Chapitre 713 minIntermédiaire
Argumenter, citer les annexes et rédiger sa copie
Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Mis à jour le .
À la fin de ce chapitre, tu sauras
- écrire un paragraphe argumenté : idée, justification, preuve, lien ;
- citer une annexe sans la recopier ;
- choisir entre un tableau et un texte rédigé ;
- présenter une copie que le correcteur lit vite et bien.
3 exercices corrigés
Argumenter, en CEJM, c'est défendre une réponse avec des raisons tirées du cours (les notions, les règles, les mécanismes) et des preuves tirées du dossier (les faits et les chiffres des annexes), jusqu'à une conclusion. Rédiger sa copie, c'est présenter ces arguments de façon que le correcteur les trouve et les comprenne vite. Ce chapitre donne la structure du paragraphe argumenté, la façon de citer une annexe, les connecteurs utiles et les règles de présentation d'une copie.
Le paragraphe argumenté
L'unité de base de ta copie est le paragraphe. Un paragraphe porte une idée, et une seule. Il se construit en quatre temps :
- L'idée, annoncée dès la première phrase : « Le rachat permettrait d'abord à Ternova de réaliser des économies d'échelle. »
- La justification par une notion du cours : « Les économies d'échelle désignent la baisse du coût moyen quand la production augmente, grâce à la répartition des coûts fixes sur un plus grand volume. »
- La preuve par le dossier, avec l'annexe : « Les coûts de développement d'Intervio, 600 000 euros par an (annexe 4), seraient répartis sur 520 clients au lieu de 380. »
- Le lien avec la question : « Le rachat renforcerait donc la rentabilité d'Intervio, ce qui plaide pour sa pertinence. »
Tu as peut-être appris cette structure sous le nom « AEI » (affirmation, explication, illustration) : c'est la même chose, avec une phrase de lien en plus. Cette dernière phrase est celle que les étudiants oublient le plus souvent ; c'est pourtant elle qui montre que ton argument répond à la question.
Citer une annexe
Citer une annexe prouve que tu as exploité le dossier, l'une des compétences évaluées. Trois façons de faire, toujours avec le numéro de l'annexe entre parenthèses :
| Forme | Exemple | Quand l'utiliser |
|---|---|---|
| Un chiffre | « le taux de rotation des techniciens a atteint 25 % en 2025 (annexe 3) » | Dès que l'annexe en fournit un : c'est la preuve la plus forte |
| Une citation courte entre guillemets | « le dirigeant reconnaît qu'“un client ne confie pas ses serveurs à un inconnu” (annexe 2) » | Pour une phrase révélatrice : un style de management, une opinion, une clause de contrat |
| Une reformulation | « les techniciens se plaignent de ne recevoir aucun retour sur leur travail (annexe 5) » | Pour un fait développé sur plusieurs lignes |
Trois erreurs à éviter :
- Recopier l'annexe. Un paragraphe recopié n'est pas une analyse ; il ne rapporte rien et te fait perdre du temps. Une citation dépasse rarement une ligne.
- Citer sans exploiter. Un chiffre posé sans commentaire laisse le correcteur faire le travail. Dis ce qu'il montre.
- Oublier la référence. Sans le numéro d'annexe, le correcteur ne sait pas si tu as lu le dossier ou si tu inventes.
En droit, la référence à l'annexe vaut aussi pour la règle : « Selon l'article L1222-9 du Code du travail (annexe 12)… ». Et pour la clause d'un contrat : « l'article 6 du contrat (annexe 7) prévoit que… ».
Les connecteurs logiques
Les connecteurs montrent la logique de ton raisonnement. Sans eux, une réponse ressemble à une liste ; avec eux, elle devient une démonstration.
| Pour… | Connecteurs |
|---|---|
| Ajouter un argument | d'abord, ensuite, de plus, en outre, enfin |
| Exprimer une cause | car, parce que, en effet, puisque, du fait de |
| Exprimer une conséquence | donc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent, ce qui entraîne |
| Opposer, nuancer | mais, cependant, toutefois, en revanche, néanmoins |
| Illustrer | par exemple, ainsi, comme le montre l'annexe 3 |
| Appliquer (en droit) | en l'espèce, dans le cas présent |
| Conclure | en conclusion, finalement, par conséquent |
N'en abuse pas : un connecteur par phrase rend le texte lourd. Mais une réponse d'analyse sans aucun « donc » ni « car » n'analyse probablement rien.
Tableau ou texte rédigé ?
Le tableau est permis, et même conseillé dans certains cas. Il n'est jamais une façon d'éviter de rédiger.
| Le tableau convient pour… | Le texte rédigé est indispensable pour… |
|---|---|
| Identifier ou repérer plusieurs éléments (agents, parties prenantes, externalités) | Analyser un mécanisme |
| Un diagnostic (SWOT, PESTEL, cinq forces) | Argumenter, justifier, montrer que |
| Comparer deux solutions, deux structures juridiques, deux modes de financement | Apprécier une pertinence |
| Recenser des solutions avec leurs avantages et inconvénients | Un raisonnement juridique |
Dans un tableau, écris des phrases courtes ou des groupes nominaux précis avec leur preuve, pas des mots isolés. Et termine toujours par une ou deux phrases rédigées sous le tableau, qui répondent à la question.
Combien écrire ?
Aucune longueur n'est imposée. Ce qui compte, c'est que chaque élément attendu soit présent. Quelques repères :
- une question d'identification se traite en quelques lignes par élément, ou dans un tableau ;
- une question d'analyse ou d'argumentation demande en général deux ou trois paragraphes ;
- un raisonnement juridique complet tient en une quinzaine de lignes ;
- si le sujet indique un barème, une question notée sur 4 points mérite environ deux fois plus de développement qu'une question sur 2 points.
Une copie longue n'est pas une bonne copie. Les correcteurs valorisent la précision : une notion exacte, un fait sourcé, une conclusion nette. Deux pages qui récitent le cours rapportent moins qu'un paragraphe bien contextualisé.
Le vocabulaire et le style
- Utilise le vocabulaire du cours : « barrière à l'entrée », « lien de subordination », « standardisation des résultats ». C'est la preuve visible que tu mobilises des notions. « L'entreprise est protégée » est vague ; « l'entreprise bénéficie de barrières à l'entrée liées à sa réputation » est une notion.
- Écris de façon neutre : pas de « je pense que », ni de familiarités (« la boîte », « les gens »). Préfère « on peut considérer que », « il apparaît que », ou une affirmation directe justifiée.
- Nomme les acteurs : « Ternova », « le salarié », « la clinique », plutôt que « elle » ou « ils » qui obligent à relire pour savoir de qui on parle.
- Évite les abréviations que le correcteur pourrait ne pas comprendre, sauf les sigles courants que tu as déjà développés une fois (RGPD, CNIL, ESN, PME).
- Fais des phrases courtes. Une idée par phrase. Les phrases de cinq lignes, avec trois « qui » et deux « car », cachent souvent une idée confuse.
Présenter sa copie
La présentation n'est pas notée en tant que telle, mais elle conditionne la lecture. Un correcteur qui corrige des dizaines de copies trouve plus facilement les éléments attendus dans une copie claire.
- Reprends le numéro de chaque question (1.1, 1.2, 2.1…), bien visible, en début de ligne. Tu peux recopier le dossier en titre (« Dossier 1 : le marché de Ternova »).
- Saute une ligne entre deux paragraphes, et deux ou trois lignes entre deux questions.
- Traite les questions dans l'ordre de préférence. Si tu en sautes une, laisse de la place et reviens-y, ou signale-la clairement plus loin (« Question 1.3, voir page 6 »).
- Souligne avec modération : les notions clés d'une réponse, pas une ligne sur deux.
- Écris lisiblement, à l'encre foncée. Une copie illisible est une copie mal comprise.
- Ne renvoie pas d'une réponse à l'autre (« voir question 2.1 ») : chaque réponse doit se suffire à elle-même, quitte à reprendre un fait en une phrase.
L'orthographe
Les fautes d'orthographe ne sont pas sanctionnées par un barème à part, mais elles gênent la lecture et donnent une impression de négligence. Garde cinq minutes de ta relecture pour les fautes qui reviennent le plus dans les copies :
- les accords du participe passé (« les clients qu'elle a perdus ») ;
- les homophones : a/à, ou/où, ces/ses, se/ce, leur/leurs, quand/quant ;
- les noms propres du sujet, à recopier exactement ;
- le vocabulaire technique : « bénéfice » (pas « bénéfique »), « parties prenantes », « préjudice », « jurisprudence ».
Une réponse, avant et après
Question. « Montrez que Ternova adopte une démarche de responsabilité sociétale. » Le dossier indique que Ternova a remplacé la climatisation de son datacenter par un système de refroidissement à l'air extérieur, qui réduit de 30 % sa consommation d'électricité (annexe 6), qu'elle reconditionne les ordinateurs retirés du parc de ses clients pour les donner à une association locale (annexe 6), et qu'elle a signé la charte d'un réseau régional d'entreprises engagées pour l'emploi des jeunes, en accueillant chaque année quatre alternants (annexe 1).
Avant.
Ternova est une entreprise responsable. Elle fait attention à l'environnement avec son datacenter et elle donne des ordinateurs. Elle prend aussi des alternants. Donc elle a une démarche RSE.
Après.
La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) désigne l'intégration volontaire, par une entreprise, de préoccupations sociales et environnementales dans ses activités et dans ses relations avec ses parties prenantes, au-delà de ses obligations légales.
Ternova agit d'abord sur le plan environnemental. Elle a remplacé la climatisation de son datacenter par un refroidissement à l'air extérieur, qui réduit sa consommation d'électricité de 30 % (annexe 6). Elle limite aussi les déchets électroniques en reconditionnant les ordinateurs retirés du parc de ses clients (annexe 6).
Elle agit ensuite sur le plan social et sociétal. Les ordinateurs reconditionnés sont donnés à une association locale (annexe 6), et l'entreprise s'est engagée, en signant la charte d'un réseau régional, en faveur de l'emploi des jeunes : elle accueille chaque année quatre alternants (annexe 1).
Ces actions, qui vont au-delà de ses obligations légales et concernent plusieurs parties prenantes (la collectivité, les associations, les jeunes du territoire), montrent que Ternova adopte une démarche de responsabilité sociétale.
La deuxième version est plus longue, mais surtout mieux construite : une définition, deux paragraphes qui correspondent aux deux dimensions de la RSE, des faits sourcés, et une conclusion qui reprend les mots de la question.
Exercices
Exercice 1 sur 3 Ajouter les connecteurs Réussi À revoir
Réécris ce passage en ajoutant les connecteurs qui montrent la logique du raisonnement : « Ternova facture Intervio par abonnement mensuel. Ses revenus sont réguliers et prévisibles. Elle peut planifier ses investissements. Un client peut résilier chaque mois. Ternova doit soigner la qualité de service pour éviter les départs. »
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 1
« Ternova facture Intervio par abonnement mensuel : ainsi, ses revenus sont réguliers et prévisibles, ce qui lui permet de planifier ses investissements. Cependant, comme l'abonnement est sans engagement, un client peut résilier chaque mois. C'est pourquoi Ternova doit soigner la qualité de service pour éviter les départs. »
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Exercice 2 sur 3 Repérer les défauts d'une réponse Réussi À revoir
Question : « Identifiez les mécanismes de coordination utilisés chez Ternova. » Réponse d'un étudiant : « Dans l'annexe 5 on voit que les techniciens se parlent sur la messagerie et que le directeur technique fixe des objectifs, et il y a aussi des procédures pour les incidents. Mintzberg a défini six mécanismes de coordination : l'ajustement mutuel, la supervision directe, la standardisation des procédés, des résultats, des qualifications et des normes. » Liste les défauts et réécris la réponse.
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 2
Défauts : la réponse commence par l'annexe au lieu de la notion ; elle récite les six mécanismes sans dire lesquels sont utilisés chez Ternova ; elle ne qualifie pas les faits (la messagerie, les objectifs, les procédures ne sont pas reliés à un mécanisme) ; elle ne conclut pas.
Réécriture : « Les mécanismes de coordination sont les moyens par lesquels une organisation relie les tâches qu'elle a divisées ; Mintzberg en distingue six. Ternova en combine trois. Les techniciens règlent les incidents courants entre eux, sur la messagerie de l'équipe (annexe 5) : c'est de l'ajustement mutuel, par communication directe. Le directeur technique fixe les objectifs de chaque équipe et contrôle les résultats (annexe 5) : c'est la standardisation des résultats. Enfin, la gestion des incidents suit des procédures écrites (annexe 5) : c'est la standardisation des procédés. Ternova coordonne donc son activité par l'ajustement mutuel au quotidien, encadré par des objectifs et des procédures qui garantissent la qualité de service à ses clients. »
Tu avais trouvé ?
Exercice 3 sur 3 D'une liste à un paragraphe argumenté Réussi À revoir
Un étudiant a noté au brouillon, pour la question « Argumentez le choix de Ternova de confier son astreinte de nuit à un prestataire spécialisé » : « coût / pas assez de techniciens / compétences du prestataire / dépendance ». Rédige le premier paragraphe argumenté de sa réponse, à partir de ce fait du dossier : assurer l'astreinte en interne mobiliserait deux techniciens à temps plein pour un coût estimé à 110 000 euros par an, contre 72 000 euros pour le contrat du prestataire (annexe 7).
Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 3
« Le recours au prestataire permet d'abord à Ternova de réduire ses coûts. Faire faire est intéressant lorsqu'un prestataire spécialisé peut produire le service à un coût inférieur, grâce à ses volumes et à son expertise, et transformer un coût fixe en coût variable. En l'espèce, assurer l'astreinte en interne mobiliserait deux techniciens à temps plein pour un coût estimé à 110 000 euros par an, contre 72 000 euros pour le contrat du prestataire (annexe 7), soit une économie de 38 000 euros par an, environ 35 %. Ce premier argument plaide donc en faveur de l'externalisation de l'astreinte. »
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