateliers 1 à 3, et la synthèse) se revoit sur plusieurs années, ou quand l'organisation change profondément : nouvelle activité, fusion, nouveau partenaire critique ;
  • le cycle opérationnel (atelier 4, et le suivi du plan) se revoit plus souvent, par exemple chaque année, ou quand une nouvelle vulnérabilité, un nouveau mode d'attaque ou un incident le justifie.

Chez Rhône Analyses, l'ouverture du portail aux pharmacies partenaires déclenchera une mise à jour du cycle stratégique : une nouvelle partie prenante, de nouveaux accès, de nouveaux événements redoutés.

Comment EBIOS RM tombe à l'E7

Les sujets ne demandent pas de dérouler la méthode : ils te placent dans un « atelier d'analyse des risques » et te font compléter une étape. Sur la période 2022-2025, en option SLAM :

  • le sujet 2022 était construit comme un atelier : besoins de sécurité des cas d'utilisation, puis un tableau des événements redoutés et de leurs impacts (avec une gravité) à compléter, puis un tableau de scénarios de risques pour lesquels il fallait proposer des mesures ; une question demandait aussi ce qui pouvait motiver certains clients à réaliser deux scénarios, ce qui revient à analyser la source de risque et son objectif ;
  • le sujet 2023 fournissait une « matrice d'analyse de risques de la méthode EBIOS » avec deux risques placés et demandait de justifier leur gravité ;
  • le sujet 2024 a repris la matrice et les scénarios de risques, le sujet 2025 les besoins de sécurité et ce qu'il appelait un « événement redouté », l'attaque par rançongiciel (au sens strict d'EBIOS RM, l'événement redouté serait l'arrêt de l'activité ou la divulgation des données ; l'attaque est le scénario), sans dérouler les ateliers.

Retiens donc surtout les mots (valeur métier, bien support, événement redouté, source de risque, objectif visé, partie prenante, scénario stratégique, scénario opérationnel, PACS, risque résiduel) et la logique d'ensemble.

Exercices

Exercice 1 sur 5 Quel atelier ? Réussi À revoir

Indique dans quel atelier d'EBIOS RM est produit chacun de ces éléments.

  1. « Groupe cybercriminel / revendre des données de santé ».
  2. Le niveau de menace de l'infogérant qui administre les serveurs.
  3. « Le portail est indisponible plus de deux jours », gravité G3.
  4. Le mode opératoire en quatre phases d'une attaque par hameçonnage.
  5. La liste des mesures avec leur responsable, leur échéance et leur indicateur.
  6. Les écarts entre la configuration actuelle et le guide d'hygiène de l'ANSSI.
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 1
  1. Atelier 2 : un couple source de risque / objectif visé.
  2. Atelier 3 : l'évaluation des parties prenantes de l'écosystème.
  3. Atelier 1 : un événement redouté et sa gravité.
  4. Atelier 4 : un scénario opérationnel (connaître, rentrer, trouver, exploiter).
  5. Atelier 5 : le plan d'amélioration continue de la sécurité (PACS).
  6. Atelier 1 : le socle de sécurité.

Tu avais trouvé ?

Exercice 2 sur 5 Compléter un tableau d'événements redoutés (SLAM) Réussi À revoir

Une boutique en ligne de pièces de vélo (12 salariés, 80 % du chiffre d'affaires sur le site) mène un atelier d'analyse de risques. Complète l'impact et propose une gravité de G1 à G4 pour chaque événement redouté, en justifiant en une phrase.

  1. Le site de vente est indisponible pendant trois jours en pleine saison.
  2. Les adresses et numéros de téléphone des clients sont divulgués.
  3. Les prix affichés sur le site sont modifiés à l'insu de la boutique.
  4. Le blog de conseils d'entretien est indisponible une semaine.
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 2

Plusieurs gravités sont défendables si la justification tient. Une proposition :

  1. Impact : trois jours sans ventes en pleine saison, des clients qui achètent chez un concurrent et peuvent ne pas revenir. G3 ou G4 : 80 % du chiffre d'affaires passe par le site ; pour une entreprise de 12 salariés, la perte peut menacer sa trésorerie (G4 si la saison représente l'essentiel de l'année).
  2. Impact : violation de données personnelles à notifier à la CNIL, risque d'hameçonnage ciblé des clients, perte de confiance. G2 ou G3 : les données ne sont pas sensibles au sens du RGPD et l'activité continue, mais l'image en souffre et une sanction est possible.
  3. Impact : ventes à perte si les prix baissent, ou commandes annulées et litiges s'ils montent, avec l'obligation de gérer les commandes passées. G3 : préjudice financier direct, potentiellement important avant détection.
  4. Impact : quelques visites en moins, pas de vente perdue directement. G1 : aucun effet sur l'activité principale.

Tu avais trouvé ?

Exercice 3 sur 5 Sources de risque et objectifs visés Réussi À revoir

Pour une mairie de 15 000 habitants, propose trois couples source de risque / objectif visé pertinents, et un couple que tu ne retiendrais pas, en justifiant.

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 3

Exemples de couples retenus :

  • Groupe cybercriminel / extorquer une rançon en bloquant les services municipaux : les collectivités sont des cibles fréquentes, souvent moins protégées que les grandes entreprises.
  • Hacktiviste / défigurer le site ou bloquer les services pour protester contre une décision municipale : motivation ponctuelle, mais réelle lors d'un projet contesté.
  • Agent ou ancien agent mécontent / se venger en supprimant des données ou en divulguant des documents internes : il dispose ou a disposé d'accès légitimes.

Couple non retenu, par exemple : État étranger / espionner les décisions municipales : une mairie de cette taille détient peu d'informations stratégiques pour un État ; la motivation est faible au regard des ressources à engager. Le risque résiduel de ce type de menace est couvert par le socle de sécurité.

Tu avais trouvé ?

Exercice 4 sur 5 Niveau de menace d'une partie prenante Réussi À revoir

Calcule le niveau de menace de chaque partie prenante avec la formule du guide, puis indique lesquelles sont critiques avec un seuil de 2.

Partie prenanteDépendancePénétrationMaturité cyberConfiance
Infogérant qui administre tous les serveurs4432
Cabinet comptable qui reçoit un export mensuel2123
Prestataire de vidéoprotection avec un accès distant aux caméras2311
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 4
  • Infogérant : (4 × 4) / (3 × 2) = 16 / 6 ≈ 2,7 → critique.
  • Cabinet comptable : (2 × 1) / (2 × 3) = 2 / 6 ≈ 0,3 → non critique.
  • Prestataire de vidéoprotection : (2 × 3) / (1 × 1) = 6 → critique, et de loin le plus préoccupant : une maturité cyber faible et une confiance faible avec un accès distant au réseau. Une mesure sur l'écosystème s'impose (accès à la demande, cloisonnement des caméras dans un VLAN dédié, clause contractuelle).

Tu avais trouvé ?

Exercice 5 sur 5 Décrire un scénario opérationnel (SISR) Réussi À revoir

Un groupe cybercriminel vise une PME industrielle pour obtenir une rançon. La PME expose un serveur de bureau à distance (RDP) directement sur Internet ; les mots de passe des comptes ne sont pas soumis à une politique de complexité ; les postes et les serveurs sont sur le même réseau ; les sauvegardes sont sur un NAS du même réseau. Décris le mode opératoire en quatre phases, puis propose une vraisemblance justifiée.

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 5
  • Connaître : l'attaquant balaie Internet à la recherche de services RDP ouverts (port 3389) et trouve celui de la PME.
  • Rentrer : il tente des milliers de mots de passe courants sur les comptes (attaque par force brute ou par pulvérisation de mots de passe) et finit par se connecter avec un compte au mot de passe faible.
  • Trouver : depuis le serveur, il récupère des identifiants d'administrateur et parcourt le réseau plat, où il trouve les serveurs et le NAS des sauvegardes.
  • Exploiter : il supprime ou chiffre les sauvegardes, puis chiffre les serveurs et les postes, et demande une rançon.

Vraisemblance : V4 (quasi certain) ou V3 (très vraisemblable). Un service RDP exposé sur Internet est balayé en permanence par des outils automatiques ; sans politique de mot de passe ni second facteur, la force brute aboutit tôt ou tard ; aucune segmentation ne freine la propagation. Les mesures évidentes : fermer le RDP sur Internet (accès via un VPN avec second facteur), politique de mots de passe, segmentation, sauvegardes déconnectées.

Tu avais trouvé ?

Chapitre terminé !

Fais les 5 exercices avant de passer à la suite : c'est en t'entraînant que tout se fixe.

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