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Réussir mon BTS SIO

Tape une notion, une commande ou le nom d'une épreuve.

Par exemple

Windows14 livrables

L'adressage IP, pour de vrai

D'abord tu diagnostiques TA machine, tu comprends ce que tu vois, puis tu vas chercher du matériel et tu montes ton propre petit réseau — que tu testes, casses et répares.

Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Publié le , mis à jour le .

Matériel (Partie 3)
3 PC (salle 4) · 1 switch (salle 3) · câbles RJ45
Déroulé
5 parties · ~4 h · flags A→N à rendre

Avant de commencer

Quand deux ordinateurs se parlent sur un réseau, chacun a besoin d'une adresse — comme une adresse postale, pour savoir où envoyer les données. Cette adresse, c'est l'adresse IP. Dans ce TP tu vas : (1) explorer et diagnostiquer le réseau de TA machine, (2) comprendre ce que tu as vu, (3) monter de tes mains un petit réseau à l'agence GSB, et (4) le tester.

Schéma : réseau GSB — 192.168.10.0 / 24 · PC 1 · .11 · PC 2 · .12 · PC 3 · .13 · SWITCH

Le but final (Partie 3-4) — tes 3 PC dans le réseau 192.168.10.0/24, qui se répondent au ping. Et comprendre pourquoi ça marche (ou pas).

Le déroulé (~4 h)

DuréePartieCe que tu fais
~45 min1 · Diagnostiquer ta machinelire ta config, pinguer « en escalier », suivre le chemin
~1 h2 · Comprendre ce que tu as vubinaire, masque, réseau/hôte, privé/public, calculs, MAC et ARP
~45 min3 · Monter ton réseaualler chercher le matériel, câbler, configurer les IP
~45 min4 · Tester ton réseauping entre PC, partage de fichier (ça marche !)
~1 h5 · Le labo : expériences & pannesconflit, changer de réseau, APIPA, ARP, tempête de broadcast, ARP spoofing (cyber)

Partie 1 · Diagnostiquer ta machine

Ch.1 — Lire ta config réseau

Ton PC est déjà sur un réseau. On commence par regarder sa configuration. Ouvre un terminal : sous Windows, touche Windows → tape cmd → Entrée.

powershell
ipconfig /all
Ce que tu dois voir
Carte Ethernet Ethernet :
   Adresse physique (MAC). . . : A4-BB-6D-2F-10-9C
   Adresse IPv4. . . . . . . . : 192.168.1.34
   Masque de sous-réseau . . . : 255.255.255.0
   Passerelle par défaut . . . : 192.168.1.1
   Serveurs DNS. . . . . . . . : 192.168.1.1

FLAG A

ta carte d'identité réseau

Recopie : ton adresse MAC, ton IPv4, ton masque, ta passerelle, ton DNS.

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Ch.2 — Pinguer « en escalier »

ping envoie un petit message « tu es là ? » et attend la réponse. C'est le test de base. La méthode des pros : on teste du plus proche au plus loin, pour localiser une panne.

Schéma : 1. moi-même · 2. passerelle · 3. internet (IP) · 4. internet (nom)

Tape ces 4 commandes, une par une, et note pour chacune si ça répond ou non :

powershell
ping 127.0.0.1          # 1. ma propre carte réseau marche-t-elle ?
ping 192.168.1.1        # 2. (mets TA passerelle) le routeur répond-il ?
ping 8.8.8.8            # 3. Internet par adresse IP (serveur Google)
ping google.com         # 4. Internet par NOM (teste aussi le DNS)

FLAG B

le diagnostic en escalier

Pour chacun des 4 pings : répond (OK) ou pas (KO) ? Si une étape échoue, laquelle et qu'est-ce que ça t'apprend ?

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Ch.3 — Suivre le chemin : tracert

Entre ta machine et un site, les données passent par plusieurs routeurs (des « sauts »). tracert les affiche tous.

powershell
tracert google.com       # Windows   (traceroute sous Linux/Mac)
Ce que tu dois voir
  1    <1 ms   192.168.1.1        ← ta passerelle (1er saut)
  2     8 ms   80.10.xxx.xxx      ← routeur du fournisseur
  3    12 ms   ...                ← ...
  8    15 ms   142.250.xxx.xxx    ← serveur Google (destination)

Bonus — qui se cache derrière un nom ? (nslookup)

powershell
nslookup google.com

FLAG C

le chemin

Combien de sauts (hops) pour atteindre un site de ton choix ? Quelle est l'adresse du 1er saut, et à quoi correspond-elle ?

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Partie 2 · Comprendre ce que tu as vu

Ch.4 — L'IP et le binaire

Tu as vu des adresses comme 192.168.1.34. Décortiquons. Une adresse IPv4 = quatre nombres (les octets), de 0 à 255, séparés par des points. Derrière, ce ne sont que des 0 et des 1 : chaque octet = 8 bits, donc 4 × 8 = 32 bits.

Pour lire un octet, chaque position vaut une puissance de 2 :

Position12345678
Vaut1286432168421

On additionne les positions à 1.

Binaire → décimal

  1 1 0 0 0 0 0 0
128+64             = 192        →  11000000 = 192

Décimal → binaire (on soustrait de gauche à droite)

168 ≥ 128 ? oui → 1, reste 40      40 ≥ 16 ? non → 0
 40 ≥ 64  ? non → 0                  8 ≥  8 ? oui → 1, reste 0
 40 ≥ 32  ? oui → 1, reste 8         0 → 0 0 0
 = 1 0 1 0 1 0 0 0  = 168

FLAG D

conversions

En binaire : 10 et 255. En décimal : 11000000 et 00001010. Bonus : convertis ton dernier octet (Flag A) en binaire.

Tes réponses.

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Ch.5 — Le masque : réseau vs hôte

Une IP contient deux infos : sur quel réseau tu es (la « rue ») et quelle machine tu es (le « numéro »). Ce qui sépare les deux, c'est le masque que tu as lu au Flag A.

Schéma : 192 · 168 · 10 · 25 · partie RÉSEAU (la rue) · partie HÔTE · masque 255.255.255.0 = /24 → 3 octets réseau, 1 octet hôte

Ch.6 — CIDR, réseau, broadcast, hôtes

Écrire 255.255.255.0 est long : on compte les bits à 1 du masque et on l'écrit après une barre. C'est le CIDR.

MasqueCIDROctets réseau
255.0.0.0/81
255.255.0.0/162
255.255.255.0/243

Dans un réseau, deux adresses sont réservées (jamais pour une machine) :

Rôle (ex. 192.168.10.0/24)Adresse
Adresse réseau (hôte = 0)192.168.10.0
1re machine utilisable192.168.10.1
Dernière utilisable192.168.10.254
Adresse broadcast (hôte = 255)192.168.10.255
nombre de machines = 2^(bits hôte) − 2
pour un /24        = 2^8 − 2 = 254

FLAG E

calcule

Pour 192.168.50.0/24 : adresse réseau, broadcast, 1re et dernière utilisables, nombre de machines. Puis fais la même chose pour TON réseau (celui du Flag A).

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Ch.7 — Privé, public, spéciales

Il n'y a pas assez d'adresses pour toutes les machines du monde. Chez toi/en entreprise, on utilise des adresses privées (réutilisables), traduites vers une publique unique par la box (le NAT).

Plages privées (RFC 1918)Où
10.0.0.0 → 10.255.255.255grandes entreprises
172.16.0.0 → 172.31.255.255entreprises moyennes
192.168.0.0 → 192.168.255.255maison, petites structures

Tout le reste est public (ex. 8.8.8.8). Et quelques spéciales : 127.0.0.1 (loopback = moi-même), 169.254.x.x (APIPA = pas de DHCP trouvé).

FLAG F

reconnaître

Classe en privée / publique / spéciale : 192.168.1.10 · 8.8.8.8 · 127.0.0.1 · 172.20.5.1 · 54.230.12.9 · 169.254.3.3.

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Ch.8 — L'adresse MAC : le numéro gravé de ta carte

Au Ch.1, tu as recopié une drôle d'adresse : la MAC, du style A4-BB-6D-2F-10-9C. Mais ton PC a déjà une adresse IP… pourquoi en avoir deux ?

Deux adresses, comme toi

Adresse IPAdresse MAC
Imageton adresse postalele numéro de série gravé sur ton vélo
Change ?oui : si tu changes de réseau (maison → école), tu changes d'IPnon : elle est fixée dans la carte réseau à l'usine, elle te suit partout
Qui la donne ?le réseau (la box via DHCP, ou toi à la main)le fabricant de la carte
Sert à…trouver le bon réseau, même à l'autre bout du mondetrouver la bonne machine dans la pièce (réseau local)

La MAC est stockée dans la carte réseau : la puce qui gère ta prise Ethernet (ou ton Wi-Fi). Chaque carte a la sienne. Un portable avec une prise Ethernet et du Wi-Fi a donc deux MAC.

Pourquoi il y a des lettres dedans ?

Une MAC est écrite en hexadécimal : une façon de compter où un seul caractère va de 0 à 15. Après 9, on n'a plus de chiffres, alors on utilise des lettres :

Caractère0…9ABCDEF
Vaut0…9101112131415

Avec 2 caractères, on écrit un nombre de 0 à 255 — exactement un octet, comme dans une IP. Une MAC = 6 octets écrits en hexadécimal :

Ce que tu dois voir
   A4-BB-6D    -    2F-10-9C
   └ fabricant ┘    └ numéro de CETTE carte ┘

Qui se sert de la MAC ? Le switch.

Imagine une lettre adressée à « Karim, 12 rue des Lilas ». L'adresse (l'IP) amène la lettre jusqu'au bon immeuble (le bon réseau). Dans l'immeuble, c'est le gardien qui la dépose dans la bonne boîte, en lisant le nom dessus (la MAC).

Ton switch, c'est ce gardien. Il ne lit pas les IP : il ne connaît que les MAC. Au fil du temps, il remplit un carnet, la table MAC : « la MAC B8-27-EB-… est branchée sur mon port 2 ». Comme ça, il envoie chaque message seulement sur le bon port, au lieu de le distribuer à tout le monde.

Ch.9 — ARP : « Qui est Karim ? »

Reprenons ton ping : ping 192.168.10.12. Tu connais l'IP de ton voisin (tu viens de la taper). Mais pour que le switch livre, il faut sa MAC… que tu ne connais pas. Comment ton PC la trouve-t-il ?

L'image : le premier jour en classe

Tu dois rendre un cahier à « Karim », mais tu ne sais pas qui c'est. Tu fais quoi ? Tu demandes à toute la classe : « Qui est Karim ? ». Karim lève la main. Tu retiens où il est assis. La prochaine fois, tu vas directement vers lui, sans redemander.

Ton PC fait exactement ça, avec un protocole appelé ARP (Address Resolution Protocol, « trouver l'adresse ») :

Schéma : ① PC 1 demande à TOUT LE MONDE : « Qui a 192.168.10.12 ? » · PC 1 · .11 (cherche) · PC 2 · .12 « c'est moi » · PC 3 · .13 (pas moi) · ② PC 2 répond à PC 1 seul : « C'est moi ! Ma MAC : B8-27-EB-45-1A-03 »

  1. La question (requête ARP) — PC 1 envoie un message à tout le monde (à la MAC FF-FF-FF-FF-FF-FF, tu te souviens ?) : « Qui a l'IP 192.168.10.12 ? Réponds à ma MAC. »
  2. La réponse (réponse ARP) — Toutes les machines reçoivent la question, mais seul PC 2 se reconnaît. Il répond uniquement à PC 1 : « C'est moi, ma MAC est B8-27-EB-45-1A-03. » PC 3 ignore la question.
  3. Le carnet (table ARP) — PC 1 note le couple « 192.168.10.12 = B8-27-EB-45-1A-03 » dans un carnet appelé table ARP (ou cache ARP). Pendant quelques minutes, il ne redemandera plus.

Tout ça est automatique — ça se passe en une fraction de seconde, juste avant ton premier ping. Tu ne le vois pas… sauf si tu ouvres le carnet. C'est ce que tu feras en Partie 5 (Expérience 4).

Partie 3 · Monte ton réseau

Ch.10 — Va chercher le matériel

Fini la théorie : on construit. Mets-toi en trinôme (3 élèves = 3 PC). Un membre du groupe va chercher le matériel pendant que les autres préparent la table.

Reconnaître le matériel

  • Le switch : une boîte avec une rangée de prises (ports) RJ45 et des petites LED. C'est lui qui relie les PC d'un même réseau.
  • Le câble RJ45 : un gros connecteur transparent avec un clip. Il va de la carte réseau du PC (prise à l'arrière) à un port du switch.

Ch.11 — Câbler le réseau

  1. Allume le switch (et les PC si besoin).
  2. Branche chaque PC : un câble de la carte réseau du PC à un port du switch. Tu dois entendre un clic.
  3. Vérifie la LED du port (côté switch et côté PC) : allumée = le lien physique est bon.

Tu dois voir — une LED allumée par câble branché. Pas de LED = câble mal enfoncé, mauvais port, ou PC éteint : reprends le clic.

FLAG G

le lien physique

Combien de PC as-tu branchés ? Les LED sont-elles allumées ? (une photo du montage est la bienvenue)

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Ch.12 — Donner une IP à chaque PC

Le câble ne suffit pas : il faut une adresse. On met les 3 PC dans le réseau 192.168.10.0/24. Répartissez : PC 1 = .11, PC 2 = .12, PC 3 = .13.

Sur Windows

  1. Panneau de configuration → Réseau et Internet → Centre Réseau et partage → « Modifier les paramètres de la carte » (ou : Paramètres → Réseau → Modifier les options d'adaptateur).
  2. Clic droit sur la carte Ethernet → Propriétés.
  3. Double-clic sur « Protocole Internet version 4 (TCP/IPv4) ».
  4. Coche « Utiliser l'adresse IP suivante » et remplis :
Ce que tu dois voir
Adresse IP          : 192.168.10.11    (TON numéro : .11 / .12 / .13)
Masque de sous-rés. : 255.255.255.0
Passerelle          : (laisse vide)

Sur Linux (temporaire, en ligne de commande)

bash
sudo ip addr add 192.168.10.11/24 dev eth0
  1. Valide, ferme. Vérifie avec ipconfig que ton PC affiche bien sa nouvelle adresse 192.168.10.x.

Partie 4 · Teste ton réseau

Ch.13 — Ça communique ?

1. Teste ta propre carte

powershell
ping 127.0.0.1

2. Pingue tes coéquipiers

powershell
ping 192.168.10.12
ping 192.168.10.13
Ce que tu dois voir
Réponse de 192.168.10.12 : octets=32 temps<1 ms TTL=128
Statistiques Ping : Perdus = 0 (perte 0%)

FLAG H

ton réseau vit

Capture un ping réussi vers un coéquipier (son IP + « Perdus = 0% »).

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Ch.14 — La preuve ultime : partager un fichier

Un réseau qui marche, c'est fait pour échanger. Faisons passer un fichier du PC 1 au PC 2.

  1. Sur PC 1 : crée un dossier Partage, mets-y un petit fichier (ex. bonjour.txt).
  2. Clic droit sur le dossier → Propriétés → onglet Partage → Partager → ajoute « Tout le monde » en lecture → valide.
  3. Sur PC 2 : ouvre l'explorateur, dans la barre d'adresse tape :
\\192.168.10.11

FLAG I

l'échange

As-tu réussi à ouvrir le fichier de PC 1 depuis PC 2 ? Qu'as-tu dû activer ?

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Partie 5 · Le labo : expériences & pannes

Le labo du réseau

Ton réseau marche : parfait, maintenant on va le maltraiter pour comprendre. Chaque expérience suit le même rythme : tu provoques, tu observes, tu expliques. Entre chaque, remets une config propre (les 3 PC en 192.168.10.11/.12/.13, masque /24).

Expérience 1 — Le conflit d'adresse

  1. Mets exprès deux PC sur la même adresse 192.168.10.11.
  2. Regarde l'alerte Windows, puis essaie de pinguer ce .11 depuis le 3e PC.
  3. Remets des adresses différentes.

Tu dois voir — « Conflit d'adresse IP détecté », et des réponses au ping incohérentes. Une adresse doit être unique : sinon le réseau ne sait plus à qui livrer. (C'est pour ça que le DHCP existe : il distribue sans jamais donner deux fois la même.)

Expérience 2 — Changer de réseau

Sur UN seul PC (PC 3), mets 192.168.20.13 (même masque /24). Ne touche pas aux autres.

  1. Depuis PC 1, pingue PC 2 (.10.12) → marche encore.
  2. Depuis PC 1, pingue PC 3 (192.168.20.13) → échoue, alors qu'il est toujours sur le même switch.

FLAG J

explique

En 2 phrases : pourquoi le ping échouait vers 192.168.20.13, et que faudrait-il pour les relier ?

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Expérience 3 — APIPA (pas de DHCP)

Sur ton mini-réseau, il n'y a pas de serveur DHCP (juste un switch). Que se passe-t-il si une machine attend une adresse automatique qui ne viendra jamais ?

  1. Sur deux PC, repasse la carte en « Obtenir une adresse IP automatiquement » (DHCP).
  2. Patiente ~1 minute (le temps que la demande DHCP échoue), puis fais ipconfig.
Ce que tu dois voir
   Adresse IPv4. . . . . . . . : 169.254.137.88   (auto-configuration)
   Masque de sous-réseau . . . : 255.255.0.0
  1. Pingue un PC APIPA depuis l'autre PC APIPA (leurs 169.254.x.x).

Tu dois voir — ça répond ! Les deux sont dans le même réseau 169.254.0.0/16, donc ils se parlent. Mais ils n'ont ni passerelle ni Internet.

FLAG K

APIPA

Quelle adresse ton PC s'est-il donné tout seul ? Deux PC en APIPA se pinguent-ils ? Pourquoi ?

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Expérience 4 — ARP en vrai : ouvre le carnet

Au Ch.9, tu as vu comment ton PC trouve la MAC d'un voisin (« Qui est Karim ? »). Maintenant, tu vas le voir et le vérifier.

  1. Remets les 3 PC en 192.168.10.x.
  2. Depuis PC 1, pingue PC 2 puis PC 3 (ça déclenche les questions ARP).
  3. Ouvre le carnet ARP :
arp -a
Ce que tu dois voir
Interface : 192.168.10.11 --- 0x7
  Adresse Internet      Adresse physique      Type
  192.168.10.12         b8-27-eb-45-1a-03     dynamique
  192.168.10.13         3c-52-82-0f-77-d1     dynamique
  192.168.10.255        ff-ff-ff-ff-ff-ff     statique

La vérification

  1. Demande à PC 2 de taper ipconfig /all et de te lire son « Adresse physique ».
  2. Compare avec la MAC que ton carnet ARP affiche pour 192.168.10.12.

Tu dois voir — c'est la même (Windows l'écrit juste en minuscules dans arp -a). ARP a bien trouvé la bonne carte.

FLAG L

ARP en vrai

Recopie la ligne de ton carnet ARP pour PC 2. Est-ce la même MAC que dans son ipconfig /all ? Que veut dire « dynamique » ?

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Voir l'état du lien en direct

powershell
ping -t 192.168.10.12

Expérience 5 — La tempête de broadcast

Une adresse spéciale, le broadcast, envoie un message « à tout le monde » sur le réseau. Normalement, c'est utile. Mais regarde ce qui se passe si on crée une boucle.

  1. Prends un câble réseau et branche-le entre deux ports de TON switch (le câble part du switch… et revient au switch). Tu viens de créer une boucle.
  2. Observe les LED du switch pendant 5-10 secondes.
  3. Essaie un ping entre tes PC.
  4. Retire la boucle immédiatement.

Tu dois voir — toutes les LED se mettent à clignoter frénétiquement et en même temps, le réseau devient très lent, les pings rament ou échouent. Dès que tu retires le câble en boucle, tout revient à la normale.

FLAG M

la tempête

Qu'as-tu observé sur les LED et sur le ping ? Comment s'appelle ce phénomène, et qu'est-ce qui l'évite dans les vrais réseaux ?

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Partie 5 · Un peu de cyber

Coin cyber — l'ARP spoofing

Souviens-toi de la classe (Ch.9) : « Qui est Karim ? » — et tu crois celui qui lève la main. Et si quelqu'un d'autre levait la main à sa place ? ARP a ce défaut énorme : il croit n'importe qui. Quand une machine reçoit une réponse ARP, elle la gobe sans aucune vérification. Un attaquant sur le même réseau local va exploiter ça.

Schéma : Victime · .25 · Attaquant · ment en ARP · Passerelle · → Internet · trajet normal (court-circuité) · « la passerelle, c'est MA MAC » → tout passe par lui

Comment ça marche

  1. L'attaquant envoie à la victime de fausses réponses ARP : « l'adresse de la passerelle (192.168.10.1), c'est MA MAC ».
  2. La victime met ça dans son cache ARP (celui que tu as vu avec arp -a). Elle est trompée.
  3. Désormais, tout ce que la victime croit envoyer « vers Internet » part en fait chez l'attaquant.
  4. L'attaquant relaie vers la vraie passerelle : la victime ne voit rien. Il est au milieu — un man-in-the-middle (MITM).

À partir de là, il peut lire tout le trafic (mots de passe non chiffrés, pages visitées), voire le modifier à la volée.

Se défendre / détecter

  • arp -a : repérer deux IP qui pointent vers la même MAC, ou la MAC de la passerelle qui change soudainement = signe d'empoisonnement.
  • Entrées ARP statiques pour les machines critiques (la correspondance est figée).
  • Sur les switches pro : le Dynamic ARP Inspection (DAI) qui filtre les fausses réponses.
  • HTTPS / chiffrement : même intercepté, un trafic chiffré reste illisible. Le cadenas du navigateur, c'est exactement ce qui limite les dégâts d'un MITM.

FLAG N

cyber

En 3-4 lignes : comment l'ARP spoofing permet-il d'intercepter le trafic d'une victime ? Cite 2 défenses. Pourquoi HTTPS limite-t-il les dégâts ?

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Défis bonus (pour les rapides)

  • Ajoute un 4e PC en .14 et vérifie qu'il pingue tout le monde.
  • Forme deux groupes (.10.x et .20.x) et constate qu'ils ne se voient pas → il manque un routeur (la prochaine séance !).
  • Teste ping 192.168.10.255 (le broadcast) et observe les réponses.
  • Affiche ta table ARP (arp -a), note la MAC de la passerelle, et explique comment tu repérerais qu'elle a été usurpée.

On range & on vérifie

Remettre en ordre (OBLIGATOIRE)

  1. Remets chaque carte réseau en « Obtenir une adresse IP automatiquement » (DHCP), et pareil pour le DNS.
  2. Débranche proprement les câbles (clip d'abord), enroule-les.
  3. Rapporte le matériel : les 3 PC en salle 4, le switch et les câbles en salle 3.
  4. Vérifie avec ipconfig (et un ping google.com) que ton poste a retrouvé Internet.

Checklist de fin

  • ☐ J'ai lu et compris ma config (IP, masque, passerelle, DNS, MAC).
  • ☐ J'ai fait le diagnostic en escalier (loopback → passerelle → Internet).
  • ☐ Je sais convertir binaire ↔ décimal et calculer réseau/broadcast/hôtes.
  • ☐ J'ai monté un réseau de 3 PC + switch et réussi un ping.
  • ☐ J'ai compris pourquoi changer de réseau casse la communication.
  • ☐ J'ai testé APIPA (169.254) et vu une tempête de broadcast.
  • ☐ Je sais ce qu'est une adresse MAC, comment marche ARP, et en quoi consiste l'ARP spoofing.
  • ☐ Mes flags A→N sont remplis, et j'ai remis le DHCP + rapporté le matériel.

Mini-quiz (vérifie-toi)

  1. Combien de bits dans une IPv4 ? Combien d'octets ?
  2. Quelle est la différence entre une adresse MAC et une adresse IP ?
  3. Dans le diagnostic en escalier, si 8.8.8.8 répond mais pas google.com, d'où vient le problème ?
  4. Dans 192.168.10.0/24, quelle est l'adresse de broadcast ? Combien de machines ?
  5. Deux PC au même switch, en 192.168.10.x et 192.168.20.x : se pinguent-ils ? Pourquoi ?
  6. Un PC affiche 169.254.18.4 : que s'est-il passé ?
  7. Qu'est-ce qui provoque une tempête de broadcast, et qu'est-ce qui l'empêche dans les vrais réseaux ?
  8. Quelle est la différence entre une adresse IP et une adresse MAC ? À quoi sert ARP ?
  9. En une phrase : pourquoi l'ARP spoofing est-il possible, et comment s'en protéger ?

(Réponses dans le corrigé.)

Glossaire

Adresse IPidentifiant d'une machine sur un réseau (IPv4 = 32 bits).
Adresse MACidentité matérielle de la carte réseau (gravée en usine).
Masque / CIDRsépare réseau et hôte ; /24 = 3 octets réseau.
Passerellela sortie vers les autres réseaux (routeur).
DNSannuaire nom ↔ adresse IP.
Switchrelie les machines d'un même réseau.
ping / tracertteste une machine / affiche le chemin suivi.
APIPAadresse 169.254.x.x que le PC se donne seul quand il ne trouve pas de DHCP.
Hexadécimalfaçon de compter de 0 à 15 avec un seul caractère (0-9 puis A-F) ; sert à écrire les MAC.
ARP« Qui a cette IP ? » → trouve la MAC d'une machine du réseau local.
Table ARP / table MACle carnet du PC (IP ↔ MAC) / le carnet du switch (MAC ↔ port).
ARP spoofing / MITMenvoyer de faux ARP pour se mettre « au milieu » et intercepter le trafic.
Tempête de broadcast / STPune boucle fait tourner les broadcasts à l'infini ; le Spanning Tree coupe les boucles pour l'éviter.

Compétences mobilisées (référentiel BTS SIO)

Bloc 1 · Support et mise à disposition de services informatiques
→ C1.5 Mettre à disposition des utilisateurs un service informatique (installer et configurer un réseau local, vérifier sa disponibilité)
→ C1.2 Répondre aux incidents et demandes d'assistance (diagnostic réseau : ping en escalier, tracert)
→ C1.1 Gérer le patrimoine informatique (recenser le matériel et documenter l'adressage)

Bloc 3 · Cybersécurité des services informatiques
→ C3.3 Sécuriser les équipements et les usages des utilisateurs (identifier une menace réseau — ARP spoofing / MITM — et les défenses associées)

Windows terminé ?

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