14 chapitres3 h 48 minAvancé
Cybersécurité des infrastructures
Cours de cybersécurité BTS SIO SISR : pare-feu, DMZ, sécurité des switchs, VPN, Wi-Fi 802.1X, PKI, IDS, SIEM et incidents, avec exercices corrigés.
Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Mis à jour le .
L'essentiel
La cybersécurité d'une infrastructure regroupe tout ce qui protège le réseau, les serveurs et les services d'une organisation : pare-feu et cloisonnement, sécurité des switchs et du Wi-Fi, VPN, certificats, détection des intrusions, durcissement des systèmes, journalisation et gestion des incidents. Au BTS SIO, c'est le cœur de l'épreuve écrite E7 « Cybersécurité des services informatiques » de l'option SISR (étude de cas de 4 heures, coefficient 4), et la matière de plusieurs réalisations professionnelles de l'épreuve E6 SISR.
À la fin de ce cours, tu sauras :
- caractériser une attaque et dire quels critères de sécurité elle atteint ;
- concevoir une architecture cloisonnée (DMZ, VLAN, réseau d'administration) et écrire ses règles de filtrage ;
- protéger les switchs, le Wi-Fi et les accès distants : sécurité des ports, 802.1X, WPA3, portail captif, VPN ;
- déployer des certificats, durcir des serveurs Linux et Windows, sécuriser l'administration ;
- détecter une attaque dans les journaux, une alerte d'IDS ou de SIEM, puis gérer l'incident jusqu'aux obligations légales.
Prérequis. Ce cours suppose les bases du cours Réseaux fondamentaux : adresse IP et masque, VLAN, ports TCP et UDP, ARP et DHCP. Les chapitres 1 à 3 se lisent dès la première année ; les suivants demandent un peu de pratique de Linux et de Windows Server.
Le fil rouge. Les exemples se passent chez Sorbier Logistique, une entreprise fictive de transport et d'entreposage de 14 salariés, celle des cours Réseaux fondamentaux et SQL. Tu y es en alternance au service informatique. Au fil des chapitres, tu cloisonnes son réseau, ajoutes une DMZ pour son site de suivi des livraisons, sécurises ses switchs et son Wi-Fi, relies son nouvel entrepôt de Mâcon par VPN, puis mets en place la détection et la gestion des incidents.
Ce que le cours ne fait pas. Chaque attaque est décrite par son principe, ses symptômes, sa détection et ses parades : c'est ce que l'E7 te demande et ce que fait un administrateur. Le cours n'explique jamais comment mener une attaque. Tester la sécurité d'un système sans l'autorisation écrite de son responsable est un délit (article 323-1 du Code pénal), même avec de bonnes intentions : en TP, travaille sur une maquette isolée.
Comment travailler. Monte une petite maquette sur l'hyperviseur Proxmox VE, celui du labo de tous les cours SISR du site (Virtualisation ; VirtualBox suffit pour débuter) : le pare-feu pfSense, un serveur Debian, un serveur Windows, un poste client. Reproduis les configurations, puis vérifie qu'elles bloquent ce qu'elles doivent bloquer. Chaque chapitre se termine par des exercices au format des sujets d'E7, dont la réponse est masquée : cherche d'abord, ouvre ensuite.
| Ton objectif | Chapitres à travailler en priorité |
|---|---|
| Découvrir la sécurité des réseaux | 1, 2, 3 et 5 |
| Préparer l'E7 SISR | Tous, en priorité 1, 2, 3, 5, 8, 13 et 14 |
| Préparer une réalisation de l'E6 SISR | 4 (pare-feu), 7 (VPN), 8 (Wi-Fi et portail captif), 11 (durcissement), 13 (supervision et journaux) |
| Réviser la veille de l'épreuve | Les tableaux des chapitres 1, 2, 5 et 13, et les obligations du chapitre 14 |
Sommaire
Sécurité des réseaux
0 chapitre sur 14
- Chapitre 1 : C'est quoi la cybersécurité d'une infrastructure ?17 min
- Chapitre 2 : Pare-feu : fonctionnement et règles de filtrage17 min
- Chapitre 3 : DMZ, VLAN et segmentation du réseau18 min
- Chapitre 4 : Configurer le pare-feu pfSense : l'essentiel15 min
- Chapitre 5 : Sécurité des switchs : attaques de couche 2 et contre-mesures21 min
- Chapitre 6 : Chiffrement, certificats SSL/TLS et PKI18 min
- Chapitre 7 : VPN : IPsec, WireGuard et OpenVPN14 min
- Chapitre 8 : Sécuriser le Wi-Fi : WPA3, 802.1X, RADIUS et portail captif15 min
- Chapitre 9 : Proxy, filtrage web et inspection TLS13 min
- Chapitre 10 : IDS et IPS : détecter et bloquer les intrusions14 min
- Chapitre 11 : Durcissement des serveurs Linux et Windows14 min
- Chapitre 12 : Administration sécurisée : bastion, comptes à privilèges et MFA15 min
- Chapitre 13 : Journaux, SIEM et détection des incidents17 min
- Chapitre 14 : Gérer un incident de cybersécurité : réponse, preuves et obligations19 min
Questions fréquentes
Que faut-il réviser en cybersécurité pour l'E7 du BTS SIO SISR ?
L'E7 SISR est une étude de cas écrite de 4 heures, coefficient 4, qui évalue le bloc 3 « Cybersécurité des services informatiques ». Les sujets 2025 et 2026 ont porté sur les attaques de couche 2 et la sécurité des ports, le Wi-Fi 802.1X et le portail captif, les règles de filtrage, l'analyse d'un incident, les journaux, les alertes d'IPS rapprochées de MITRE ATT&CK, les sauvegardes et les obligations légales (RGPD, notification). Travaille en priorité les chapitres 1, 2, 3, 5, 8, 13 et 14, en refaisant les exercices sans regarder les réponses.
C'est quoi une DMZ en réseau ?
Une DMZ (zone démilitarisée) est un sous-réseau isolé, placé entre Internet et le réseau interne, qui héberge les serveurs joignables depuis l'extérieur : site web, relais de messagerie, proxy inverse. Le pare-feu autorise Internet à joindre ces serveurs sur leurs seuls ports publiés, mais interdit à la DMZ d'ouvrir des connexions vers le réseau interne. Si un serveur exposé est piraté, l'attaquant reste ainsi bloqué dans la DMZ (architecture et règles d'une DMZ).
Quelle est la différence entre un pare-feu stateless et stateful ?
Un pare-feu sans état (stateless), comme une ACL de routeur, examine chaque paquet isolément : il faut écrire des règles pour l'aller et pour le retour. Un pare-feu avec état (stateful), comme pfSense, OPNsense ou nftables, garde une table des connexions et accepte automatiquement les réponses d'une connexion autorisée. On écrit donc une seule règle, dans le sens où la connexion s'ouvre, et ajouter une règle de retour ouvrirait un trou (le fonctionnement d'un pare-feu).
Quelle est la différence entre un IDS et un IPS ?
Un IDS (système de détection d'intrusion) reçoit une copie du trafic et lève une alerte quand il reconnaît une attaque, sans rien bloquer. Un IPS (système de prévention d'intrusion) est placé dans le flux : il fait la même analyse et bloque en plus le trafic malveillant. L'IPS protège davantage, mais un faux positif bloque un usage légitime : on commence en mode IDS pour régler les règles, puis on passe en IPS (IDS, IPS et Suricata).
C'est quoi le MAC flooding et comment s'en protéger ?
Le MAC flooding (inondation de la table MAC) consiste à envoyer à un switch des milliers de trames avec des adresses MAC inventées, jusqu'à saturer sa table. Le switch diffuse alors les trames sur tous ses ports, comme un concentrateur : le réseau ralentit (disponibilité) et chaque poste reçoit le trafic des autres (confidentialité). La parade est la sécurité des ports (port security), qui limite le nombre d'adresses MAC par port et coupe le port en cas de dépassement, complétée par une alerte par trap SNMPv3 (attaques de couche 2 et contre-mesures).
Quelle est la différence entre WPA2 et WPA3 ?
WPA3, publié en 2018, remplace la poignée de main de WPA2 par l'échange SAE, qui empêche de tester des mots de passe hors ligne à partir d'une connexion capturée. Il rend aussi obligatoires les trames de gestion protégées, qui bloquent les fausses déconnexions. WPA2 reste très répandu mais doit être remplacé ; WPA3 est obligatoire dans la bande des 6 GHz du Wi-Fi 6E et du Wi-Fi 7 (sécuriser le Wi-Fi).
C'est quoi 802.1X et RADIUS ?
802.1X est un standard de contrôle d'accès au réseau, filaire ou Wi-Fi : tant que l'appareil ne s'est pas authentifié, le switch ou la borne ne laisse passer que l'authentification. La borne relaie les échanges vers un serveur RADIUS (NPS ou FreeRADIUS), qui vérifie l'identité auprès de l'annuaire et répond « accepté » ou « refusé », en indiquant éventuellement le VLAN à attribuer. Avec la méthode EAP-TLS, l'appareil s'authentifie par un certificat et aucun mot de passe ne circule (802.1X et RADIUS).
Quelle est la différence entre IPsec, OpenVPN et WireGuard ?
IPsec (IKEv2) est une suite normalisée, intégrée à tous les pare-feu et à Windows, idéale pour relier deux sites équipés de matériels différents. OpenVPN repose sur TLS et une PKI, et peut fonctionner sur un seul port TCP pour traverser les réseaux restrictifs. WireGuard est le plus simple et le plus rapide : un port UDP, des clés publiques par appareil, des algorithmes modernes imposés, mais pas de gestion des utilisateurs ni de MFA intégrées (comparatif et configuration des VPN).
À quoi sert un bastion d'administration ?
Un bastion est le point de passage unique de toutes les connexions d'administration : l'administrateur se connecte au bastion avec une authentification multifacteur, et c'est le bastion qui ouvre la session vers le serveur, souvent avec un secret que l'administrateur ne connaît pas. Il enregistre les sessions et journalise qui a accédé à quoi. Le pare-feu n'autorise les ports d'administration des serveurs que depuis le bastion (administration sécurisée).
Que faire en cas de cyberattaque dans une entreprise ?
Isole immédiatement la machine du réseau (câble débranché, Wi-Fi coupé) sans l'éteindre, préviens ton responsable, note tout avec l'heure et ne paie jamais de rançon. Préserve les preuves (copie avec empreinte, journaux centralisés) avant de reconstruire. Si des données personnelles sont touchées, la violation est inscrite au registre et notifiée à la CNIL sous 72 heures en cas de risque, et une plainte dans les 72 heures conditionne l'indemnisation par l'assurance cyber (gérer un incident).