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Chapitre 510 minIntermédiaire

Supports de sauvegarde : disque, NAS, bande LTO, cloud

Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Mis à jour le .

À la fin de ce chapitre, tu sauras

  • comparer disque externe, NAS, serveur de sauvegarde, bande LTO et stockage objet ;
  • distinguer un NAS d'un SAN ;
  • calculer un temps de restauration selon le support et le débit ;
  • choisir deux supports adaptés à une organisation.

3 exercices corrigés

Un support de sauvegarde est le média ou le service sur lequel on écrit les sauvegardes : disque dur, NAS, serveur de sauvegarde, bande magnétique ou stockage dans le cloud. On le choisit selon cinq critères : la capacité, la vitesse de sauvegarde et de restauration, le coût au téraoctet, la durée de conservation, et la facilité à le mettre hors site ou hors ligne. Aucun support ne coche toutes les cases : une bonne stratégie en combine au moins deux. Ce chapitre les compare et montre comment calculer un temps de restauration selon le support.

Le disque externe et le disque amovible

Un disque dur externe (USB) est le support le plus simple : peu cher, rapide, transportable. Son point fort est la rotation : deux ou trois disques que l'on échange régulièrement, dont un toujours rangé hors site et débranché.

  • Pour : coût faible, débit correct (150 à 250 Mo/s pour un disque dur, davantage pour un SSD), hors ligne dès qu'il est débranché.
  • Contre : il dépend d'une personne qui pense à l'échanger, il se perd ou tombe, et un disque dur est fragile pendant le transport. Il doit être chiffré (BitLocker, VeraCrypt, LUKS) puisqu'il quitte l'entreprise.

Le NAS

Un NAS (Network Attached Storage) est un boîtier de stockage branché au réseau, qui partage ses disques en mode fichier (SMB pour Windows, NFS pour Linux) ou en mode bloc (iSCSI). Il est le support de sauvegarde le plus courant dans les PME : grande capacité, disques en RAID, prix raisonnable.

  • Pour : capacité de plusieurs dizaines de téraoctets, restauration rapide sur le réseau local, fonctions intégrées (instantanés, réplication vers un second NAS, envoi vers le cloud). Certains NAS proposent des instantanés immuables, verrouillés pendant une durée fixée. Le cours Stockage et NAS avec TrueNAS installe et configure le NAS du labo SISR, de ses disques et RAID à ses snapshots et à sa réplication.
  • Contre : il est en ligne et souvent dans la même salle que les serveurs. Un NAS joint au domaine et monté en lecteur réseau sur les serveurs est l'une des premières cibles d'un rançongiciel.

Le serveur de sauvegarde

Au-delà de quelques serveurs, on installe un serveur de sauvegarde dédié : une machine avec ses propres disques et un logiciel qui gère la déduplication, la compression, la rétention et la vérification. C'est le cas de Proxmox Backup Server, d'un dépôt Veeam (repository) ou d'un serveur BorgBackup. Il remplace avantageusement le NAS : il sait ce qu'il stocke, vérifie l'intégrité de ses données et n'expose pas de partage réseau.

NAS et SAN : deux stockages à ne pas confondre

Le SAN (Storage Area Network) est un réseau dédié au stockage, qui présente aux serveurs des volumes en mode bloc (Fibre Channel, iSCSI) : le serveur les voit comme ses propres disques. Il héberge en général le stockage de production des hyperviseurs et des bases de données (DAS, NAS et SAN dans le cours sur le stockage).

CritèreNASSAN
Ce qu'il partageDes fichiers (SMB, NFS), parfois des volumes iSCSIDes volumes en mode bloc
RéseauLe réseau local de l'entrepriseUn réseau dédié (Fibre Channel) ou un VLAN de stockage (iSCSI)
Usage typiquePartages, sauvegardes de PMEStockage des VM et des bases, haute performance
CoûtFaible à moyenÉlevé

Ni l'un ni l'autre n'est une sauvegarde par nature : un SAN de production redondant reste la copie 1 de la règle 3-2-1.

La bande magnétique LTO

La bande magnétique au format LTO (Linear Tape-Open) est le support historique de la sauvegarde en entreprise, et elle revient en force face aux rançongiciels : une cartouche sortie du lecteur est hors ligne par nature.

GénérationCapacité native par cartoucheDébit natif
LTO-812 To360 Mo/s
LTO-918 To400 Mo/s
LTO-1030 To, et 40 To pour les cartouches commercialisées depuis début 2026400 Mo/s

Les fabricants annoncent aussi une capacité « compressée » (45 To pour une LTO-9), calculée avec un taux de compression de 2,5 pour 1 qui dépend des données : retiens la capacité native.

  • Pour : le coût au téraoctet le plus bas une fois le lecteur acheté, une conservation annoncée de l'ordre de 30 ans dans de bonnes conditions, le chiffrement matériel dans le lecteur (depuis LTO-4), des cartouches WORM qu'on ne peut écrire qu'une fois, et surtout l'isolation physique.
  • Contre : un lecteur ou une bibliothèque coûte plusieurs milliers d'euros, l'accès est séquentiel (retrouver un seul fichier oblige à dérouler la bande), et la restauration commence par aller chercher la cartouche là où elle est rangée. Les lecteurs ne lisent pas toutes les générations : vérifie la compatibilité avant de changer de matériel, et garde un lecteur capable de relire tes anciennes cartouches.

Le cloud et le stockage objet

Le stockage objet compatible S3 (le protocole d'Amazon S3, repris par OVHcloud, Scaleway, Backblaze, Wasabi et bien d'autres) est devenu la destination hors site la plus courante. Les logiciels de sauvegarde y envoient directement leurs données.

  • Pour : hors site par nature, capacité illimitée, aucun matériel à gérer, et le verrouillage des objets (Object Lock), qui rend les sauvegardes immuables pendant une durée fixée.
  • Contre : tout passe par la connexion Internet. La première sauvegarde complète peut prendre des jours, et une restauration massive aussi. La facture comprend le stockage au téraoctet par mois, mais parfois aussi le volume sorti (egress) et le nombre de requêtes : une restauration complète peut coûter cher chez certains fournisseurs. Les données doivent être chiffrées avant l'envoi, avec une clé que l'entreprise garde, et stockées de préférence dans l'Union européenne.

Certains prestataires proposent aussi la reprise dans le cloud (Disaster Recovery as a Service, DRaaS) : les sauvegardes sont restaurées directement en VM chez le prestataire, ce qui évite de rapatrier les données (chapitre 12).

Le comparatif

SupportCoût au ToVitesse de restaurationHors siteHors ligneUsage type
Disque externeFaibleBonneOui, s'il est emportéOui, s'il est débranchéRotation dans une petite structure
NASMoyenBonne sur le réseau localNon, sauf second NAS distantNonSauvegarde locale de PME
Serveur de sauvegardeMoyenTrès bonneNon, sauf second serveur distantNonSauvegarde locale, déduplication, vérification
Bande LTOTrès faible (hors lecteur)Bonne en continu, lente pour un fichier isoléOui, si les cartouches sortentOuiCopie hors ligne, archivage long
Stockage objet cloudFaible à moyen, plus les frais de sortieLimitée par la connexionOuiNon, mais peut être immuableCopie hors site

Calculer un temps de restauration selon le support

Le serveur de fichiers d'Alvéa contient maintenant 2 To à restaurer. Les débits sont des débits réels moyens, pas les maximums des fiches techniques (1 To = 1 000 000 Mo).

SupportDébit réelTemps de restauration de 2 To
Disque externe USB150 Mo/s2 000 000 ÷ 150 = 13 333 s, soit 3 h 42 min
NAS sur réseau gigabit110 Mo/s18 182 s, soit 5 h 3 min
Bande LTO-9300 Mo/s6 667 s, soit 1 h 51 min, plus le temps d'aller chercher la cartouche
Cloud, fibre à 200 Mbit/s (25 Mo/s)25 Mo/s80 000 s, soit 22 h 13 min

Deux leçons. Le réseau gigabit est souvent plus lent qu'un disque branché directement : pour restaurer vite, il faut un réseau à 10 Gbit/s entre le serveur de sauvegarde et les hyperviseurs. Et le cloud est une bonne copie de dernier recours, mais rarement une copie de restauration rapide.

La durée de vie des supports

Un support vieillit, même rangé.

  • Un disque dur en service tourne en général 4 à 6 ans avant que les pannes se multiplient ; un disque rangé doit être rebranché et relu régulièrement.
  • Un SSD non alimenté peut perdre ses données au bout de quelques années : ce n'est pas un support d'archivage.
  • Une cartouche LTO se conserve longtemps à température et hygrométrie stables, à l'abri des champs magnétiques, mais il faut garder un lecteur compatible.
  • Dans le cloud, c'est le fournisseur qui gère le vieillissement, mais l'entreprise reste dépendante de son contrat et de sa pérennité.

Quel que soit le support, la règle est la même : on relit régulièrement ce qu'on a écrit (chapitre 11).

Exercices

Exercice 1 sur 3 Temps de restauration Réussi À revoir

Une base de 600 Go doit être restaurée. Calcule le temps de restauration (1 Go = 1 000 Mo) :

  1. depuis un serveur de sauvegarde relié par un réseau à 10 Gbit/s, avec un débit réel de 600 Mo/s ;
  2. depuis un NAS sur un réseau gigabit, à 110 Mo/s ;
  3. depuis un stockage objet, sur une fibre à 500 Mbit/s exploitée à 80 %.
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 1
  1. 600 000 ÷ 600 = 1 000 s, soit 16 min 40 s.
  2. 600 000 ÷ 110 ≈ 5 455 s, soit 1 h 30 min 55 s (environ 1 h 31).
  3. 500 Mbit/s × 0,8 = 400 Mbit/s = 50 Mo/s. 600 000 ÷ 50 = 12 000 s, soit 3 h 20 min.

Tu avais trouvé ?

Exercice 2 sur 3 Choisir les supports Réussi À revoir

Une étude notariale de 15 personnes garde des actes qu'elle doit conserver très longtemps. Elle a 3 To de données, un budget limité, et aucune personne technique sur place. Propose deux supports pour respecter la règle 3-2-1 et justifie, en indiquant lequel servira aux restaurations courantes.

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 2

Une réponse possible : un NAS ou un petit serveur de sauvegarde sur site, dans un local séparé, pour les sauvegardes quotidiennes et les restaurations courantes (rapide, simple, capacité suffisante) ; et un stockage objet chez un hébergeur situé dans l'Union européenne, avec chiffrement côté client et verrouillage des objets, pour la copie hors site immuable (aucune manipulation, adapté à une structure sans technicien). Les bandes conviendraient aussi pour la copie hors ligne, mais elles demandent quelqu'un pour les changer et les transporter.

Attention : la conservation des actes sur le très long terme relève de l'archivage, pas de la sauvegarde (chapitre 7).

Tu avais trouvé ?

Exercice 3 sur 3 NAS ou SAN ? Réussi À revoir

Pour chaque phrase, dis s'il s'agit d'un NAS ou d'un SAN : (a) les hyperviseurs voient leurs volumes comme des disques locaux, à travers un réseau Fibre Channel ; (b) les utilisateurs ouvrent leurs dossiers partagés en SMB ; (c) le boîtier reçoit chaque nuit les sauvegardes des serveurs dans un partage NFS.

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 3

(a) SAN : volumes en mode bloc sur un réseau dédié. (b) NAS : partage de fichiers en SMB. (c) NAS : stockage en mode fichier sur le réseau, ici utilisé comme support de sauvegarde.

Tu avais trouvé ?

Chapitre terminé !

Fais les 3 exercices avant de passer à la suite : c'est en t'entraînant que tout se fixe.

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