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Chapitre 1123 minIntermédiaire

Corrigé du sujet de CEJM pas à pas

Par Josselyn C., prof de BTS SIO. Mis à jour le .

À la fin de ce chapitre, tu sauras

  • comparer ta copie à un corrigé rédigé question par question ;
  • repérer, pour chaque question, la méthode et les annexes utilisées ;
  • voir comment les questions d'un même dossier se répondent.

2 exercices corrigés

Voici le corrigé rédigé, question par question, du sujet type BTS SIO du chapitre 10 : l'éditeur de logiciels vétérinaires Mérinia, ses trois dossiers et ses douze annexes. Chaque réponse indique la méthode suivie et les annexes utilisées, puis donne une rédaction du niveau attendu à l'épreuve E4. Compare ta copie élément par élément : la notion, l'application au cas, la conclusion.

Les annexes citées sont celles du chapitre 10 ; garde-le ouvert à côté du corrigé.

Corrigé de la question 1.1 : le marché

Méthode : la grille de présentation d'un marché du chapitre 4. Annexes 1 et 2.

Un marché est le lieu, réel ou virtuel, où se rencontrent l'offre et la demande d'un bien ou d'un service, et où se forme son prix. Mérinia intervient sur le marché des logiciels de gestion pour établissements vétérinaires, vendus en France sous forme d'abonnement.

La demande émane des quelque 7 000 établissements vétérinaires français, presque tous équipés (annexe 2) : c'est un marché de renouvellement, où la croissance d'un éditeur passe surtout par la conquête des clients de ses concurrents. Cette demande se transforme : un tiers des établissements appartiennent désormais à des groupes, qui choisissent un logiciel unique pour tous leurs sites et négocient fermement les prix (annexe 2). Le pouvoir de négociation des clients augmente.

L'offre est concentrée : quatre éditeurs équipent 82 % des établissements (VetoPlus 34 %, Animalis 21 %, Mérinia 16 %, ClinVet 11 %), le reste étant partagé par une quinzaine de petits éditeurs (annexe 2). Un petit nombre d'offreurs dominant le marché, il s'agit d'un oligopole : chaque éditeur doit tenir compte des décisions des autres, comme le montrent les rachats récents de VetoPlus (annexe 5). Les prix se situent entre 250 et 450 euros HT par mois et par établissement (annexe 2) ; avec 4 200 euros par an, soit 350 euros par mois, Mérinia se situe au milieu de cette fourchette (annexe 1).

Le marché est protégé par de fortes barrières à l'entrée. Les coûts de changement d'abord : migrer dix à quinze ans de dossiers médicaux et former toute l'équipe dissuade les établissements de changer de logiciel, qu'ils gardent huit ans en moyenne (annexe 2). La réglementation ensuite : le logiciel doit intégrer les obligations de traçabilité des médicaments (annexe 2). Ces barrières protègent les éditeurs en place, mais des start-up entrent par une niche, les outils d'intelligence artificielle, que les éditeurs historiques n'intègrent pas encore (annexe 2).

Le marché des logiciels vétérinaires est donc un oligopole mature et protégé par des coûts de changement élevés, sur lequel la concentration des clients et l'arrivée de l'intelligence artificielle redistribuent les cartes.

Corrigé de la question 1.2 : les économies d'échelle

Méthode : « montrez que » demande une démonstration. Définir, expliquer le mécanisme, calculer avec les annexes, conclure. Annexes 1, 3 et 4.

Il y a économies d'échelle lorsque le coût moyen de production diminue quand la quantité produite augmente. Elles s'expliquent notamment par la répartition des coûts fixes, qui ne dépendent pas des quantités produites, sur un nombre d'unités plus grand.

Vetis présente la structure de coûts typique d'un logiciel en ligne : des coûts fixes élevés, 3,0 millions d'euros par an pour le développement, l'infrastructure et le marketing, et un faible coût variable, 420 euros par établissement et par an (annexe 3). Avec 1 150 établissements clients (annexe 1), le coût moyen par établissement s'élève à 3 000 000 / 1 150 + 420 ≈ 3 029 euros par an. Chaque nouveau client fait baisser ce coût moyen : avec les 1 600 établissements qu'envisage le rachat de Kanivet, à coûts fixes constants (annexe 4), il tomberait à 3 000 000 / 1 600 + 420 = 2 295 euros, soit une baisse d'environ 24 %. Comme l'abonnement moyen est de 4 200 euros (annexe 1), la marge par établissement passerait d'environ 1 171 euros à 1 905 euros, si les clients repris payaient le même abonnement que ceux de Mérinia.

Mérinia bénéficie donc d'économies d'échelle : plus elle a de clients, plus son coût moyen baisse et plus chaque abonnement est rentable. C'est un argument fort en faveur de sa croissance.

Corrigé de la question 1.3 : le diagnostic stratégique

Méthode : un SWOT, chaque case justifiée par un fait daté et sourcé, puis une conclusion. Annexes 1, 2, 3 et 8.

Le diagnostic stratégique analyse la situation de l'entreprise pour éclairer ses choix : le diagnostic interne recense ses forces et ses faiblesses, le diagnostic externe les opportunités et les menaces de son environnement. La matrice SWOT en fait la synthèse.

Éléments favorablesÉléments défavorables
InterneForces. Une croissance soutenue : chiffre d'affaires +28,6 % entre 2023 et 2025, de 4,9 à 6,3 millions d'euros (annexe 1). Des clients fidèles : 96 % de renouvellement des abonnements et une note de 4,6 sur 5 (annexe 1). Des revenus récurrents : les abonnements représentent 4,83 millions d'euros, soit environ 77 % du chiffre d'affaires (annexe 1). Une activité rentable : résultat net de 0,61 million d'euros (annexe 1).Faiblesses. Une forte rotation des développeurs : 6 départs sur un effectif moyen de 24 en 2025, soit 25 %, contre 11 % en 2023 (annexe 8). Une organisation centralisée, où toutes les décisions techniques remontent au directeur technique (annexes 7 et 8). Un logiciel disponible uniquement en français (annexe 1). Une taille encore modeste face au leader : 16 % du marché contre 34 % pour VetoPlus (annexe 2).
ExterneOpportunités. Des coûts de changement élevés, qui protègent les clients acquis de la concurrence (annexe 2). Des besoins nouveaux liés à l'intelligence artificielle, que les éditeurs historiques n'ont pas encore intégrés (annexe 2). Des cibles de rachat à l'étranger, comme Kanivet, dont le fondateur part à la retraite (annexe 4).Menaces. La concentration des clients en groupes, qui négocient fermement les prix (annexe 2). La consolidation du marché par le leader, qui a racheté deux éditeurs en 2025 (annexe 5). L'arrivée de start-up spécialisées dans l'intelligence artificielle (annexe 2). Ces mêmes coûts de changement, qui freinent aussi la conquête de nouveaux clients sur un marché presque entièrement équipé (annexe 2).

Mérinia dispose de forces solides (croissance, fidélité des clients, rentabilité) sur un marché protégé, mais elle doit grandir pour résister à la consolidation du secteur et au pouvoir des groupes de cliniques. Sa faiblesse principale, la fidélisation de ses développeurs, limite sa capacité à saisir les opportunités : c'est un point à traiter avant ou pendant tout projet de croissance.

Corrigé de la question 2.1 : la croissance externe et sa pertinence

Méthode : deux consignes. Caractériser (nommer la modalité et la justifier), puis apprécier (arguments, limites, conclusion tranchée). Annexes 3, 4, 5 et 8.

La croissance externe consiste, pour une entreprise, à se développer en acquérant d'autres entreprises ou en fusionnant avec elles, plutôt qu'en créant elle-même de nouvelles capacités (croissance interne). Le rachat de Kanivet, éditeur d'un logiciel vétérinaire comme Mérinia (annexe 4), est une croissance externe horizontale : Mérinia rachète une entreprise qui exerce le même métier, sur le même stade de la filière. Comme Kanivet opère en Belgique et au Luxembourg, ce rachat est aussi un mode d'internationalisation : ce serait le « premier pas hors de France » de Mérinia (annexe 4).

Ce projet présente plusieurs atouts. Il est rapide : il apporte d'un coup 450 établissements clients (annexe 4), alors que conquérir des clients sur un marché où l'on garde son logiciel huit ans en moyenne est long et coûteux (annexe 2). Il renforce les économies d'échelle : à coûts fixes constants, le coût moyen par établissement baisserait d'environ 24 % (question 1.2, annexes 3 et 4). Il apporte des compétences rares : 8 développeurs, au moment où Mérinia peine à garder les siens (annexes 4 et 8). Enfin, il répond à la consolidation du secteur, illustrée par les rachats de VetoPlus : comme le dit la présidente, il faut « grandir ou être racheté » (annexe 5).

Il comporte toutefois des risques sérieux. Le prix est élevé : 4,8 millions d'euros, soit trois fois le chiffre d'affaires de Kanivet (annexe 4). L'intégration est délicate : la migration mobiliserait quatre développeurs pendant dix-huit mois, alors que l'équipe a perdu six personnes en 2025 (annexe 5), et les clients de Kanivet pourraient profiter de la migration pour changer de logiciel (annexe 5). Enfin, 30 % des clients de Kanivet attendent un logiciel en néerlandais (annexe 4), que Mérinia ne propose pas (annexe 1).

Le projet est donc pertinent sur le plan stratégique, car il renforce la taille et les économies d'échelle de Mérinia face à la consolidation du marché, mais il ne l'est qu'à certaines conditions : garder les développeurs de Kanivet, stabiliser l'équipe de Mérinia avant de lancer la migration, et prévoir la version néerlandaise de Vetis.

Corrigé de la question 2.2 : le financement du rachat

Méthode : deux consignes. Recenser (chaque solution avec son intérêt et sa limite pour Mérinia), puis argumenter un choix et conclure. Annexes 4, 5 et 6.

Le rachat de Kanivet est une opération du cycle d'investissement : un besoin de financement durable de 4,8 millions d'euros (annexe 4), qui doit être couvert par des ressources stables. Plusieurs solutions s'offrent à Mérinia.

SolutionIntérêt pour MériniaLimite
Autofinancement (trésorerie disponible)Aucun coût, aucune dépendance. Mérinia dispose de 1,9 million d'euros de trésorerie et dégage 1,4 million d'euros de capacité d'autofinancement par an (annexe 6).Le comité veut garder au moins 1,3 million d'euros de trésorerie : seuls 0,6 million d'euros sont mobilisables (annexe 6).
Emprunt bancaire3 millions d'euros sur sept ans ; les fondateurs gardent le contrôle (annexes 5 et 6).Un coût : environ 512 000 euros d'intérêts, et des annuités d'environ 502 000 euros par an (annexe 6). Un endettement accru.
Augmentation de capital (entrée du fonds)2 millions d'euros de capitaux propres, sans remboursement ni intérêts (annexe 6).Les fondateurs perdent 20 % du capital et doivent partager les décisions stratégiques avec le fonds (annexe 6), ce que la présidente refuse (annexe 5).
Crédit vendeur (paiement différé)Un quart du prix, 1,2 million d'euros, payable en deux annuités de 0,6 million d'euros (annexe 4) : un financement accordé par le vendeur.Deux échéances à honorer en plus des autres remboursements.

La solution la plus adaptée combine trois financements : 0,6 million d'euros de trésorerie, l'emprunt bancaire de 3 millions d'euros et le crédit vendeur de 1,2 million d'euros, soit 4,8 millions d'euros au total. Elle respecte d'abord la volonté des fondateurs de garder le contrôle (annexe 5), puisqu'elle n'ouvre pas le capital. Elle reste ensuite soutenable. Le niveau d'endettement reste maîtrisable : avec l'emprunt et le crédit vendeur, les dettes passeraient de 0,6 à 4,8 millions d'euros, soit environ 1,2 fois les capitaux propres de 3,9 millions d'euros (annexe 6), un peu au-dessus du seuil de prudence habituel d'une fois les capitaux propres ; mais ce ratio redescendrait sous 1 dès la fin de la première année, avec le premier remboursement de l'emprunt, le paiement de la moitié du crédit vendeur et la mise en réserve des bénéfices. Les remboursements sont couverts : pendant les deux premières années, l'annuité de l'emprunt (environ 0,5 million d'euros) et celle du crédit vendeur (0,6 million d'euros) représentent environ 1,1 million d'euros par an, que couvre la capacité d'autofinancement de 1,4 million d'euros (annexe 6), sans compter les flux apportés par Kanivet. Enfin, Mérinia conserve 1,3 million d'euros de trésorerie, comme le souhaite le comité.

Cette combinaison laisse peu de marge les deux premières années. Si les dirigeants voulaient plus de sécurité, l'entrée du fonds serait une alternative, au prix d'une perte de contrôle partielle. Au vu de la priorité des fondateurs, le financement mixte par trésorerie, emprunt et crédit vendeur reste le plus adapté.

Corrigé de la question 3.1 : les départs de développeurs

Méthode : deux consignes. Identifier les causes (chacune qualifiée par une notion et justifiée par l'annexe), puis proposer des actions qui répondent à ces causes et restent réalistes. Annexes 7 et 8.

Le taux de rotation des développeurs de Mérinia est passé de 11 % en 2023 (2 départs pour 18 développeurs) à 25 % en 2025 (6 départs pour 24, annexe 8). Pour en comprendre les causes, on peut s'appuyer sur la théorie des deux facteurs de Herzberg : les facteurs d'hygiène (salaire, conditions de travail) évitent l'insatisfaction, les facteurs moteurs (intérêt du travail, autonomie, reconnaissance, évolution) créent la motivation.

Les entretiens de départ révèlent surtout un déficit de facteurs moteurs :

  • un manque d'autonomie : « toutes les décisions techniques remontent à Hugo ; on attend parfois une semaine une validation » (annexe 8). Les 24 développeurs rapportent tous directement au directeur technique (annexe 7) : la coordination repose sur la supervision directe, devenue un goulet d'étranglement avec la croissance ;
  • un travail peu enrichissant : un développeur a corrigé des anomalies « pendant deux ans sans jamais travailler sur un nouveau module » (annexe 8) ;
  • l'absence de formation dans un métier où « les outils changent tous les ans » (annexe 8) ;
  • l'absence de perspectives d'évolution : « il n'y a que des développeurs et Hugo » (annexe 8).

S'y ajoute un facteur d'hygiène : un concurrent propose 8 % de salaire en plus et deux jours de télétravail, contre un seul chez Mérinia (annexes 7 et 8).

Mérinia peut agir dans le cadre d'une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, d'autant que ses besoins vont augmenter : deux départs à la retraite en 2027 et quatre développeurs supplémentaires si le rachat se fait (annexe 8).

  1. Créer un niveau intermédiaire : nommer un responsable technique dans chacune des quatre équipes, choisi en interne. Cette mesure décentralise les décisions, accélère les validations et ouvre des perspectives d'évolution.
  2. Enrichir le travail : faire tourner les développeurs entre la maintenance et les nouveaux modules, par exemple la téléconsultation ou l'intelligence artificielle.
  3. Former : un plan de développement des compétences avec au moins une formation par an et par développeur, et un tutorat des développeurs seniors avant leur départ en retraite pour transmettre leur savoir.
  4. Revoir le télétravail : négocier un passage à deux jours par semaine, à coût quasi nul, pour s'aligner sur les concurrents ; un ajustement des salaires peut compléter, sans être la priorité.

Les départs s'expliquent donc d'abord par une organisation trop centralisée et par un manque d'intérêt, de formation et de perspectives ; c'est sur ces facteurs que Mérinia doit agir en priorité.

Corrigé de la question 3.2 : les droits sur le module de téléconsultation

Méthode : raisonnement juridique complet, en cinq temps. Annexes 9 et 12.

Faits qualifiés. Mérinia a conclu le 6 janvier 2025 avec Bastien Morel, développeur immatriculé comme travailleur indépendant, un contrat de prestation de services pour le développement d'un module logiciel, au prix forfaitaire de 38 000 euros HT. Le contrat prévoit la livraison du code source et de la documentation, mais ne contient aucune clause de cession des droits d'auteur. Le prestataire a travaillé dans ses propres locaux, avec son matériel et selon son emploi du temps. Il revendique aujourd'hui la propriété du code et réclame une redevance pour toute utilisation au-delà des clients actuels de Mérinia.

Problème de droit. Il s'agit de savoir qui est titulaire des droits patrimoniaux sur un logiciel développé par un prestataire indépendant pour le compte d'un client, en l'absence de clause de cession.

Règle. Selon l'article L112-2 du Code de la propriété intellectuelle (annexe 12), les logiciels sont des œuvres de l'esprit. Leur auteur jouit sur eux, du seul fait de leur création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif (article L111-1). Par exception, l'article L113-9 attribue à l'employeur les droits patrimoniaux sur les logiciels créés par ses employés dans l'exercice de leurs fonctions ou d'après ses instructions. En dehors de ce cas, l'auteur ne transmet ses droits que par une cession qui respecte l'article L131-3 : chaque droit cédé doit faire l'objet d'une mention distincte dans l'acte, et le domaine d'exploitation doit être délimité quant à son étendue, sa destination, son lieu et sa durée.

Application. En l'espèce, le module de téléconsultation est un logiciel, donc une œuvre de l'esprit protégée, dont Bastien Morel est l'auteur. L'exception de l'article L113-9 ne s'applique pas : Bastien Morel n'est pas un employé de Mérinia mais un prestataire indépendant, et rien n'indique un lien de subordination, puisqu'il travaillait dans ses locaux, avec son matériel et selon son propre emploi du temps. Les droits ne peuvent donc avoir été transmis à Mérinia que par une cession écrite. Or le contrat se borne à prévoir la livraison du code source : il ne mentionne ni les droits cédés (reproduction, adaptation, distribution), ni leur étendue, ni leur destination, ni le lieu, ni la durée. Payer le prix d'un développement et recevoir le code ne suffit pas à en devenir titulaire. Mérinia peut tout au plus soutenir que l'utilisation du module par ses clients, prévue lors de la commande, a été autorisée ; mais une exploitation nouvelle, auprès des clients de Kanivet et à l'étranger, et les modifications apportées au code sortent de ce que le contrat permet d'établir.

Conclusion. Par conséquent, Bastien Morel reste titulaire des droits patrimoniaux sur le module de téléconsultation, et Mérinia n'est pas titulaire des droits d'exploitation. Elle doit négocier avec lui une cession écrite conforme à l'article L131-3, couvrant notamment la reproduction, l'adaptation et la distribution, pour tous pays et pour toute la durée des droits, ou une licence. À l'avenir, tout contrat de développement confié à un prestataire devra contenir une clause de cession de droits.

Corrigé de la question 3.3 : le RGPD et l'incident du 14 mars

Méthode : deux consignes. Qualifier (le rôle et la violation, avec leurs critères), puis présenter les obligations de façon organisée, avec leurs délais. Annexes 10 et 12.

Les noms, adresses et numéros de téléphone des propriétaires d'animaux sont des données à caractère personnel : ils permettent d'identifier des personnes physiques. Leur enregistrement et leur conservation dans Vetis constituent un traitement.

Le responsable du traitement est celui qui détermine les finalités et les moyens du traitement : ce sont les établissements vétérinaires, qui collectent ces données pour gérer leur clientèle. Mérinia traite ces données « pour le compte de l'établissement client et sur ses instructions » (annexe 10) : selon l'article 4 du RGPD (annexe 12), elle est sous-traitante des 140 établissements concernés.

L'incident du 14 mars est une violation de données à caractère personnel : par erreur de configuration, les données d'environ 52 000 personnes ont été rendues publiquement accessibles pendant trois jours et consultées depuis des adresses inconnues (annexe 10). Cette violation fait naître plusieurs obligations.

  1. Prévenir les responsables du traitement. En tant que sous-traitante, Mérinia doit notifier la violation aux 140 établissements « dans les meilleurs délais après en avoir pris connaissance » (article 33, paragraphe 2, annexe 12). Elle en a pris connaissance le 17 mars à 10 h ; le 18 mars, aucun établissement n'avait encore été prévenu (annexe 10) : elle doit le faire sans attendre, en leur transmettant les informations utiles (nature des données, nombre de personnes, conséquences probables, mesures prises).
  2. Aider les établissements à remplir leurs propres obligations. Chaque établissement, responsable du traitement, doit notifier la violation à la CNIL dans les meilleurs délais et si possible dans les 72 heures après en avoir pris connaissance, sauf si elle n'est pas susceptible d'engendrer un risque (article 33, paragraphe 1). Ici, le risque existe : des données de contact consultées par des inconnus peuvent servir à des escroqueries ou à de l'hameçonnage. Si le risque est jugé élevé, les établissements doivent aussi informer les propriétaires concernés (article 34). Mérinia doit leur fournir les éléments nécessaires.
  3. Garantir la sécurité des données. Le sous-traitant doit mettre en œuvre des mesures de sécurité adaptées au risque. Mérinia a corrigé l'erreur ; elle doit aussi documenter l'incident et revoir ses procédures de maintenance (contrôle des configurations, chiffrement des sauvegardes) pour éviter qu'il se reproduise.

Si Mérinia manquait à ces obligations, elle engagerait sa responsabilité contractuelle envers les établissements et s'exposerait aux sanctions de la CNIL, qui peuvent aussi viser un sous-traitant.

Corrigé de la question 3.4 : l'accident en télétravail

Méthode : « vérifiez si » appelle un raisonnement juridique complet. Annexes 11 et 12.

Faits qualifiés. Inès Garcia est salariée de Mérinia et télétravaille le jeudi à son domicile, déclaré comme lieu de télétravail selon la charte de l'entreprise, qui fixe ses plages de travail de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 30. Le jeudi 5 février 2026 vers 15 h 10, après une coupure de sa connexion pendant une réunion en visioconférence, elle a chuté dans l'escalier de son domicile en allant chercher un câble réseau pour rétablir sa connexion. Elle subit une lésion (une entorse) et un arrêt de travail de trois semaines. La responsable des ressources humaines y voit un accident domestique.

Problème de droit. Il s'agit de savoir si l'accident subi par un salarié à son domicile, pendant une journée de télétravail, peut être qualifié d'accident du travail.

Règle. Selon l'article L1222-9 du Code du travail (annexe 12), l'accident survenu sur le lieu où est exercé le télétravail pendant l'exercice de l'activité professionnelle du télétravailleur est présumé être un accident du travail au sens du Code de la sécurité sociale. Cette présomption suppose deux conditions : un accident survenu sur le lieu du télétravail, et pendant l'exercice de l'activité professionnelle. L'employeur ne peut la renverser qu'en prouvant que l'accident a une cause totalement étrangère au travail.

Application. En l'espèce, la première condition est remplie : l'accident s'est produit au domicile d'Inès Garcia, déclaré comme lieu de télétravail conformément à la charte (annexe 11). Le fait qu'il ait eu lieu dans l'escalier ou en allant au garage, et non à son bureau, ne l'exclut pas, puisque c'est le domicile qui est le lieu du télétravail. La deuxième condition l'est aussi : l'accident est survenu un jeudi, jour de télétravail, à 15 h 10, pendant les plages de travail fixées par la charte (14 h à 17 h 30), et alors qu'Inès Garcia cherchait à rétablir la connexion nécessaire à sa réunion d'équipe, donc pour un motif professionnel. Rien n'indique une cause étrangère au travail qui permettrait à Mérinia de renverser la présomption.

Conclusion. Par conséquent, l'accident d'Inès Garcia est présumé être un accident du travail. Mérinia ne peut pas le traiter comme un simple accident domestique : elle doit le déclarer à la caisse primaire d'assurance maladie dans les 48 heures, quitte à formuler des réserves motivées si elle dispose d'éléments précis. La salariée bénéficiera de la protection propre aux accidents du travail.

Ce que montre ce corrigé

  • Chaque réponse commence par la notion ou par les faits qualifiés, jamais par le résumé d'une annexe.
  • Chaque affirmation est prouvée par un fait ou un chiffre, avec le numéro de l'annexe.
  • Les annexes servent plusieurs fois : l'annexe 8 nourrit les questions 1.3, 2.1 et 3.1 ; l'annexe 4, les questions 1.2, 2.1 et 2.2.
  • Les questions d'un dossier se répondent : le calcul d'économies d'échelle de la question 1.2 devient un argument de la question 2.1.
  • Chaque réponse se termine par une conclusion qui reprend les mots de la question et tranche, y compris quand la réponse est nuancée (« pertinent à certaines conditions »).

Pour t'entraîner encore, chaque cours de notions se termine par un cas corrigé centré sur son champ : l'étude de cas d'économie, le cas de droit et le cas de management.

Exercices

Exercice 1 sur 2 Évaluer une copie Réussi À revoir

Voici la réponse d'un étudiant à la question 2.1 : « La croissance externe, c'est quand une entreprise en rachète une autre. Mérinia veut racheter Kanivet pour 4,8 millions d'euros. C'est un bon projet car Mérinia va grandir et avoir plus de clients. Mais c'est cher. »

Compare-la au corrigé et liste ce qui lui manque pour obtenir tous les points.

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 1
  • La caractérisation est incomplète : la définition est juste mais sommaire, et la croissance n'est pas qualifiée d'horizontale (même métier) ni reliée à l'internationalisation (Belgique et Luxembourg).
  • Les arguments ne sont pas reliés aux notions : « grandir » devrait être relié aux économies d'échelle chiffrées à la question 1.2 (coût moyen de 3 029 à 2 295 euros) et à la consolidation du marché (« grandir ou être racheté », annexe 5).
  • Les faits ne sont pas sourcés : aucun numéro d'annexe, aucun chiffre sauf le prix ; les 450 établissements, les 8 développeurs de Kanivet, le délai de migration, la demande de version néerlandaise manquent.
  • Les limites sont réduites à « c'est cher » : il fallait comparer le prix au chiffre d'affaires de Kanivet (trois fois), et citer le risque d'intégration, le risque de départ des clients et la tension sur l'équipe de développement.
  • Il n'y a pas de conclusion qui apprécie la pertinence : « pertinent à certaines conditions », avec ces conditions.

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Exercice 2 sur 2 Une question bonus Réussi À revoir

Les dirigeants de Mérinia envisagent de rapatrier l'hébergement de Vetis, aujourd'hui confié à un hébergeur, dans un datacenter qu'ils géreraient eux-mêmes. Sans annexe supplémentaire, avec les annexes du sujet, indique la notion à mobiliser, deux arguments en faveur de l'externalisation actuelle et deux arguments en faveur du rapatriement.

Voir la réponseMasquer la réponse de l'exercice 2

La notion est le choix entre faire et faire faire (l'impartition), à traiter avec les coûts de production et les coûts de transaction (faire ou faire faire).

  • Pour garder l'externalisation : l'hébergeur spécialisé bénéficie d'économies d'échelle et d'une expertise (sécurité, disponibilité) que Mérinia, qui manque déjà de développeurs (annexe 8), aurait du mal à réunir ; l'incident du 14 mars, causé par une erreur de configuration interne (annexe 10), montre d'ailleurs que la sécurité exige des compétences pointues. Mérinia évite aussi un investissement lourd et se concentre sur son métier d'éditeur.
  • Pour le rapatriement : Mérinia maîtriserait l'ensemble de son infrastructure et réduirait sa dépendance envers un prestataire ; à long terme, si le nombre d'établissements augmente fortement, le coût d'un hébergement interne peut devenir inférieur au prix payé à l'hébergeur.

Au vu du dossier, la pénurie de compétences plaide plutôt pour garder l'externalisation, en renforçant les clauses de sécurité du contrat d'hébergement.

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Chapitre terminé !

Fais les 2 exercices avant de passer à la suite : c'est en t'entraînant que tout se fixe.

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